Etats-Unis : le PDG d'une entreprise de charbon plaide... pour les accords climatiques

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Environ 21% de l'énergie produite aux Etats-Unis l'est encore par des centrales au charbon mais les régions minières ont particulièrement souffert de la concurrence ces dernières années du gaz naturel et des énergies renouvelables.
Environ 21% de l'énergie produite aux Etats-Unis l'est encore par des centrales au charbon mais les régions minières ont particulièrement souffert de la concurrence ces dernières années du gaz naturel et des énergies renouvelables. (Crédits : REUTERS/Kristina Barker)
Colin Marshall, à la tête de la troisième entreprise du secteur, a demandé au président américain de ne pas ignorer les deux tiers des Américains qui estiment que le CO2 joue un rôle dans le changement climatique. Selon la presse américaine, d'autres entreprises de charbon suivent le même chemin.

Le PDG de la troisième entreprise charbonnière américaine, Cloud Peak Energy, a envoyé jeudi une lettre à Donald Trump pour lui demander de respecter les accords de Paris sur la lutte contre le réchauffement climatique. Dans cette missive, publiée par le site d'information Axios, Colin Marshall écrit notamment "qu'en tant que producteur de charbon, nous ne voulons pas ignorer les deux tiers des Américains qui estiment que le changement climatique est une réalité et que les émissions de CO2 jouent un rôle".

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Donald Trump a signé fin mars un "décret sur l'indépendance énergétique" qui ordonne un réexamen d'une mesure-phare de son prédécesseur démocrate: le "Clean Power Plan", qui impose aux centrales thermiques, et notamment à charbon, des réductions de leurs émissions de CO2. Environ 21% de l'énergie produite aux Etats-Unis l'est encore par des centrales au charbon mais les régions minières ont particulièrement souffert de la concurrence ces dernières années du gaz naturel et des énergies renouvelables.

Un décision d'ici fin mai sur l'accord de Paris

"Les technologies existent actuellement qui peuvent répondre aux préoccupations sur le climat tout en nous permettant de bénéficier d'une ressource naturelle abondante comme le charbon", souligne Colin Marshall. "Tout en amendant l'engagement des Etats-Unis sur les émissions de CO2 pour remédier aux dégâts économiques que cela inflige au pays", le PDG de Cloud Peak Energy demande à Donald Trump de "rester au sein de l'accord de Paris et d'utiliser l'influence des Etats-Unis pour s'assurer que les énergies fossiles restent un moteur de la prospérité mondiale pour l'avenir prévisible, tout en répondant aux préoccupations sur le changement climatique".

Lire aussi : Etats-Unis : dix-sept Etats contestent le décret de Trump sur le climat

Selon la presse américaine, d'autres entreprises du secteur, et notamment la première, Peabody Energy, tentent de persuader l'administration Trump de respecter ces accords. La Maison Blanche avait en effet indiqué la semaine dernière que le président, qui a pris ses fonctions en janvier, prendrait "d'ici la fin mai" position sur le maintien ou non des Etats-Unis au sein de l'Accord de Paris. Celui-ci a été conclu en décembre 2015 dans la capitale française pour tenter de limiter le réchauffement en cours de la planète.

(Avec AFP)

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a écrit le 08/04/2017 à 11:41 :
Au moins il reste des gens responsables qui ont compris que la pollution engendre des catastrophes à une telle échelle, avec des effets de seuil, qui font que la situation risque de devenir ingérable.

Malgré tout il reste des nostalgiques de la mine. Une espèce de "tradition du travail" du temps de Zola ?
Germinal cela date tout de même de plus de 130 ans et cela donne un aperçu de l’archaïsme de certains courants de pensée socio-économique.
Comme si à défaut d'inventivité, il fallait soit creuser, soit pomper, à l'image des Shadoks.

Heureusement, il y a deux phénomènes positifs :
- une diminution de la consommation de charbon en 2016 et déjà une surcapacité d'extraction de charbon, qui devrait rendre le marché peu rentable.
- de nombreux pays arrivent déjà à produire de électricité moins chère, grâce au solaire photovoltaïque (voir rapport BNEF et new-energy-outlook), avec un record à 29,10 $/MWh.

