Au Japon, la retraite à 70 ans pourrait bientôt être une réalité

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Le Premier ministre japonais Shinzo Abe.
Le Premier ministre japonais Shinzo Abe. (Crédits : Stringer .)
Dans le cadre de sa future réforme des retraites, le gouvernement japonais envisage de porter l'âge de la retraite à 70 ans afin de stimuler la croissance, augmenter les recettes fiscales et générer davantage de recettes pour la sécurité sociale.

Repousser à 70 ans l'âge de perception de la retraite et autoriser les salariés à cotiser jusqu'à 65 ans. C'est l'une des principales mesures portée par le projet de réforme des retraites - nommé "Vers une ère où l'on vit 100 ans" - envisagé par le gouvernement japonais. Cette nouvelle législation, qui doit être finalisée à l'été 2019 au terme de négociations avec les entreprises qui s'annoncent tendues, serait déployée par étapes. Objectif de l'opération : inciter les entreprises à garder leurs employés plus longtemps et faire des seniors une force de travail comme les autres.

Dans les faits, les travailleurs nippons peuvent décider de la date de leur départ entre leur 60e et leur 70e anniversaire, la moyenne se situant à 65 ans bien que les entreprises ont fixé l'âge de départ à la retraite à 60 ans. Cela s'explique par le fait que plus un salarié diffère son départ, plus sa pension mensuelle est élevée. Or, les entreprises rechignent déjà à payer des salariés jusqu'à 65 ans car cela les oblige à réviser leur organisation et pèsent sur leurs finances. Face à la fronde attendue que suscite une telle réforme, qui rendrait obligatoire de travailler jusqu'à 70 ans, le gouvernement envisage de créer un système de soutien financier à l'emploi des personnes âgées et évoque la possibilité d'instaurer des aides pour les seniors qui souhaiteraient créer une entreprise.

Danger démographique

Cette proposition intervient dans un contexte marqué par un fort vieillissement de la population japonaise, de baisse de la natalité et son corollaire : l'explosion des coûts de la sécurité sociale. Ce dernier représente aujourd'hui un tiers du budget de l'Etat, contre 17,6% en 2000. A travers cette réforme, il s'agit, pour le gouvernement de Shinzo Abe, de lutter contre la pénurie de main-d'œuvre et l'explosion des coûts de la sécurité sociale.

En 2025, une personne sur trois au Japon aura plus de 65 ans et au Japon 8,07 millions de personnes plus de 65 ans exerçaient une activité en 2017, selon les statistiques du ministère du travail. Le taux d'emploi des 65-69 ans atteint ainsi 54,8 % chez les hommes et 35 % chez les femmes. Un record dans les pays membres de l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE).

Selon certaines projections, un Japonais sur quatre pourrait être âgé de 75 ans ou plus en 2060. Le défi du gouvernement est d'anticiper ce danger démographique pour préserver le modèle de retraite par répartition. En 2004, une réforme houleuse avait conduit à une baisse généralisée des pensions, en indexant les prestations sur l'évolution du nombre de cotisants et leur espérance de vie. Cette révolution était alors censée garantir la pérennité du système pour une centaine d'années.

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Commentaires
a écrit le 28/01/2019 à 12:40 :
Encore 1 ou 2 Fukushima et le "problème" de l'espérance de vie élevée au Japon sera réglé.
a écrit le 22/01/2019 à 21:38 :
Mais pourquoi ils ne suppriment carrément pas la retraite, ce serait plus simple et moins compliqué.
Comment un pays a pu par bêtise et idolatrie du travail, dissuader ses citoyens de faire des enfants et être ainsi voué à disparaître. Il n’y aura plus bientôt dans ce pays que des robots pour s’occuper des derniers survivants
a écrit le 22/01/2019 à 17:40 :
Les japonais travaillent souvent plus de 60h par semaine. La mort par surmenage y est tellement fréquente qu'elle a même un terme spécifique "karoshi" et 20% des entreprises avouent que certains employés dépassent les 100 h par semaine, nouveau seuil légal.

Avec un tel rythme de travail, on pourrait s'attendre à ce que les japonais puissent jouir d'une retraite bien méritée.

Sauf qu'à partir d'un seuil de présentéisme, la productivité chute de façon spectaculaire et les japonais sont 20% moins productifs que ces fainéants de français.
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a écrit le 22/01/2019 à 17:25 :
Sympa le nouveau monde.

