En Chine, l'inflation ralentit fortement en septembre

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La Chine n'est pas à l'abri d'un atterrissage brutal de son économie si Pékin n'engage pas des réformes structurelles, a prévenu le FMI la semaine dernière.
La Chine n'est pas à l'abri d'un "atterrissage brutal" de son économie si Pékin n'engage pas des réformes structurelles, a prévenu le FMI la semaine dernière. (Crédits : Reuters)
L'indice des prix à la consommation a nettement baissé en septembre sur un an, soulignant une nouvelle fois l'affaissement de la croissance du pays, selon les chiffres officiels publiés mercredi.

La hausse des prix à la consommation, s'est établie à 1,6% en septembre, en net recul par rapport au mois d'août où elle avait connu une accélération à 2% (son plus haut niveau depuis un an), a annoncé le Bureau national des statistiques (BNS). Cette progression est également inférieure aux attentes des économistes qui s'attendaient à 1,8%.

De son côté, pour le 43e mois consécutif, l'indice qui mesure l'évolution des prix à la production (PPI), a poursuivi son recul en septembre, plongeant de 5,9% sur un an, un chiffre identique à celui du mois d'août qui marquait alors son plus fort repli depuis quasiment six ans. Cet indice négatif pourrait être un signe de plus des difficultés de l'industrie chinoise, contrainte de sacrifier ses prix de vente face à une demande toujours morose.

Les entreprises chinoises, dont beaucoup de sociétés d'Etat, sont réticentes à s'engager dans des licenciements massifs et maintiennent leur production malgré la faiblesse de la demande, créant de la surproduction qui ajoute de la pression à la baisse sur les prix. Dans le secteur minier , très concerné par ce phénomène, les prix à la production ont ainsi reculé de 21,2 % sur un an en septembre.

L'inflation tirée par les prix alimentaires

Comme les mois précédents, l'inflation demeure très en deçà du niveau-cible de 3% que s'est fixé le gouvernement pour l'ensemble de l'année. Sur neuf mois, elle se situe ainsi à 1,4 % par an. Le ralentissement de la croissance et le déclin des cours des matières premières pèsent toujours sur le niveau des prix.

Cependant, alors que l'inflation avait glissé en janvier sous le seuil de 1% pour la première fois en cinq ans -laissant planer le spectre d'une spirale déflationniste- elle est sensiblement remontée ces derniers mois, mais c'est surtout en raison de la hausse des prix alimentaires, qui se sont appréciés de 3,7% sur un an. Hors effet des prix de l'alimentation, les prix chinois en septembre n'ont progressé que de 1 % (contre 1,1 % en août).

Selon les analystes de HSBC, ces chiffres "mettent en avant les pressions déflationnistes persistantes de l'économie chinoise."  La banque souligne que cette faible inflation pèse non seulement sur les profits, alourdit l'endettement considérable de l'industrie chinoise, mais conduit aussi "à de faibles attentes du marché sur les revenus et les prix." Ceci est particulièrement dangereux, car ce pourrait être le premier pas vers une spirale déflationniste qui menacerait la Chine.

La semaine dernière, le Fonds monétaire international (FMI) a prévenu que la Chine n'était pas à l'abri d'un "atterrissage brutal" de son économie si Pékin ne s'engageait pas "dans des réformes de structures." La croissance chinoise officielle (et très contestée) est à son plus bas niveau depuis près d'un quart de siècle, à 7,3% l'an dernier, un déclin qui s'est poursuivi cette année, avec 7% de croissance pour le premier semestre, accompagné d'une demande atone. La question que se pose désormais le marché est de savoir si la Banque centrale va à nouveau abaisser ses taux pour contrer le risque déflationniste.

Les Bourses chinoises en baisse

La publication de cet indicateur a semé le doute chez les investisseurs. Mercredi, la Bourse de Shanghai a terminé à 3.262,44 points, en baisse de 0,93%. De son côté, la Bourse de Shenzen a perdu 1,20% à 1.884,16 points. Enfin, en ce qui concerne la place boursière de Hong Kong,  l'indice des entreprises chinoises a reculé de 0,99%.

Publié le 14/10/2015 à 09:18. Mis à jour le 14/10/2015 à 10:20.

(Avec AFP)

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Commentaires
a écrit le 14/10/2015 à 18:17 :
D'ici qu'on soit obligés de rappeler Mahame L'Hagarde pour qu'elle arrête la crise de son bras vengeur et musclé, on est pas dans la mouise...

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