Ferme éolienne : un projet de 750 millions d'euros en Iran

 |   |  568  mots
Le développement des énergies renouvelables comme l'éolien devrait permettre à l'Iran d'exporter plus de pétrole et de gaz.
Le développement des énergies renouvelables comme l'éolien devrait permettre à l'Iran d'exporter plus de pétrole et de gaz. (Crédits : Ali Madjfar/wikimédia commons/CC)
La Suisse veut développer l'éolien en Iran. Quelques mois après la levée des sanctions économiques contre Téhéran, le marché des énergies renouvelables est en plein boom.

Les énergies renouvelables ont le vent en poupe en Iran. Le groupe international Meci basé en Suisse vient de signer un accord avec le gouvernement iranien pour construire une ferme éolienne de 750 millions d'euros d'après Bloomberg.

Le projet qui est localisé dans les régions montagneuses au nord de l'Iran, aurait une capacité de 270 mégawatts selon une déclaration de la firme. Les tests de turbines ont déjà lieu sur place selon le président de Meci, Jeremiah Josey.

Un fort potentiel de croissance

M.Josey a souligné que "l'Iran est arrivé à un moment intéressant de son histoire.[...] Il y a beaucoup de croissance à capter. Ils sont en train de rattraper 20 ans de retard technologique en cinq ans." Depuis la levée des sanctions économiques contre l'Iran relatives au respect de l'accord sur le nucléaire, le pays a reçu plus de 150 délégations étrangères commerciales selon Bloomberg. Les représentants des délégations cherchent en effet à conquérir un marché de plus de 80 millions d'habitants. Par ailleurs, le ministre iranien de l'Energie Hamid Chitchian avait déclaré en juillet dernier dans une interview que la production plus intensive d'énergie verte sur le territoire allait permettre au pays d'exporter plus d'énergie fossile à l'étranger.

L'entreprise Meci a signé un accord de cinq ans avec le ministre de l'Energie iranien dans lequel le prix de rachat de l'énergie produite est fixe. M. Josey a ajouté que le contrat pourra être étendu.

Meci financera le projet par des emprunts et des partenaires détenant des fonds de capitaux propres selon le PDG. Le groupe suisse a également obtenu un accord  pour bâtir une installation de cogénération d'énergie (chaleur et électricité) qui sera alimentée par du gaz naturel pour une capacité de 100 mégawatts. Meci a pour objectif d'installer des infrastructures produisant plus d'un gigawatt d'énergie propre en Iran à partir du solaire et de l'éolien.

Le Danemark avait également montré son intérêt il y a quelques mois pour soutenir le développement du secteur des énergies renouvelables en Iran. Le pays scandinave avait exploré la possibilité de mettre en place une filière pour la fabrication d'éoliennes afin de faciliter les exportations dans la zone. L'Espagne et l'Azerbaijan ont également exprimé leurs intérêts pour développer la filière des énergies vertes.

Un secteur de l'énergie à développer

Dans une étude intitulée "Iran : Back in the game ?", des économistes de l'assureur crédit Euler Hermes ont étudié le potentiel de croissance et d'investissements en Iran. Les acteurs économiques de l'Union européenne devraient en être les premiers bénéficiaires notamment pour les exportations. L'Allemagne figure en première position des bénéficiaires suivie de la France et de l'Italie. Par ailleurs, le cabinet juridique Watson Farley and Williams spécialisé dans le secteur de l'énergie, rappelait également dans une note publiée en mai dernier que l'Iran avait adopté une réglementation favorisant le développement des énergies renouvelables sur son territoire à court terme.

En décembre prochain, le Green Power Global, l'un des plus grands congrès sur les énergies renouvelables au niveau mondial, devrait avoir lieu à Téhéran. Ce sera l'occasion pour des entreprises européennes de conquérir de nouveaux marchés dans ce secteur en plein développement.

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 21/09/2016 à 22:03 :
Comme les russes leur font leur nucléaire et que l'on n'a pas développé les renouvelables assez vite auparavant en France on ne peut pas leur exporter d'éoliennes sinon assembler du Vestas, General Electric, Gamesa etc comme le Fait EDF-EN, du solaire (sinon également des technologies principalement externes), ou autre. C'est toujours la même erreur du lobby nucléaire et des politiques (essentiellement de droite et d'extrême-droite ou par ailleurs communistes et CGT) qui ont voulu maintenir une rente de la dangereuse filière uranium et génération 3 dépassée au rendement de 36% seulement pour un EPR contre 33% pour la 2e gén. Très bon reportage d'ailleurs d'Arte hier sur la filière à sels fondus et thorium (complémentaire à la recherche de terres rares pour l'électronique et certaines renouvelables) qui souligne "l'intérêt" du monde (plus exactement lobby) de la filière uranium pour maintenir la rente du traitement des déchets de plus de 100.000 ans de durée de vie et la prolongation des vieilles centrales qui va rapidement trop accroître les risques et qui au final s'enfonce au travers d'Areva ou d'EDF endetté à plus de 37 milliards d'euros et qui a à charge en plus Hinkley Point qui produira le MWh autour de 114 euros si tout va bien d'ici 2025 alors que le solaire est à 20 euros le MWh aux Emirats Arabes Unis (parc Sino-japonais), 25 euros en Amérique latine (parc Espagnol) et qu'il est prévu encore en baisse de 70% d'ici à 5 ans par le spécialiste des renouvelables BNEF. Même si c'est plus cher en France, du solaire à 40 euros le MWh sous peu est envisageable (il est à moins de 70 euros le MWh actuellement). Et comme les prix du stockage sont aussi en forte baisse régulière on comprend que pour les intérêts d'une minorité on va voir Areva et EDF s'enfoncer et les avoir encore plus à charge, sans parler d'un accident nucléaire qui est statistiquement de plus en plus probable en France avec le vieillissement du parc qui ne peut être entièrement rénové (cuves etc) et qui peut coûter entre 500 et 1000 milliards d'euros pour un seul réacteur selon EDF (on en a 58 !). Bref on est dans une impasse qui va être de plus en plus problématique si on continue dans cette vieille direction uranium génération 3 et déchets ingérables. Certains ont sous estimé les allemands en les critiquant mais il avaient intégré le problème du stockage qui était un fiasco dans des galeries salines ainsi que le coût. Et s'ils ont temporairement émis plus de C02 avec leur charbon (bien que leurs centrales soient rénovées), en analysant les chiffres d'années en années on constate que leur choix que l'on disait uniquement "politique" était en réalité plus réfléchi car compte tenu des coûts affichés en Allemagne, Grande Bretagne etc (et le plus souvent relativisés et cachés en France) du nucléaire, de son démantèlement, du stockage, du développement d'une éventuelle nouvelle filière etc comparé au choix vers des énergies renouvelables présentes partout dans le monde et avec leurs capacités technologiques et leur 1ere place mondiale en efficacité énergétique, certains vont sans doute regretter d'avoir rigolé trop vite. Certes pour l'électrique ils sont encore à 42% de charbon (car partaient de très loin vue leur sous sol et histoire industrielle) mais dépassent aujourd'hui 35% d'énergies renouvelables. Ils ont donc drastiquement limité les risques nucléaires, les coûts plus élevés, et les problèmes de stockage ultra longue durée alors qu'ils ne disposent pas d'endroits adéquats. Ils vont commencer à voir le bout du tunnel d'une transition forcément difficile, nous on commence à y rentrer avec 58 réacteurs uranium d'environ 34 ans d'âge moyen, des déchets pour plus de 100.000 ans et des opérateurs l'un quasi en faillite et l'autre dont la note va être bientôt dégradée car trop endetté.

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :