Australie-Chine : ce que prévoit l'accord de libre-échange

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La Chine est le premier partenaire commercial de l'Australie avec des échanges dépassant les 160 milliards de dollars australiens (110 milliards d'euros) par an.
La Chine est le premier partenaire commercial de l'Australie avec des échanges dépassant les 160 milliards de dollars australiens (110 milliards d'euros) par an. (Crédits : Reuters)
Pékin et Canberra ont signé un accord qui prévoit l'abolition réciproque des droits de douane sur les secteurs clés des ressources minières, de l'agriculture et des investissements.

Le Premier ministre australien Tony Abbott et le président chinois Xi Jinping qui avaient annoncé en novembre un vaste accord de libre-échange "attachaient beaucoup d'importance" à la conclusion des négociations. Celles-ci traînaient depuis dix ans, a rappelé Gao Hucheng, ministre chinois du commerce, évoquant "un jalon dans les relations bilatérales".

La conclusion de cet accord, qui prévoit l'abolition réciproque des droits de douane pour une myriade de services et de marchandises, marque "un jour historique" pour les deux pays, s'est félicité Tony Abbott. Il "garantit à nos nations un accès inédit à leurs marchés respectifs", a-t-il ajouté.

Pour rappel, la Chine est le premier partenaire commercial de l'Australie avec des échanges dépassant les 160 milliards de dollars australiens (110 milliards d'euros) par an, et est devenue l'an dernier le premier investisseur étranger dans le pays, devant les États-Unis.

85% des biens exportés d'Australie vers la Chine sans droits de douane

Quelques secteurs ont cependant été laissés de côté, comme le sucre, le riz, le coton, le blé. Pour les autres secteurs, l'accord de libre-échange se résume ainsi:

  • Il prévoit que plus de 85% des biens exportés d'Australie vers la Chine en seront exemptés de droits de douane. Cela inclut la plupart des produits de l'industrie énergétique, le vin, la viande, le poisson et les produits laitiers dont la Chine est le premier importateur mondial. Pour rappel, un tiers des exportations australiennes vont à la Chine, particulièrement friande de matières premières (charbon, minerai de fer), mais également de lait et de bœuf. Au total, ils sont aujourd'hui frappés de droits de douane allant jusqu'à 40%,
  • L'industrie laitière, en concurrence avec les exportateurs néo-zélandais, est à la fête: les taxes à l'importation chinoises, qui pouvaient atteindre 20%, seront toutes supprimées d'ici à 11 ans. Les droits de douane sur le lait infantile disparaîtront d'ici quatre ans.
  • L'accord de libre-échange devrait également entraîner une forte hausse des exportations de bœuf vers la Chine. Les taxes, qui étaient entre 12 et 25%, seront supprimées d'ici à neuf ans. Celles sur le bétail sur pied qui étaient fixées à 10%, disparaîtront dans quatre ans.
  • En échange des concessions chinoises, l'Australie supprimera ses droits d'entrée de 5% sur l'électronique et l'électroménager et les investissements chinois seront facilités. Les investisseurs privés pourront ainsi injecter jusqu'à un milliard de dollars australiens sans feu vert préalable du conseil de surveillance des investissements étrangers, avec quelques exceptions pour les terres agricoles et les entreprises agroalimentaires.

Critiqué en Australie

Si de ce fait cet accord réjouit le patronat qui y voit un net avantage concurrentiel face à l'Union européenne, les États-Unis et le Canada, il inquiète les syndicats qui craignent un afflux de travailleurs chinois sous-payés pour les projets d'investissement de plus de 150 millions de dollars australiens.

"Cet accord est une honte", "un jour funeste" pour les travailleurs australiens, s'est indigné le secrétaire national du syndicat Electrical Trades Union qui fédère les salariés des sous-traitants du secteur de l'électricité et des télécommunications.

(Avec AFP)

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Commentaires
a écrit le 18/06/2015 à 0:40 :
Le libre échange impose des règles de macroéconomie qui ne peuvent s'exercer qu'au détriment du coût du fonctionnement des états. Cette duperie prend racine dans les différences qui existent des régimes sociaux. Les gouvernants s'échinent à manipuler sans cesse les répartitions de leur budget afin de poursuivre ce libre échange. Seuls les marchés à caractère politique échappent à ce libre échange. Il entrent de facto dans les ressources qui permettent de desserrer l'étreinte de ce libre échange. Voilà pourquoi une Europe fédérale serait de nature à créer une macroéconomie bien plus performante.

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