Donald Trump s'en va-t-en guerre contre les drogues. Le président américain a dévoilé mardi ses intentions pour lutter contre la "crise des opioïdes", à l'origine de dizaine de milliers de morts par overdose chaque année aux Etats-Unis, lors d'une conférence de presse à Bedminster (New-Jersey).
En présence du ministre de la Santé, Tom Price, le locataire de la Maison-Blanche s'est dit en faveur d'une "application stricte de la loi", qu'il considère comme "vitale pour avoir une société libérée de la drogue".
Les Etats-Unis font face à une sérieuse problématique sanitaire ces dernières années. Depuis 2008, les overdoses tuent plus que les accidents de la route outre-Atlantique. Les statistiques les plus récentes dénombrent plus de 50.000 victimes, et les experts sont très pessimistes pour les années à venir.
Dans environ 6 cas sur 10, les overdoses sont dues à une prise, légale ou non, d'opioïdes. De la même famille que la morphine, ces substances sont prescrites en tant qu'anti-douleur, comme la codéine par exemple. Sur le marché noir, l'opioïde le plus connu est l'héroïne.
Donald Trump a d'ailleurs rappelé que "les overdoses sont la première cause de mort par accident aux Etats-Unis, et les overdoses dues aux opioïdes ont presque quadruplé depuis 1999". Parallèlement, "les poursuites judiciaires ont chuté ces dernières années", a-t-il comparé, promettant de les remettre à niveau rapidement.
Alertes en temps réel sur les informations économiques majeures.

La veille de la conférence de presse, une étude parue dans l'American Journal of Preventive Medicine, a révélé que les décès des suites d'une overdose sont sous-estimés, et qu'ils y auraient, en réalité, près de 25% de victimes supplémentaires. L'information n'avait pas échappé à Donald Trump, qui avait d'ailleurs retweeté le reportage de Fox News.
Si le président Trump a clairement affiché ses intentions, il n'a en revanche rien annoncé de nouveau. Pourtant, la commission de la Maison-Blanche sur la crise des opioïdes, présidée par le gouverneur du New-Jersey Chris Christie, a déjà formulé plusieurs recommandations, notamment de déclarer l'état d'urgence sanitaire. Une option retoquée par le ministre de la Santé. Tom Price a rappelé que ce dispositif est surtout déclenché pour des crises de court terme, comme le virus Zika par exemple.
Tom Price a en revanche indiqué que l'administration compte assurer l'accès, partout sur le territoire américain, du naloxone, un traitement anti-overdose qui permet notamment de sortir une victime du coma.
Côté régalien, le ministre de la Justice Jeff Sessions a récemment annoncé l'inscription de nouveaux délits pour lutter contre la distribution illicite d'opioïdes. Une nouvelle unité de police sera chargée de détecter les abus. Enfin, l'agence chargée de la lutte anti-drogue et de la régulation des médicaments, la DEA, avait déjà annoncé fin 2016 son intention d'abaisser les quotas de production d'anti-douleurs.
> Lire aussi : Anti-douleurs : les États-Unis veulent se désintoxiquer
Bien moins touchée par le phénomène, la France a tout de même dû durcir le ton cette année. Mi-juillet, la ministre de la Santé a publié un arrêté interdisant la vente sans ordonnance de médicaments contenant de la codéine et autres dérivés de l'opium.
À lire également
Cette décision fait suite à plusieurs cas de détournements de ces produits, auparavant en vente libre, par des adolescents pour fabriquer un cocktail nommé le "Purple Drank", mélange de soda, d'antihistaminiques et de codéine. La mère d'une jeune fille de 16 ans décédée le 2 mai dernier dans les Yvelines d'une overdose aux opiacés a lancé une pétition pour l'interdiction de cette "nouvelle drogue des ados".
Pêche : la transformation artisanale, une solution pour survivre ?
Japon, États-Unis, Europe… Les pays où le nombre de millionnaires a le plus augmenté en 2025
17 colis par an par Francilien : l'impact massif des livraisons en Île-de-France
La pérennisation du dispositif zéro chômeur longue durée à l’épreuve des contraintes budgétaires