Le faible taux de nativité japonais fait qu’aujourd’hui plus d’un quart de la population nippone a plus de 65 ans. C’est également au Japon qu’on trouve un des plus grands nombres de centenaires. Un vieillissement de la population qui n’est pas sans poser de nombreux problèmes notamment le manque de main d’œuvre jeune, le paiement des retraites et la prise en charge des soins médicaux dont de nombreuses personnes âgées ont besoin. Mais il en est un pour le moins incongru : la délinquance volontaire chez certains seniors.

Car si la délinquance juvénile est pratiquement inexistante au Japon, celle des seniors de plus de 65 ans ne cesse d’augmenter : en 2015, elle a pour la première fois dépassée celle des jeunes entre 14 et 19 ans. En prison, les détenus de plus de 60 ans représentent 20% de la population carcérale. Le pire, c’est qu’il s’agit d’une situation recherchée par certains de ces « délinquants » du troisième âge qui, en dépit de la privation de liberté, préfèrent vivre en prison que de subir la pauvreté, celle-ci apportant la solution à leurs problèmes.La plupart des personnes âgées dans cette situation se font arrêter pour des délits mineurs, sept fois sur dix pour du vol à l’étalage : 35% de ces vols sont d’ailleurs le fait de personnes de plus de 60 ans, et 40% récidivent plus de six fois. Les peines encourues au Japon pour des délits mineurs sont particulièrement sévères. Voler un simple sandwich faisant encourir jusqu’à deux ans de prison. Un allez simple gratuit à une prise en charge de l’État visiblement plus attrayante que les montants des pensions. Les causes derrière ce phénomène : l’action conjuguée de la pauvreté et de la solitude auxquelles de nombreux seniors cherchent à échapper avec aussi l’assurance de recevoir des soins médicaux gratuits en prison. Autrefois, les parents âgés vivaient chez leur fils ainé qui héritait des biens familiaux tandis que sa femme, qui à son mariage abandonnait sa famille pour intégrer celle de son époux, prenaient soin de ses beaux-parents. C’était le système du ‘ie’ aboli du Code Civil en 1947.La famille nucléaire (parents-enfants) est ainsi devenue le nouveau modèle familial. Une des raisons : les appartements en ville, exigus et aux loyers élevés, ne permettaient plus à plusieurs générations (jusqu’à 4) de vivre sous le même toit. Aujourd’hui, les deux membres d’un couple doivent généralement travailler dur pour pouvoir soutenir un mode de vie très couteux en ville. Les couples deviennent ainsi réticents à devoir s’occuper de leurs beaux-parents, une charge à la fois matérielle et psychologique qui était loin d’être toujours facile à vivre par le passé. D’où, notamment, la pratique du divorce posthume qui augmente d’année en année : les veuves y ont recours pour éviter d’avoir à charge, au moins financièrement, leurs beaux-parents.
a écrit le 22/01/2019 à 16:12 :
J'avais cru lire que l'espérance de vie des japonais.es était analogue à chez nous mais l'age d'espérance de vie en bonne santé dix ans de plus, et peuvent donc travailler dix ans de plus que nous sans soucis. :-)
Vu comment se fait la répartition, partir tôt fait verser peu aux pensionnés, faute d'argent en quantité (1,7 cotisant par pensionné parait-il). Retarder d'un an le départ ça a un effet, mais à voir aussi si à l'age limite il y a encore beaucoup de monde au travail.
a écrit le 22/01/2019 à 15:42 :
La retraite, c'est pour être sûr de toujours bouffer quand on est trop vieux pour travailler.
C'est une belle invention, et c'est l'honneur des pays développés d'avoir créé ces systèmes de l'Etat-Providence.
Systèmes qui ont été un peu détournés, il faut le dire, puisqu'ils ont fini par créer une caste de rentiers.
Des rentiers qui traînent leur ennui dans les musées et les manifestations, et qui sont toujours à la bourre, comme si ils avaient la mort aux trousses.
a écrit le 22/01/2019 à 15:14 :
A 70 ans ....désolé il n' y a plus de productivité , le meilleur des économistes ne me la fera pas avaler celle là .
a écrit le 22/01/2019 à 15:06 :
C’est ce qui devrait être fait aussi en France plutôt que de courir constamment derrière des solutions qui ne sauvent rien et font que les pensions servies diminuent au fil du temps.....
a écrit le 22/01/2019 à 14:19 :
"Cette révolution était alors censée garantir la pérennité du système pour une centaine d'années."

Une autre façon de nous posséder mais ils les connaissent toutes ces margoulins.
a écrit le 22/01/2019 à 13:07 :
Ils sont fous ces japonais!!!!!

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