Guerre en Ukraine : Berlin maintient qu'il ne livrera pas de missiles de longue portée
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Voilà la limite que Berlin refuse de franchir. Ce vendredi, le chancelier Olaf Scholz a annoncé que l'Allemagne ne changera rien à sa décision de ne pas livrer à l'Ukraine de missiles de longue portée.
Le dirigeant allemand n'a cessé de réaffirmer son opposition à ce que son pays, plus grand contributeur européen d'aides financières et militaires à l'Ukraine, livre à Kiev des missiles longue portée Taurus, de fabrication allemande.
Le président ukrainien Volodymyr Zelensky réclame depuis plusieurs mois ces armes d'une portée de plus de 500 kilomètres qui pourraient atteindre le territoire russe en profondeur. De nombreux élus allemands, y compris au sein de la coalition d'Olaf Scholz, demandent au chancelier de franchir le pas.
Un feu vert à l'utilisation de missiles à longue portée occidentaux contre la Russie est d'ailleurs au menu de discussions vendredi à la Maison Blanche entre le Premier ministre britannique Keir Starmer et Joe Biden.
Kiev espère obtenir des deux dirigeants une plus grande liberté d'action pour utiliser les missiles Storm Shadow livrés par le Royaume-Uni et pour les ATACMS fournis pas les Etats-Unis, des armes d'une portée maximale de plusieurs centaines de kilomètres qui permettraient d'atteindre des sites logistiques de l'armée russe et des aérodromes d'où décollent ses bombardiers.
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Interrogé sur ce sujet, le porte-parole d'Olaf Scholz, Steffen Hebestreit, a déclaré que « les armes dont les États-Unis et la Grande-Bretagne discutent actuellement sont des armes que nous n'avons pas fournies (...) et à cet égard, il n'y a pas de changement ». Olaf Scholz est « très ferme » sur ce sujet, a-t-il ajouté.
Depuis le début de l'invasion russe en Ukraine, le chef du gouvernement allemand s'est à plusieurs reprises aligné sur les décisions de Washington concernant les livraisons d'armes à l'Ukraine, se coordonnant étroitement avec le président Joe Biden. Mais le chancelier doit maintenir un fragile équilibre entre son engagement d'aider l'Ukraine « aussi longtemps qu'il le faudra » et les craintes d'une partie de l'opinion publique qui s'inquiète d'une possible escalade. Issu d'une longue tradition pacifiste, le parti social-démocrate du chancelier est en chute libre dans les sondages, largement battu dans deux élections régionales récentes par le parti d'extrême droite AfD, opposé au soutien militaire à l'Ukraine.
Le sujet est d'autant plus clivant que ce vendredi, l'ambassadeur russe à l'ONU a fermement mis en garde vendredi les Occidentaux contre la possibilité d'autoriser Kiev à utiliser ces armes, qui engagerait l'Otan « dans une guerre directe » contre une « puissance nucléaire ».
l'ambassadeur russe Vassili Nebenzia, dénonçant cette « tendance inquiétante », a souligné les avertissements du président Vladimir Poutine, au moment où les dirigeants américain et britannique doivent discuter de cette question à Washington. « Ce développement potentiel change fondamentalement nos relations avec l'Occident », a insisté l'ambassadeur.
« Si la décision de lever les restrictions est vraiment prise, cela voudra dire que dès ce moment, les pays de l'Otan mèneront une guerre directe contre la Russie. Dans ce cas nous devrons, comme vous le comprenez, prendre les décisions adéquates avec toutes les conséquences que les agresseurs occidentaux pourront encourir », a-t-il mis en garde.
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Les Etats-Unis ont eux répondu en accusant une nouvelle fois la Russie d'avoir reçu des missiles balistiques de l'Iran. « Les transferts de l'Iran représentent une escalade dramatique et un développement déstabilisateur », a déclaré l'ambassadeur américain adjoint Robert Wood, accusant d'autre part la Corée du Nord d'avoir livré missiles et munitions à la Russie, et la Chine de fournir des « composants » pouvant servir au secteur russe de la défense. « Il est clair qu'il y a un besoin urgent d'aider l'Ukraine à se défendre des attaques de missiles », a-t-il ajouté, sans mentionner la question des missiles de longue portée.
(Avec AFP)
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