Chine : les entreprises européennes se disent discriminées

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En 2016, les entreprises européennes ont investi 8 milliards d'euros en Chine - soit une baisse de 23% par rapport à 2015.
En 2016, les entreprises européennes ont investi 8 milliards d'euros en Chine - soit une baisse de 23% par rapport à 2015. (Crédits : Reuters/Toby Melville)
Près de la moitié des entreprises européennes présentes en Chine notent une dégradation du climat des affaires en 2016. Un ressenti qui tranche avec le discours anti-protectionnisme du président chinois Xi Jinping lors du Forum économique mondial.

Lourdeur administrative, législation ambiguë et imprévisible... Ce sont les trois principaux obstacles rencontrés par les entreprises européennes présentes sur le sol chinois, selon le rapport annuel sur le climat des affaires en Chine publié ce mercredi par la Chambre de commerce de l'Union européenne. Ce rapport arrive alors que le Premier ministre chinois Li Keqiang est attendu demain à Bruxelles pour le sommet UE-Chine.

Sur les 570 entreprises européennes interrogées par la Chambre, 49% estiment que l'environnement commercial s'est dégradé l'année dernière (contre 56% en 2015). Pour 45% des entreprises sondées, le climat est inchangé et il s'est amélioré pour seulement 6%. En cause : une législation changeante, jugée imprévisible. Près de la moitié des entreprises (45%) affirment avoir raté des opportunités à cause d'obstacles réglementaires - les PME étant les premières concernées.

Traitement discriminant

Quelque 54% des entreprises européennes - un chiffre stable - dénoncent un traitement discriminant pour les sociétés à capitaux étrangers. "Les entreprises européennes n'ont pas peur de la concurrence, elle demandent juste à pouvoir travailler de manière équitable", a dénoncé auprès de l'AFP Mats Harborn, président de la Chambre de commerce de l'UE en Chine. Un ressenti qui tranche avec le discours anti-protectionnisme prononcé par le président chinois Xi Jinping lors de sa venue au Forum économique mondial de Davos en janvier dernier. Une première.

Le président chinois défendait alors une mondialisation "plus forte, plus inclusive, plus durable". Et de poursuivre : "Nous devons rester attachés au développement du libre-échange et des investissements (transnationaux), et dire non au protectionnisme." Selon le baromètre de la Banque mondiale, la Chine se classe pourtant 78e sur 190 pour son climat des affaires. "Les entreprises chinoises comblent leur retard", relève Mats Harborn auprès de l'AFP. "Le gouvernement chinois devrait se rassurer en constatant qu'il n'a pas besoin de protéger ses entreprises." En effet, 60% des entreprises européennes avancent que leurs concurrentes locales pourraient les rattraper technologiquement d'ici 2020.

Baisse des investissements européens

Conséquence : les investissements des entreprises européennes en Chine se tassent. En 2016, elles ont investi 8 milliards d'euros à Pékin - soit une baisse de 23% par rapport à 2015 et en recul pour la quatrième année consécutive. A l'inverse, la Chine a injecté 35 milliards d'euros à destination de l'Europe (+77%), selon une étude Rhodium publiée en janvier.

Les entreprises européennes se montrent pessimistes pour l'avenir puisque seules 15% s'attendent à une réduction des obstacles réglementaires dans les cinq années à venir - quand 40% misent sur une dégradation. Parmi les principaux défis à relever pour rester en Chine, les entreprises européennes pointent du doigt un ralentissement de la croissance, une augmentation du prix de la main d'oeuvre et la difficulté d'attirer des employés. En 2016, la deuxième économie mondiale a réalisé sa plus mauvaise performance depuis 1990 avec une croissance à 6,7%.

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Commentaires
a écrit le 02/06/2017 à 12:58 :
Ca fait pas de mal à ces entreprises de se rappeler qu'elles ne sont pas au dessus des Etats. Elles sont tellement habituées à avoir tous les droits qu'elles trouvent anormal d'avoir des lourdeurs administratives, des lois imprévisibles et surtout qu'on ne disent pas "Amen" devant chacune de leur lubie. En Chine on sait que les lois ne sont pas faite pour égaliser tout et tout le monde, car c'est une chimère,- constatez le vous même ici.

Par prolongation, elles pourraient comprendre que l'économie en Chine n'est pas le but ultime de l'existence, et qu'il y a des intérêts supérieurs. De plus le niveau de qualité chinois ne se définit pas par des KPI et autres taux de retours. Mais sur l'harmonie, le yin et le yang ; chose curieuse voire suspecte en occident.
Elles doivent arrêter de vivre sur des critères objectifs car ils ne sont en réalité qu'objectivant, faisant croire à une sorte de rationalité, mais qui est pré-formatée.
La Chine l'a bien compris par sa philosophie et son mode de vie.
Et ce n'est pas 3-4 multinationales qui vont bouleverser 5 000 ans de sagesse. Et la sagesse ne figure pas sur des états financiers ni même sur des émotions qui ne découlent que de la culture puis de l'éducation individuelles.
a écrit le 01/06/2017 à 10:56 :
C EST BON SIGNE POUR LE RETOUR DES ENTRPRISES EUROPEENE ET FRANCAISE? EN EFFET LA CHINE A PROMIES D AUGMENTE LE NIVEAU DE VIE DE LEURS PEUPLES ? ET ENSUITE LES REGLEMENTTIONS SE DURCISE EN MATIERE D ENVIRONNEMENT CELA ET AUSSI UN BON SIGNE? LA CHINE ET EN BONNE VOIES DE RATRATRAPE L OCCIDENT EN NIVEAUX DE QUALITE DE VIE ?CE PEUPLE MA TOUJOURS EPATEZ ???

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