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Au Niger, le régime militaire craint une « agression » de la France

latribune.fr

Publié le 10 septembre 2023 à 09:22 - Mis à jour le 10 septembre 2023 à 09:22

Abdourahamane Tchiani (à droite au premier plan), nouvel homme fort du régime militaire nigérien, s'inquiète des prises de position françaises.

Abdourahamane Tchiani (à droite au premier plan), nouvel homme fort du régime militaire nigérien, s'inquiète des prises de position françaises.

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Dans une allocution télévisée, le régime militaire nigérien a accusé la France de préparer une opération militaire. L'Elysée a répété fin août son soutien au président élu Mohamed Bazum, et affirmé qu'elle soutiendrait les actions de la Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest (Cedeao).

Le régime militaire nigérien issu d'un coup d'Etat a accusé samedi la France de déployer ses forces dans plusieurs pays ouest-africains en vue d'une « agression » contre le Niger. « La France continue de déployer ses forces dans plusieurs pays de la Cedeao [Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest, NDLR] dans le cadre de préparatifs d'une agression contre le Niger, qu'elle envisage en collaboration avec cette organisation communautaire », a déclaré un membre du régime, le colonel-major Amadou Abdramane, dans un communiqué lu à la télévision nationale.

Dans un discours tenu fin août, Emmanuel Macron expliquait que la France soutenait le président élu Mohamed Bazoum et ne reconnaissait pas le pouvoir mis en place par les putschistes. Il ajoutait que la France soutiendrait l'action diplomatique et militaire de la Cedeao.

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Les pays voisins menacent d'une intervention militaire

Les putschistes affirment que depuis le 1er septembre deux aéronefs de transport militaire type A400M et un Dornier 328 ont été déployés en renfort en Côte d'Ivoire, tandis que deux hélicoptères multirôles type Super Puma et une quarantaine de véhicules blindés débarquaient au Bénin. « Le 7 septembre 2023, un navire militaire français a accosté à Cotonou [au Bénin, ndlr] avec à son bord, du personnel et des moyens militaires », ajoutent-ils dans leur communiqué. Les généraux au pouvoir font également état « d'une centaine de rotations d'avions militaires cargo » qui auraient permis de débarquer d'importantes quantités de matériel et d'équipement de guerre au Sénégal, en Côte d'Ivoire et au Bénin Selon eux, ces manœuvres ont forcément pour but de lancer une intervention militaire.

Après le coup d'Etat du 26 juillet, la Cedeao a brandi la menace d'une intervention militaire au Niger, dont elle avait annoncé la préparation, pour rétablir l'ordre constitutionnel, libérer le président renversé Mohamed Bazoum et le restaurer dans ses fonctions. Une décision soutenue par la France, qui compte environ 1.500 soldats dans ce pays sahélien, dans le cadre de la lutte antijihadiste.

Les forces françaises, « illégales » au Niger

Le 3 août, les généraux nigériens au pouvoir, qui souhaitent le départ des soldats français, avaient dénoncé plusieurs accords de coopération militaire conclus par les précédents gouvernements. L'un de ces textes contenait un préavis d'un mois en cas de rupture, selon eux. Autrement dit, les forces françaises seraient désormais présentes « illégalement » au Niger. « Le 1er septembre, le chef d'état-major des armées du Niger a reçu à Zinder le commandant des forces françaises au Sahel pour discuter d'un plan de désengagement des capacités militaires françaises », précisent les généraux dans leur communiqué.

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Le régime dit avoir été informé d'« une annonce de retrait (...) qui nous vient d'un niveau opérationnel et n'est donc portée ni par l'état-major des armées françaises, ni par le gouvernement français et n'a fait l'objet d'aucun communiqué officiel ». Mardi, Paris affirmait que des échanges étaient en cours entre armées nigérienne et française pour « faciliter les mouvements de moyens militaires français », confirmant des propos tenus la veille par le Premier ministre du Niger nommé par le régime, Ali Mahaman Lamine Zeine. « La question du maintien de certaines de nos forces se pose », avait déclaré le ministère français des armées. Chaque jour depuis plus d'une semaine, des milliers de personnes au total se sont rassemblées dans la capitale nigérienne Niamey, aux abords d'une base militaire abritant des soldats français pour réclamer leur départ.

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La France est donc engagée dans un bras de fer diplomatique avec le Niger, qui a par ailleurs retiré l'immunité et le visa diplomatiques de l'ambassadeur français Sylvain Itté et exigé son « expulsion ». Mais dans le même temps, le nouveau Premier ministre nigérien a déclaré que son gouvernement espérait « si possible maintenir une coopération avec un pays avec qui on a partagé énormément de choses. » Il exprimait également qu'il avait « bon espoir » que le nouveau régime trouve une entente avec la Cedeao, après que le chef du régime, le général Abdourahamane Tiani, a annoncé une transition d'une durée maximum de trois ans. Paris, qui ne reconnaît pas le régime militaire, a justifié plusieurs fois le maintien de son ambassadeur.

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