Bataille du pétrole au Guyana : « Celui qui joue avec le Venezuela se brûle » (Maduro)

Le président vénézuélien Nicolas Maduro a estimé vendredi que le crash mercredi de l'hélicoptère militaire guyanien était un « signe de l'au-delà » dans le cadre du différend entre les le Venezuela et le Guyana sur l'Essequibo, territoire riche en pétrole.
Nicolas Maduro
Nicolas Maduro (Crédits : LEONARDO FERNANDEZ VILORIA)

Joute verbale entre le Venezuela, le Guyana mais aussi les Etats-Unis au sujet du territoire de l'Essequibo et des richesses pétrolières. Ce vendredi, deux jours après un accident d'hélicoptère militaire du Guyana à une cinquantaine de kilomètres à l'est de la frontière vénézuélienne, dont les causes n'ont pas été élucidées, le président vénézuélien Nicolas Maduro a menacé le peuple guyanais.

« Je présente mes condoléances au peuple guyanais et aux forces militaires, mais c'est un message de l'au-delà: ne jouez pas avec le Venezuela, celui qui joue avec le Venezuela se brûle », a-t-il déclaré, lors d'un rassemblement devant le palais présidentiel de Miraflores.

Jackpot pour ExxonMobil

Pour rappel, Caracas revendique depuis des décennies l'Essequibo, région de 160.000 km2 représentant plus des deux tiers du territoire du Guyana et où vit environ un cinquième de sa population, soit quelque 125.000 personnes. La revendication du Venezuela est devenue encore plus pressante depuis la découverte de pétrole dans l'Essequibo par ExxonMobil en 2015. Et avec de nouvelles découvertes en octobre, le Guyana possède désormais les réserves par habitant les plus élevées au monde, estimées à 11 milliards de barils, soit un niveau similaire à celui du Koweit.

Depuis 2015, ExxonMobil a développé 63 projets de forage dans le bloc Stabroek, ce qui a conduit le Guyana à porter sa production à 600.000 barils par jour (bpj). Elle devrait atteindre 1,2 million bpj d'ici à fin 2027. Caracas estime que l'opération pétrolière se déroule dans des eaux disputées et accuse le président guyanien Irfaan Ali d'être un « esclave » d'ExxonMobil.

Des appels d'offres guyaniens en septembre pour des concessions pétrolières ont ravivé les revendications du Venezuela, qui, lui, possède les plus grandes réserves prouvées de pétrole au monde, soit 300 milliards de barils. Mais son industrie pétrolière est en crise, en raison d'une mauvaise gestion, de la corruption ainsi que des sanctions économiques. Sa production, en un peu plus d'une décennie, a chuté de plus de 3 millions bpj à moins de 400.000. La production remonte lentement et se situe autour de 750.000 bpj.

La tension ne cesse de monter depuis. Le Venezuela soutient que le fleuve Essequibo doit être la frontière naturelle, comme en 1777 à l'époque de l'empire espagnol. Le Guyana argue que la frontière, datant de l'époque coloniale anglaise, a été entérinée en 1899 par une cour d'arbitrage à Paris. Le différend est porté devant la Cour internationale de justice (CIJ), la plus haute juridiction de l'ONU, que le Venezuela ne reconnaît pas.

Après le référendum du 3 décembre organisé par Caracas, qui a approuvé la création d'une province vénézuélienne dans l'Essequibo, Nicolas Maduro a ordonné à la compagnie pétrolière publique PDVSA d'octroyer des licences d'exploitation de pétrole, de gaz et de minerais dans la zone contestée. Il a proposé de donner aux entreprises travaillant avec le Guyana un délai de trois mois pour se retirer de la zone et négocier avec le Venezuela. Le président guyanien a qualifié ces annonces de « menace directe » pour la sécurité du Guyana.

Guerre en vue ?

Malgré l'inquiétude internationale, les experts estiment que la situation ne risque pas de dégénérer en conflit armé. La tension est encore montée avec l'annonce d'exercices militaires aériens américains au Guyana, « une provocation » pour le Venezuela. Soucieux de leur approvisionnement en pétrole à moyen et long terme, les Etats-Unis ont tout intérêt à ce que cette zone, toute proche et qui comprend les plus grands gisements du monde, reste stable. Jeudi, le secrétaire d'Etat américain Antony Blinken a affirmé son « soutien inébranlable à la souveraineté du Guyana ».

Face à l'escalade de tensions dans la région, le président brésilien Luiz Inacio Lula da Silva a dit jeudi ne pas vouloir de « guerre en Amérique du Sud ». « Nous n'avons pas besoin d'un conflit, il faut construire la paix », a-t-il insisté.

(Avec AFP)

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Commentaires 4
à écrit le 09/12/2023 à 18:31
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Au "Guyana" ?? Je croyais que le nom était Guyane...

à écrit le 09/12/2023 à 18:31
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Au "Guyana" ?? Je croyais que le nom était Guyane...

à écrit le 09/12/2023 à 15:55
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Il a massacre les indiens Pemon avec toute la bienveillance que seule la gauche sait avoir, alors il n'est plus à ça près.... et bizarrement, personne ne hurle ou ne s'indigne chez les tolérants car de gauche français, et surtout pas le melenChe ...

le 10/12/2023 à 0:41
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@churchill- Décidément question charabia ça ne s'arrange pas!

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