Avant l'arrivée de Trump, les États-Unis intensifient leur soutien à l'Ukraine
latribune.fr
La situation est actuellement très difficile pour l'Ukraine, dont l'armée recule sur le front oriental face aux soldats russes plus nombreux et mieux armés. (Photo d'illustration)
Les États-Unis ont annoncé jeudi une nouvelle aide militaire à l'Ukraine, estimée à 500 millions de dollars, à quelques semaines de l'arrivée au pouvoir du républicain Donald Trump.
Depuis début décembre, Washington a approuvé trois nouveaux envois de matériel militaire en Ukraine, pour des montants respectifs de 725 millions, 988 millions et 500 millions de dollars, ce dernier ayant été dévoilé jeudi.
« Les États-Unis vont apporter une nouvelle cargaison importante d'équipements et d'armes à nos partenaires ukrainiens, qui en ont urgemment besoin alors qu'ils se défendent contre les attaques continues de la Russie », a déclaré le secrétaire d'État Antony Blinken dans un communiqué.
Le matériel destiné à Kiev comprend notamment des munitions pour les systèmes de lance-roquettes Himars, des obus d'artillerie, des drones, des véhicules militaires, ainsi que des équipements de protection contre des attaques chimiques, radiologiques et nucléaires, selon le département d'État.
« Nous continuerons à fournir du matériel supplémentaire jusqu'à la fin du mandat de Joe Biden »,a ajouté John Kirby, porte-parole du Conseil de sécurité nationale de la Maison Blanche.
« Les États-Unis et plus de 50 nations restent unis pour s'assurer que l'Ukraine dispose des moyens nécessaires pour se défendre contre l'agression russe », a conclu Antony Blinken.
Incertitudes autour de l'avenir de l'aide américaine
Des aides qui interviennent alors que les propos ambigus de Donald Trump sur l'Ukraine sèment la confusion à Kiev et en Europe. Après une rencontre samedi à Paris avec le président ukrainien Volodymyr Zelensky, le président élu a appelé à un « cessez-le-feu immédiat » et à des négociations pour mettre fin au conflit.
Dans une interview à NBC, enregistrée avant ce déplacement, Trump avait prévenu que l'Ukraine devait s'attendre à « probablement » moins d'aide de la part de Washington sous sa présidence. Il a également déclaré, dans un article publié jeudi par Time, être « fermement opposé » à l'emploi de missiles de longue portée américains contre la Russie.
« Nous ne faisons qu'intensifier et aggraver cette guerre », a-t-il affirmé, avant ses rencontres avec ses homologues français et ukrainien à Paris.
Ces prises de position ont fait réagir Emmanuel Macron et le Premier ministre polonais Donald Tusk, qui ont insisté jeudi à Varsovie sur le fait que la paix en Ukraine ne pouvait se faire aux dépens des Ukrainiens. « Il nous faut travailler étroitement avec les Américains et, évidemment, avec l'Ukraine, pour trouver une voie respectant la souveraineté ukrainienne ainsi que les intérêts de sécurité européens », a déclaré Emmanuel Macron.
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Kiev réclame des garanties de sécurité
Donald Tusk a confirmé que l'idée d'envoyer un contingent militaire européen en Ukraine avait été abordée avec son homologue français, bien qu'il ait précisé que, « pour l'instant », Varsovie « ne prévoit pas de telles actions ». Cette proposition, évoquée pour la première fois par Emmanuel Macron en février, n'avait jusqu'alors pas fait son chemin. Elle pourrait toutefois servir de base à la création d'une force de maintien de la paix, en l'absence d'une adhésion rapide de l'Ukraine à l'OTAN, bloquée notamment par Washington et Berlin.
De son côté, Volodymyr Zelensky se dit prêt à patienter avant de récupérer les territoires occupés par l'armée russe, qui contrôle actuellement près d'un cinquième du pays. Cependant, il exige des garanties de sécurité « effectives » de la part de ses alliés alors que son armée recule sur le front oriental face aux soldats russes plus nombreux et mieux armés.