En Algérie, le patron du géant pétrolier Sonatrach, est limogé

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(Crédits : Reuters)
Le patron du géant algérien des hydrocarbures Sonatrach a été limogé mardi, une annonce survenant après celle de la mise en détention provisoire de la première fortune du pays, Issad Rebrab, victime de l'offensive judiciaire lancée contre de puissants patrons depuis la chute du président Bouteflika.

Le président algérien par intérim, Abdelkader Bensalah, a limogé le patron de la compagnie nationale des hydrocarbures (Sonatrach), Abdelmounen Ould Kaddour, a rapporté mardi 23 avril la télévision d'Etat. Aucune explication n'a été donnée pour cette décision, qui survient après l'annonce de la mise en détention provisoire de la première fortune du pays, Issad Rebrab.

Il est remplacé par l'actuel directeur de la production et de l'exploration de Sonatrach, Rachid Hachichi. M. Ould Kaddour avait été nommé en mars 2017 par le président Bouteflika - dont il était proche -, avec comme mission de réformer le géant public des hydrocarbures. Le groupe a été secoué ces dernières années par une série de scandales financiers qui ont fait l'objet d'enquêtes en Algérie et à l'étranger.

Les hydrocarbures rapportent à l'Algérie plus de 95% de ses recettes extérieures et contribuent pour 60% au budget de l'Etat. L'Algérie produit 1,2 million de barils par jour.

Une offensive judiciaire contre de puissants patrons

Depuis la démission le 2 avril du président Bouteflika, sous la pression d'un important mouvement de contestation populaire, la justice a ouvert des enquêtes contre plusieurs hommes d'affaires liés à l'ancien clan présidentiel.

Lundi, le PDG du principal groupe privé et première fortune du pays, Issad Rebrab, a été placé en détention provisoire. Il est le fondateur de Cevital, un conglomérat affirmant employer 18.000 salariés sur trois continents, dans l'agroalimentaire, le BTP, la sidérurgie, la distribution, l'électronique et l'électroménager. Le magazine Forbes estime sa fortune à 3,8 milliards de dollars, la première d'Algérie et la 6e d'Afrique.

Il est « soupçonné de fausses déclarations relatives à des mouvement de capitaux de et vers l'étranger, de surfacturation d'équipements importés et d'importation de matériel usagé malgré l'octroi d'avantages bancaires, fiscaux et douaniers », au matériel neuf, selon l'agence de presse officielle Algérie Presse Service (APS).

L'homme d'affaires avait fondé Cevital en 1998, un an avant l'arrivée au pouvoir d'Abdelaziz Bouteflika, sur les bases d'une entreprise sidérurgique, Metal Sider, créée dix ans plus tôt, quand l'économie de l'Algérie était encore profondément étatique.

Des relations tendues avec le clan présidentiel

Si ses activités ont prospéré sous la présidence Bouteflika (1999-2019), il entretenait cependant des relations tendues avec le clan présidentiel. Il était en conflit ouvert depuis 2015 avec les autorités, les accusant de bloquer ses investissements en Algérie. Le ministre de l'Industrie de l'époque Abdeslam Bouchouareb l'avait accusé d'importer et de surfacturer du matériel d'occasion.

En 2016, l'enquête journalistique des "Panama Papers" avait affirmé que M. Rebrab possédait un compte offshore depuis le début des années 1990, ce qui était strictement interdit par la loi algérienne. L'intéressé avait démenti.

Lundi, le PDG de Cevital avait, dans un tweet, nié avoir été arrêté, assurant s'être présenté à la gendarmerie dans le cadre d'une enquête sur le blocage, depuis près d'un an au port d'Alger par les autorités douanières, d'équipements industriels de son entreprise. Cevital n'a pas réagi dans l'immédiat à l'incarcération de son patron.

Cevital a notamment racheté en France le groupe électroménager Brandt (marques Brandt, De Dietrich, Sauter et Vedette) et le fabricant de portes et fenêtres Oxxo. Il y a également un projet de création d'usine de traitement de l'eau dans les Ardennes (nord-est). En Italie, il a racheté en 2015 les aciéries de Piombino (ex-Lucchini) avant d'être contraint par le gouvernement italien, qui l'accusait de n'avoir pas honoré ses engagements, de les céder en 2018 à l'Indien JSW Steel.

