Etats-Unis : Trump mise sur la répression pour lutter contre les overdoses

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Donald Trump a d'ailleurs rappelé que les overdoses sont la première cause de mort par accident aux Etats-Unis, et les overdoses dues aux opioïdes ont presque quadruplé depuis 1999.
Donald Trump a d'ailleurs rappelé que "les overdoses sont la première cause de mort par accident aux Etats-Unis, et les overdoses dues aux opioïdes ont presque quadruplé depuis 1999". (Crédits : JONATHAN ERNST)
Le président américain s'est dit en faveur d'une "application stricte de la loi" pour lutter contre le trafic de drogue, à l'heure où plus de 50.000 Américains meurent chaque année d'une overdose.

Donald Trump s'en va-t-en guerre contre les drogues. Le président américain a dévoilé mardi ses intentions pour lutter contre la "crise des opioïdes", à l'origine de dizaine de milliers de morts par overdose chaque année aux Etats-Unis, lors d'une conférence de presse à Bedminster (New-Jersey).

En présence du ministre de la Santé, Tom Price, le locataire de la Maison-Blanche s'est dit en faveur d'une "application stricte de la loi", qu'il considère comme "vitale pour avoir une société libérée de la drogue".

"Nous sommes également très très durs à la frontière du Sud, d'où vient la plupart [de ces substances]. Et nous sommes en train de discuter avec la Chine, d'où proviennent certaines formes de drogues de synthèse et c'est mal", a-t-il ajouté.

"La première cause de mort par accident aux Etats-Unis"

Les Etats-Unis font face à une sérieuse problématique sanitaire ces dernières années. Depuis 2008, les overdoses tuent plus que les accidents de la route outre-Atlantique. Les statistiques les plus récentes dénombrent plus de 50.000 victimes, et les experts sont très pessimistes pour les années à venir.

Dans environ 6 cas sur 10, les overdoses sont dues à une prise, légale ou non, d'opioïdes. De la même famille que la morphine, ces substances sont prescrites en tant qu'anti-douleur, comme la codéine par exemple. Sur le marché noir, l'opioïde le plus connu est l'héroïne.

Donald Trump a d'ailleurs rappelé que "les overdoses sont la première cause de mort par accident aux Etats-Unis, et les overdoses dues aux opioïdes ont presque quadruplé depuis 1999". Parallèlement, "les poursuites judiciaires ont chuté ces dernières années", a-t-il comparé, promettant de les remettre à niveau rapidement.

La veille de la conférence de presse, une étude parue dans l'American Journal of Preventive Medicine, a révélé que les décès des suites d'une overdose sont sous-estimés, et qu'ils y auraient, en réalité, près de 25% de victimes supplémentaires. L'information n'avait pas échappé à Donald Trump, qui avait d'ailleurs retweeté le reportage de Fox News.

> Lire aussi : Etats-Unis : les overdoses tuent bien plus que les accidents de la route

Pas d'état d'urgence

Si le président Trump a clairement affiché ses intentions, il n'a en revanche rien annoncé de nouveau. Pourtant, la commission de la Maison-Blanche sur la crise des opioïdes, présidée par le gouverneur du New-Jersey Chris Christie, a déjà formulé plusieurs recommandations, notamment de déclarer l'état d'urgence sanitaire. Une option retoquée par le ministre de la Santé. Tom Price a rappelé que ce dispositif est surtout déclenché pour des crises de court terme, comme le virus Zika par exemple.

"Nous pensons que, pour le moment, les ressources dont nous avons besoin, ou l'attention que nous avons besoin d'apporter à la crise des opioïdes, sont suffisants pour la traiter sans déclarer l'état d'urgence", a-t-il réagi lors de la conférence de presse, rapporte le Wall Street Journal.

Tom Price a en revanche indiqué que l'administration compte assurer l'accès, partout sur le territoire américain, du naloxone, un traitement anti-overdose qui permet notamment de sortir une victime du coma.

Côté régalien, le ministre de la Justice Jeff Sessions a récemment annoncé l'inscription de nouveaux délits pour lutter contre la distribution illicite d'opioïdes. Une nouvelle unité de police sera chargée de détecter les abus. Enfin, l'agence chargée de la lutte anti-drogue et de la régulation des médicaments, la DEA, avait déjà annoncé fin 2016 son intention d'abaisser les quotas de production d'anti-douleurs.

> Lire aussi : Anti-douleurs : les États-Unis veulent se désintoxiquer

La codéine en vente sur ordonnance en France

Bien moins touchée par le phénomène, la France a tout de même dû durcir le ton cette année. Mi-juillet, la ministre de la Santé a publié un arrêté interdisant la vente sans ordonnance de médicaments contenant de la codéine et autres dérivés de l'opium.

Cette décision fait suite à plusieurs cas de détournements de ces produits, auparavant en vente libre, par des adolescents pour fabriquer un cocktail nommé le "Purple Drank", mélange de soda, d'antihistaminiques et de codéine. La mère d'une jeune fille de 16 ans décédée le 2 mai dernier dans les Yvelines d'une overdose aux opiacés a lancé une pétition pour l'interdiction de cette "nouvelle drogue des ados".

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Commentaires
a écrit le 12/08/2017 à 22:10 :
S u ils arrête le Coca-Cola
a écrit le 10/08/2017 à 14:01 :
"la ministre de la Santé a publié un arrêté interdisant la vente sans ordonnance de médicaments contenant de la codéine et autres dérivés de l'opium"

On se demande juste comment ces médicaments se sont retrouvés en vente libre. Enfin on sait bien, lobby pharmaceutique qui a acheter les bons politiciens au bon moment.

Au secours
Réponse de le 11/08/2017 à 11:51 :
Tout à fait d'accord, tout comme la vente d'autres médicaments interdits puis de nouveau en vente suite à une petite modification moléculaire...
Réponse de le 11/08/2017 à 15:12 :
Exactement, c'est quand même pas une molécule de rien du tout qui va les empêcher de faire du pognon non mais oh !

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