La Chine, plus gros consommateur mondial de charbon devrait faire de gros efforts, d'autant plus quelle est devenue le premier producteur mondial de panneaux photovoltaïques.
a écrit le 08/04/2017 à 8:23 :
Suite. Je complète ma réponse. D'accord pour les entreprises qui ne sont pas soumises à la concurrence. Prenons le cas de l'aviation. AIRBUS n'appliquera peut être pas cette mesure, mais AIRFRANCE l'appliquera pour ne pas disparaître, ce qui va bientôt arriver. Notre industrie a déjà perdu beaucoup de bons éléments; arrêtons cette hémorragie. Encore merci.
a écrit le 07/04/2017 à 14:18 :
Je tiens à saluer la prise de position de Colin Marshall qui, à l'instar d'autres patrons d'entreprises intervenant dans le secteur de l'extraction du charbon, a demandé au président américain de ne pas ignorer les deux tiers des Américains qui estiment que le CO2 joue un rôle dans le changement climatique. Cette intervention qui l'honore rejoint ce que la chronique proposée le 30 mars dernier sur la webradio webtv indépendante AWI www.awi1.com faisait valoir sous le titre "Trump au charbon" .
Réponse de le 08/04/2017 à 8:36 :
Marshall a réagit à la mesure prise par Trump. Trump a eu raison de dire quelque chose. Merci.
a écrit le 07/04/2017 à 10:27 :
Trump a raison de remettre en cause les accords sur le climat. Personne y comprend quelque chose dans ce domaine, même et surtout les producteurs d'énergie. Il faut taxer l'énergie et utiliser cette taxe pour réduire le cout du travail. C'est aux politiques de donner leur avis. En France, personne n'évoque ce problème: ignorance, incompétence? Hulot avait abordé ce problème.
Réponse de le 07/04/2017 à 12:30 :
Personne n'y comprend rien à ces accords ? Ben peut être que vous ne comprenez rien, mais moi je comprends
(Et d'accord pour taxer l'énergie, ce n'est pas du tout incompatible avec l'accord de Paris)
Réponse de le 08/04/2017 à 1:18 :
L'exemple même de la grosse arnaque. Les français surtout ceux qui n'ont pas les moyens d'investir dans des travaux d'économie d'énergie vont subir de fortes hausses de taxes et les entreprises vont utiliser les baisses de charge pour remonter les marges et prendre les marchés export. Donc au final, une grosse baisse du pouvoir d'achat et un transfert supplémentaire des charges vers le contribuable. Croire qu'une baisse de charges sera répercutée sur les prix, il faut être bien naïf pour le croire et l'histoire récente le démontre bien.
Réponse de le 08/04/2017 à 8:10 :
Merci pour votre réponse. Pourquoi ne pas envisager ma proposition et surtout l'éliminer d'office? Cela correspond à la situation en Allemagne dont les résultats économiques sont plutôt favorables. Et aussi à celle de la Suède où l'économie est satisfaisante. Il suffirait d'accepter l'idée de notre prix Nobel d'économie, Jean Tirole, de mettre une taxe sur l'énergie, et ensuite de rechercher l'utilisation de cette taxe, ce qui correspond à appliquer la note n°6 du CAE.
Réponse de le 09/04/2017 à 7:42 :
@brice. Si vous avez compris, il serait souhaitable que vous nous l'expliquiez. Les discutions au sein de l'Europe semblent plutôt difficiles. Lisez le livre de Claude Turmes sur la transition énergétique. Il vaudrait mieux agir en marge de l'Europe pour appliquer la bonne solution qui consiste à taxer l'énergie. Merci.
a écrit le 07/04/2017 à 9:36 :
A propos de charbon où en sommes nous de cette catastrophe planétaire qui est un des plus gros producteurs de CO2 ?

"Les incendies dans les mines de charbon" http://www.agoravox.fr/actualites/environnement/article/les-incendies-dans-les-mines-de-98981

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