Droits de douane américains : Emmanuel Macron appelle l'Europe à riposter si aucun accord n’est trouvé
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Jonas Been Henriksen
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Le président Emmanuel Macron a exprimé ce samedi 12 juillet une « très vive désapprobation » face à la menace américaine d'imposer dès le 1er août des droits de douane de 30 % sur les produits importés depuis l'Union européenne. Dans un message publié sur le réseau social X (ex Twitter), il a appelé l'Union européenne à « défendre résolument les intérêts européens » et exhorté la Commission européenne à « accélérer la préparation de contre-mesures crédibles, par la mobilisation de l'ensemble des instruments à sa disposition, si aucun accord n'était trouvé d'ici le 1er août ».
Emmanuel Macron a réagi seulement quelques heures après l'annonce choc du président américain Donald Trump. Celui-ci a décidé unilatéralement d'étendre et d'augmenter drastiquement les taxes douanières, passant à 30 % contre une moyenne de 10 % à 2,5 % auparavant sur les biens européens importés aux États-Unis. Ces mesures sont justifiées par le locataire de la Maison-Blanche par un déficit commercial jugé « insoutenable » avec l'UE.
Dans une lettre envoyée ce 12 juillet à Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne, Donald Trump affirme ironiquement qu'il s'agit « d'un grand honneur » d'officialiser cette mesure censée, selon lui, démontrer la « force et l'engagement » de la relation transatlantique. Derrière ce vernis diplomatique, c'est bien une posture protectionniste qui domine, avec la menace d'une escalade si l'Europe riposte.
La Commission européenne a réagi dans la foulée. Ursula von der Leyen a souligné dans un communiqué que ces droits de douane risquaient de « perturber des chaînes d'approvisionnement transatlantiques essentielles, au détriment des entreprises, des consommateurs et des patients des deux côtés de l'Atlantique ». La présidente a réaffirmé la volonté de Bruxelles de poursuivre les négociations « jusqu'au 1er août », tout en prévenant que l'UE n'hésiterait pas à « adopter des contre-mesures proportionnées » pour protéger ses intérêts.
En Allemagne, principale puissance économique européenne, la Fédération de l'industrie (BDI) a lancé un appel à la « recherche rapide de solutions » afin « d'éviter une escalade » aux conséquences potentiellement dévastatrices. Wolfgang Niedermark, membre de la direction du BDI, a insisté sur les risques pour la reprise économique, l'innovation et la confiance mutuelle, avertissant que « ce signal d'alarme » pourrait fragiliser durablement la coopération transatlantique.
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Ces tensions commerciales s'inscrivent dans un contexte déjà très tendu, alors que les négociations entre Washington et Bruxelles traînent depuis plusieurs mois, sans parvenir à un compromis durable. Face à une stratégie européenne qui misait sur la négociation prolongée et la recherche de concessions, la montée des enchères de Donald Trump pousse l'Union dans ses retranchements.
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