Accélérer les enquêtes

Quatre frères de la discrète mais influente famille Kouninef, propriétaire de l'important groupe KouGC, spécialisé notamment dans le génie civil, l'hydraulique et le BTP, ont également été arrêtés dimanche et déférés devant le parquet le 23 avril, selon les médias d'Etat. La famille est réputée proche de Saïd Bouteflika, frère et puissant conseiller de l'ex-président.

Selon APS, les frères Kouninef sont soupçonnés de « non respect des engagements contractuels dans la réalisation de projets publics, trafic d'influence avec des fonctionnaires publics pour l'obtention de privilèges et détournement de fonciers et de concessions ».

Début avril, l'ex-patron des patrons algériens, Ali Haddad, propriétaire notamment du 1er groupe de BTP d'Algérie et proche de M. Bouteflika, a été écroué après son arrestation nocturne à un poste frontière avec la Tunisie en possession de devises non déclarées.

Le 16 avril, le chef d'état-major de l'armée, le général Gaïd Salah, de facto l'homme fort de l'Algérie depuis qu'il a contribué à pousser M. Bouteflika à la démission, a appelé la justice à accélérer "la cadence de traitement" dans ses enquêtes sur des personnalités "ayant bénéficié indûment" d'argent public.

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Commentaires
a écrit le 25/04/2019 à 4:46 :
La grande lessive serait-elle en train ? Vive l'Algerie libre.
a écrit le 24/04/2019 à 11:42 :
Monsieur Rebrab est un grand homme pour son pays. Sa nuisance est d’être arrivé à faire survivre son entreprise dans une économie fermée car entre les mains d'une dictature.
Sa seconde nuisance est d'apparaitre comme un homme providentiel. Car c'est le cas. Le peuple algérien devrait s'inquiéter de l'arrestation grotesque de Monsieur Rebrab.
a écrit le 24/04/2019 à 10:17 :
"Les hydrocarbures rapportent à l'Algérie plus de 95% de ses recettes extérieures et contribuent pour 60% au budget de l’État."
Ces gens ont bien de la chance d'avoir les hydrocarbures car sans cela le pays n'existerait pas ou serait un second Haïti...
Quand on pense que ces gens, 57 ans après la fin de la guerre d'Algérie, ont été incapables de créer des richesses exportables, ça laisse pour le moins perplexe...
Réponse de le 24/04/2019 à 12:28 :
Bonjour faut depuis la soi-disant indépendance à chaque fois que algériens créent des richesses elles sont bloquées exemple pourquoi la Tunisie Maroc Algérie achètes 60% de blé français alors que l’on peut facilement en produire pour nous meme et vendre le surplus 90% des contrats sont des société française regarder le project desertec et se qu a dit le ministre allemand etc................. j’espère une chose que tout les coronpus et leur alliés seront traduit en justices
Réponse de le 24/04/2019 à 12:29 :
Bonjour faut depuis la soi-disant indépendance à chaque fois que algériens créent des richesses elles sont bloquées exemple pourquoi la Tunisie Maroc Algérie achètes 60% de blé français alors que l’on peut facilement en produire pour nous meme et vendre le surplus 90% des contrats sont des société française regarder le project desertec et se qu a dit le ministre allemand etc................. j’espère une chose que tout les coronpus et leur alliés seront traduit en justices
Réponse de le 24/04/2019 à 14:32 :
Pas de richesses exportables ? Et les petits beurres, alors ?
Réponse de le 24/04/2019 à 16:55 :
J'aime bien votre "Ces gens".
Le Beauf facho dans toute sa splendeur.
Réponse de le 24/04/2019 à 16:55 :
J'aime bien votre "Ces gens".
Le Beauf facho dans toute sa splendeur.
Réponse de le 24/04/2019 à 21:55 :
Non je ne pense pas, au contraire, le pétrole est une malédiction pour ce pays, et sans pétrole, ça serait plutôt entre un pays entre le Maroc et l’Espagne au niveau développement...

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