Attentats : Mostefaï, Abaaoud, Amimour... tous surveillés, et pourtant

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Un hommage national sera rendu le 27 novembre aux Invalides aux victimes de ces attaques, qui ont fait 130 morts et 352 blessés.
Un hommage national sera rendu le 27 novembre aux Invalides aux victimes de ces attaques, qui ont fait 130 morts et 352 blessés. (Crédits : JACKY NAEGELEN)
Dix jours après les attentats les plus meurtriers de l'histoire de notre pays, les failles dans la surveillance des milieux islamistes radicaux se précisent. Les responsables des attentats du 13 novembre à Paris et à Saint-Denis étaient bien fichés par les services de renseignements français ou belges.

Le kamikaze du "Comptoir Voltaire"

En janvier 2015, Brahim Abdeslam tente de rejoindre la Syrie mais il est intercepté en Turquie, et reconduit en Belgique. Les autorités turques avertissent alors leurs homologues européens sur la radicalisation de cet individu, et le suspectent de vouloir rejoindre l'Etat islamique. Pourtant, à son retour, il nie tout lien avec l'organisation. Il sera remis en liberté par les autorités belges. Le vendredi 13 novembre, l'homme de 31 ans active sa ceinture d'explosifs au café Voltaire, sur le boulevard éponyme. Bilan : une vingtaine de blessés, dont quatre graves.

Le kamikaze du Bataclan

Le français d'origine algérienne, Ismaïl Omar Mostefaï, 29 ans, faisait l'objet d'une fiche S auprès de la DGSI depuis 2010 pour sa radicalisation islamiste. En décembre 2014 et juin 2015, les autorités turques signalent à la France cet individu. Mais Ankara assure n'avoir reçu aucune réponse de Paris. Jusqu'au samedi 14 novembre après les attentats...

Le cerveau présumé des attentats

Le djihadiste franco-belge, Abdelhamid Abaaoud, tué mercredi lors de l'assaut à Saint-Denis, était lui même bien connu des services de police depuis plusieurs années. En janvier, il échappe à un raid mené contre la cellule terroriste de Verviers, en Belgique, dont il est le cerveau. Puis nargue les autorités. En février, l'homme donne une interview au magazine officiel de Daesh dans lequel il explique être retourné en Syrie. A ce moment là, il sait qu'il est recherché par les autorités. Mais la France ne sera avertie des allers et retours du terroriste qu'après les attentats. Le 19 novembre, le ministre des affaires étrangères a reconnu au micro de France Info les erreurs en terme de surveillance :

"Si Abaaoud a pu circuler depuis la Syrie jusqu'en France, c'est qu'il y a des failles dans l'ensemble du système européen", déplore alors le chef de la diplomatie française.

Le benjamin des kamikazes

Après s'être rendu en Syrie en février, Bilal Hadfi, 20 ans, retourne en Europe. En Belgique, il est fiché par les autorités, et surveillé. Le 8 mars, la police belge perquisitionne l'appartement familial. De nombreux objets sont alors saisis. S'en suit une intervention de la brigade antiterroriste. Pourtant, l'homme qui suivait une formation d'électricien à l'institut Anneessens Funck à Bruxelles n'est pas inquiété. Le 13 novembre, le benjamin des terroristes se fait exploser à proximité du Stade de France.

L'assaillant du Bataclan

Sami Amimour, 28 ans, originaire de Drancy (93), est l'un des kamikazes du Bataclan. Cet ancien chauffeur de bus à la RATP s'est radicalisé dans une mosquée près de chez lui. Dès octobre 2012, les autorités françaises lancent une enquête sur Amimour, soupçonné de nourrir un projet de départ vers le Yémen. Il est alors soumis à un contrôle chaque semaine. Mais en septembre 2013, il quitte la France pour la Syrie. Aussitôt un mandat d'arrêt international est délivré contre lui. Il revient en France mi-octobre. Quelques semaines plus tard, il commet les attentats les plus meurtriers de l'histoire de notre pays.

Le terroriste fugitif

Salah Abdeslam, un Français de 26 ans, résidant en Belgique, a au moins joué un rôle de logisticien dans les attentats de Paris et aurait été exfiltré vers la Belgique quelques heures après, selon deux hommes qui disent l'avoir aidé. Son frère Brahim s'est de son côté fait exploser au Comptoir Voltaire le 13 novembre. Si Salah n'est pas connu des services de renseignements français, il était fiché en Belgique... mais pas pour des faits de terrorisme.

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Commentaires
a écrit le 23/11/2015 à 22:38 :
Parler de "cerveau" pour Abaaoud est lui faire beaucoup trop d'honneur.
a écrit le 23/11/2015 à 14:08 :
Islamistes radicaux ? .... Mon respect pour tous les religieux qui observent leur culte en respect de leur "livre saint" quel qu'il soit, tout en respectant les lois de la République. Les terroristes dont on parle n'étaient pas des islamistes radicaux : c'étaient dans leur ensemble des multidelinquants, très souvent fichés, buvant, fumant, couchant, parfois dealant, parfois patrons de bar... A la recherche d'un truc qui les fasse sortir de leur "néant" existentiel, un truc qu'ils ont du interpréter comme l'idée du djihâd. Ils n'ont finalement rien de pieux musulmans érudits, pas un seul du groupe.
Réponse de le 23/11/2015 à 22:36 :
lisez donc cet excellent article :
http://www.courrierinternational.com/article/enquete-ce-que-veut-vraiment-letat-islamique
Il n'est pas possible de dédouaner la religion musulmane de toute responsabilité dans l'existence de Daesh qui est bel et bien un mouvement islamiste radical. Si sur le plan militaire Daesh doit être combattu et si possible éradiqué par la coalition, sur le plan dogmatique seuls les croyants musulmans peuvent mener le combat des idées contre Daesh. Et s'ils ne le font pas on pourra parler de complaisance si ce n'est de complicité.

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