Politique monétaire : le Japon à contre-courant de la normalisation

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Le gouverneur de la Banque du Japon a annoncé le statu quo sur les taux et la politique monétaire accommodante ce vendredi 15 juin.
Le gouverneur de la Banque du Japon a annoncé le statu quo sur les taux et la politique monétaire accommodante ce vendredi 15 juin. (Crédits : Shohei Miyano)
La Bank of Japan (BoJ) a annoncé ce vendredi 15 juin le maintien de sa politique monétaire accommodante pour soutenir l’économie du pays, alors que l'inflation ne redécolle toujours pas. Une décision à rebours de celles de la Banque centrale européenne (BCE) et de la Fed engagées sur la voie de la normalisation de leur politique monétaire.

À l'issue d'une semaine considérée comme la plus importante de l'année pour l'économie mondiale, le Japon a pris à son tour la parole sur l'évolution de sa politique monétaire. Plusieurs annonces ont été faites à Tokyo par Haruhiko Kuroda, le gouverneur de la Bank of Japan, après deux jours de réunion. Il a confirmé la baisse de son estimation de l'inflation, qui ne pourra pas atteindre 2%, son objectif initial.

« La hausse des prix à la consommation est comprise entre 0,5 et 1% », corrige la BoJ dans son communiqué.

Fin avril, l'inflation avait été évaluée à 1%.

La BoJ a annoncé par ailleurs un statu quo concernant les taux à court terme, maintenus à -0,1% et celui des rendements obligataires à 10 ans maintenu autour de 0%. La banque centrale du Japon n'a pas non plus modifié son programme d'achat d'actifs, ce qui contraste avec les annonces de sortie de la politique monétaire accommodante (« quantitative easing ») des deux autres banques centrales majeures, la Fed américaine et la Banque centrale européenne (BCE), plus tôt dans la semaine.

« C'est donc la dernière des trois banques centrales majeures à avoir un programme de QE. Mais les achats se sont beaucoup tassés, ils sont passés de plus de 7.000 milliards de Yen (proche de 65 milliards de dollars) à 2.600 milliards sur les six derniers mois (proche de 20 milliards de dollars). Le QE de la BoJ aussi se réduit », analysent les stratégistes de La Banque Postale Asset Management.

Une économie japonaise en demi-teinte

La BoJ continuera donc à acheter des obligations pour soutenir l'économie japonaise et à accroître le stock qu'elle détient à hauteur de 80.000 milliards de yen par an (plus de 600 milliards d'euros).

« La BoJ réduit déjà la stimulation monétaire en douce et elle veut sonder les marchés sur une sortie mais elle risque de devoir attendre que l'inflation revienne au moins au-dessus de 1% », a commenté Hiroshi Miyazaki, économiste chez Mitsubishi UFJ Morgan Stanley Securities.

La troisième économie du monde est actuellement en « expansion modérée » a affirmé la BoJ. Le produit intérieur brut du Japon s'est contracté de 0,6% au premier trimestre, du fait de facteurs exceptionnels, notamment de mauvaises conditions météo et les hausses antérieures du yen qui ont détérioré les prix de biens importés. Dans le même temps, la consommation et les salaires peinent à repartir à la hausse avec une croissance des prix « assez faible » selon Haruhiko Kuroda.

Le gouvernement japonais se prive cependant d'une marge de manœuvre que la BCE et la Fed ont déjà commencé à se créer en cas de retournement conjoncturel.

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Commentaires
a écrit le 16/06/2018 à 11:07 :
Ouais bon d'un autre côté c'est un peu rincé la seule politique monétaire comme seule politique vous ne trouvez pas quand même ? Ca fait quand même franchement minable et en manque dramatique de capacité cérébrale.

La FED le fait par stratégie expansionniste, l'UE le fait par bêtise, le japon peut ne pas le mettre en œuvre.

Face à l'impuissance dramatique de nos politiciens laquais la finance tient le manche et l'europe plonge...

Vite un frexit.

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