Comment le Covid-19 a servi de révélateur à la crise de la mondialisation, selon Adam Tooze
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Spécialiste de l'histoire moderne allemande, en particulier du nazisme, et des crises financières, l'historien britannique Adam Tooze, professeur à l'Université de Columbia où il dirige l'Institut européen, s'est fait connaître d'un large public avec la publication en 2018 de "Crashed. Comment une décennie de crise financière a changé le monde" (2). Dans cet ouvrage, il montrait comment la crise financière de 2008, celle dite des "subprimes" déclenchée aux Etats-Unis en 2007, avait non seulement remodelé l'économie mondiale mais provoqué des événements majeurs.
Son nouvel ouvrage, "L'Arrêt. Comment le Covid a ébranlé l'économie mondiale" (1), dont la traduction paraît aux éditions Les Belles Lettres, apparaît comme la suite logique de "Crashed", avec toujours la capacité de cet historien - ce qui fait l'attrait de sa recherche - à identifier et synthétiser à travers le flux massif d'informations quotidiennes les tendances lourdes de la marche du monde qu'il reconstitue en un récit vivant et captivant, fourmillant de détails.
Entre 2014 et 2018, l'accumulation de crises avait ébranlé le monde: l'Ukraine, déjà là avec l'annexion de la Crimée par la Russie, la plongée du prix des matières premières, notamment celui du pétrole, la crise des réfugiés syriens, la crise de la dette de la Grèce, celle de la finance en Chine, le Brexit, la victoire de Trump ou encore le surgissement des Gilets jaunes en France. Or, même si, rétrospectivement, certains spécialistes avaient bien alerté sur le risque potentiel d'une pandémie, la propagation du Covid-19 en 2020 a plongé l'auteur comme la majorité de la population mondiale dans "l'incrédulité".
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Qui aurait pu imaginer que durant ces quelques semaines de mars l'économie mondiale allait se retrouver quasiment à l'arrêt, le PIB mondial se contractant de 20%, avec la mise hors service dans la plupart des pays de l'appareil productif et des services, notamment le transport, et le confinement de la majorité de la population mondiale. Outre ses conséquences économiques, le bilan de cette pandémie est lourd. Quelque 6,27 millions de personnes sont mortes, selon le décompte du site Our World in Data.
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