Près d'une entreprise sur cinq a souffert fortement de perturbations dans sa chaîne logistique pendant la pandémie selon une enquête d'Euler Hermes. Malgré de grandes difficultés, peu de dirigeants envisagent des relocalisations.La propagation du virus a provoqué un électrochoc dans les circuits de la mondialisation. Selon une enquête menée par Euler Hermes et publiée ce mercredi 9 décembre, la grande majorité des entreprises interrogées (94%) dans cinq pays (États-Unis, Royaume-Uni, Allemagne, France et Italie) ont connu des perturbations dans leurs chaînes logistiques. Parmi elles, environ 20% indiquent avoir connu de sévères difficultés. La fermeture des frontières, des ports de commerce, le ralentissement brutal des usines ont provoqué un effondrement colossal des échanges internationaux.
Beaucoup de pays, notamment en Europe, ont souffert de cette extrême dépendance à l'égard des pays asiatiques pour se fournir en masques et produits de santé au moment du pic des contaminations. Dans ce contexte, les idées de relocalisation et de souveraineté industrielle reviennent dans les débats.
Pour autant, l'ère de la mondialisation est loin de s'arrêter. Au mois de novembre, quinze pays d'Asie et de l'Océanie ont signé un vaste accord commercial promu par la Chine. Il représentera plus de 2 milliards d'habitants et devrait encore accroître la place du géant chinois dans l'économie planétaire. "Nous ne nous attendons pas à un mouvement de démondialisation, ni même à un retour au début des années 2000. Mais on voit des dynamiques différentes au sein même du commerce mondial, et donc un avenir aux facettes multiples", a affirmé le directeur de la recherche macroéconomique, Alexis Garatti.
Les entreprises américaines fortement perturbées
Cette maladie infectieuse a particulièrement frappé les firmes américaines. Selon le baromètre, 26% ont déclaré avoir enregistré des perturbations graves contre 17% en moyenne dans les autres pays interrogés. Viennent ensuite la France, le Royaume-Uni, l'Allemagne et l'Italie. Ces répercussions dépendent évidemment de l'ampleur des mesures pour mettre sous cloche l'économie, de la sévérité du choc, de l'intégration des pays aux chaînes de valeur mondiales et de leur dépendance à l'égard des pays de fabrication. Parmi les secteurs les plus perturbés, figurent les machines et équipements, les technologies et télécoms, et enfin l'énergie. À l'opposé, l'agroalimentaire et l'industrie de la chimie s'en sortent mieux.