Accusé d'avoir employé une sans-papier, le futur ministre du Travail américain se retire

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Andrew Puzder est également soupçonné de violences conjugales envers son ex-épouse.
Andrew Puzder est également soupçonné de violences conjugales envers son ex-épouse. (Crédits : Reuters/Mike Segar)
Andrew Puzder, patron d'une multinationale de restauration rapide nommé par Donald Trump au poste de secrétaire au Travail, a retiré sa candidature. L'homme d'affaires est rattrapé par son passé et ses ennuis judiciaires.

Les démissions et départs se multiplient au sein de l'administration américaine. Seulement quelques jours après la démission du conseiller à la Sécurité nationale Mickael Flynn, c'est au tour du futur secrétaire au Travail Andrew Puzder, choisi par Donald Trump, de se retirer.

>> Lire aussi : Le conseiller de Trump à la Sécurité nationale démissionne

Andrew Puzder s'est d'ailleurs exprimé sur Twitter à ce sujet.

"Je retire ma nomination au poste de secrétaire au Travail. Je suis honoré d'avoir été considéré ainsi et suis reconnaissant envers tous ceux qui m'ont soutenu".

Il a ajouté dans un communiqué : "Bien que je ne serve pas dans l'administration, je soutiens pleinement le président et son équipe de grande qualité."

Un Sénat hostile à sa nomination

Andrew Puzder n'a même pas attendu son audition au Sénat pour obtenir sa confirmation à son poste. Selon Reuters, au moins sept sénateurs républicains sur les 52 que compte le Sénat, avaient publiquement refusé de valider sa nomination. Du côté de l'opposition, 48 démocrates étaient clairement opposés à cette proposition. Il suffisait donc que trois sénateurs républicains s'ajoutent aux votes des démocrates pour annuler l'accession de M.Puzder à son poste. Constatant de tels risques, l'homme d'affaires a renoncé.

Le chef des démocrates au Sénat Chuck Schumer a d'ailleurs déclaré : "Le fait qu'une personne qui soit contre les droits des travailleurs ait pu être choisi montre comment le président Trump est éloigné de ses promesses de campagne à propos des travailleurs" ajoutant que "c'est une victoire pour les travailleurs américains".

Un homme au centre de controverses

Le parcours de Puzder est émaillé de controverses et polémiques. Patron de la chaîne de restauration rapide CKE comprenant plus de 3.300 franchises dans le monde entier et employant plus de 75.000 salariés, Andrew Puzder a dû faire face à de nombreux mouvement sociaux au sein de son groupe. Des salariés ont notamment manifesté  pour des raisons de discriminations raciales, de harcèlement sexuel ou de violations du droit du travail. Le syndicat Restaurant Opportunities Center a récemment publié un rapport dénonçant ces pratiques et les conditions de travail rencontrées dans certains établissements.

Par ailleurs, Carl's Jr. et Hardee, qui font partie de son groupe, sont les chaînes de restauration rapide américaines qui auraient été convoquées le plus grand nombre de fois devant les tribunaux pour des infractions au code du travail selon le Monde. Marc Perronne, président du syndicat  United Food and Commercial Workers Union, a déclaré que "selon de récents rapports éclairants, il apparaît que les valeurs de M. Puzder ne sont pas les valeurs des familles qui travaillent dur. Son retrait prouve que le peuple américain a toujours une voix et le pouvoir d'influencer le gouvernement".

CKE manifestations

Des manifestations contre la nomination d'André Puzder ont eu lieu en janvier dernier à New-York. Crédits :  REUTERS/Lucas Jackson.

Travail domestique illégal

Il a également fait la Une de la presse américaine récemment pour avoir employé une femme de ménage au noir alors qu'elle était en situation irrégulière pendant plusieurs années. Il a depuis payé les arriérés d'impôts comme l'a souligné son porte-parole ajoutant qu'il avait fait l'objet "d'une campagne de calomnie sans précédent". Mais le décalage entre la position dure de la Maison Blanche à l'égard de l'immigration et de la fiscalité et ce type de pratique était devenu très compliqué à gérer.

Accusé de violences conjugales

L'affaire de son divorce tumultueux survenu en 1987 a refait surface récemment. Le site Politico a retrouvé des enregistrements du témoignage de son ex-épouse Lisa Fierstein, l'accusant de violences conjugales en 1990. Mme Fierstein est par la suite revenue sur ses propos.

L'AFP rappelle que M.Puzder "est le seul membre du futur gouvernement Trump à être ainsi tombé en raison de l'obstruction sans précédent de l'opposition démocrate au Sénat, chargé d'approuver chaque nomination". L'avocat Peter Kirsanow, connu pour ses positions défavorables aux migrants et aux droits des travailleurs, fait partie des prétendants au poste de ministre du Travail pour remplacer M.Puzder.

>> Lire aussi son portrait : Andrew Puzder, "un homme de fer" au ministère du Travail américain

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Commentaires
a écrit le 16/02/2017 à 18:10 :
Qoui de plus normal ? On ne peut pas dire une chose et faire son contraire. Je sais, en France, on considère valide la candidature d'un type condamé pour abus de biens sociaux (Juppé). Mais l'Amérique n'est pas la France, même en faisant du Trump Bashing à tour de bras :-)
a écrit le 16/02/2017 à 17:22 :
Toutes comparaisons avec un Etat européen où ses dirigeants recrutent ouvertement femme, fille/fils voire niece, cousine au sein de la fonction publique avec des salaires conséquents pour une activité qui reste encore à démontrer seraient ....
a écrit le 16/02/2017 à 16:55 :
Sans-papiers est un terme Novlangue qui désigne un immigrant illégal.
L'utiliser dénote un manque d'objectivité en ce qui concerne les faits, au risque de les dénaturer, ce qui contribue au passage au déclin de la presse écrite.
Le jugement sur le fait qu'il soit normal ou pas que cet immigrant illégal soit présent dans le pays dont il a violé les lois sur l'immigration peut par contre être discuté amplement.

"Tout le monde a le droit d'avoir sa propre opinion, mais pas ses propres faits."
Daniel Patrick Moynihan
a écrit le 16/02/2017 à 16:23 :
J'avais cru comprendre que c'était mal de vouloir renvoyer chez eux les sans-papiers et qu'on critiquait TRUMP largement pour cela, et voilà maintenant que c'est mal de les employer : mais ils vont vivre comment, tous ces sans-papiers qui sont depuis si longtemps aux Etats-Unis, s'ils ne travaillent pas, si on ne les emploie pas ? L'hystérie anti-TRUMP ne connait pas de limites : l'important, c'est de le critiquer jusqu'au harcèlement, au besoin avec hypocrisie...
a écrit le 16/02/2017 à 15:39 :
L’animatrice de « 8 chances de tout gagner » vient de perdre près de 35 000 € au conseil de Prud’hommes de Créteil. Carinne Teyssandier, qui présente ce jeu sur France 3 le dimanche après-midi, devra indemniser son ancienne gouvernante qu’elle avait fait venir de l’île Maurice avec un visa touristique et qu’elle employait illégalement dans sa maison de Villejuif.

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