Politique monétaire : le Japon à contre-courant de la normalisation
Gabrielle Thin

Japon: hausse des prix a la consommation en decembre
Shohei Miyano
Gabrielle Thin

Japon: hausse des prix a la consommation en decembre
Shohei Miyano
À l'issue d'une semaine considérée comme la plus importante de l'année pour l'économie mondiale, le Japon a pris à son tour la parole sur l'évolution de sa politique monétaire. Plusieurs annonces ont été faites à Tokyo par Haruhiko Kuroda, le gouverneur de la Bank of Japan, après deux jours de réunion. Il a confirmé la baisse de son estimation de l'inflation, qui ne pourra pas atteindre 2%, son objectif initial.
Fin avril, l'inflation avait été évaluée à 1%.
La BoJ a annoncé par ailleurs un statu quo concernant les taux à court terme, maintenus à -0,1% et celui des rendements obligataires à 10 ans maintenu autour de 0%. La banque centrale du Japon n'a pas non plus modifié son programme d'achat d'actifs, ce qui contraste avec les annonces de sortie de la politique monétaire accommodante (« quantitative easing ») des deux autres banques centrales majeures, la Fed américaine et la Banque centrale européenne (BCE), plus tôt dans la semaine.
La BoJ continuera donc à acheter des obligations pour soutenir l'économie japonaise et à accroître le stock qu'elle détient à hauteur de 80.000 milliards de yen par an (plus de 600 milliards d'euros).
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La troisième économie du monde est actuellement en « expansion modérée » a affirmé la BoJ. Le produit intérieur brut du Japon s'est contracté de 0,6% au premier trimestre, du fait de facteurs exceptionnels, notamment de mauvaises conditions météo et les hausses antérieures du yen qui ont détérioré les prix de biens importés. Dans le même temps, la consommation et les salaires peinent à repartir à la hausse avec une croissance des prix « assez faible » selon Haruhiko Kuroda.
Le gouvernement japonais se prive cependant d'une marge de manœuvre que la BCE et la Fed ont déjà commencé à se créer en cas de retournement conjoncturel.
Gabrielle Thin
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