C'est un revers qui commence à ressembler à une déroute. Six jours après le lancement de l'offensive ukrainienne dans la région de Koursk, l'armée russe paraît toujours incapable de repousser l'ennemi sur son propre sol. Elle est suffisamment débordée pour que les autorités instaurent ce samedi un régime spécial d'« opération antiterroriste » dans trois régions frontalières : celle de Koursk donc, mais aussi dans les oblasts de Belgorod, où des incursions seraient également signalées, et de Briansk.
C'est mardi matin que des troupes ukrainiennes ont pénétré en territoire russe. Si d'autres intrusions avaient eu lieu par le passé, notamment en mars, celle-ci est d'un tout autre calibre. Elle implique l'utilisation coordonnée de drones, de blindés, de chars, mais surtout de troupes régulières, entre 1 000 et 5 000 hommes selon les estimations. Très mobiles et profitant de l'effet de surprise, les brigades ukrainiennes ont rapidement enfoncé la première ligne de défense. Puis, se déployant dans deux directions, elles auraient avancé de plusieurs dizaines de kilomètres, s'emparant de nombreux villages.
Il semble aussi établi que les troupes de Kiev soient désormais maîtres de la petite ville de Soudja, car elle abrite une station de Gazprom par où transite le gaz fourni à l'Europe. Pourraient-elles pousser jusqu'à la centrale nucléaire de Kourtchatov, située tout de même à près de 50 km des combats ? Hier, l'agence de l'énergie atomique russe Rosatom n'a pas écarté cette possibilité, soulignant le risque de « frappes ou de provocations ». Pour contrer cette percée, Moscou a bien envoyé des renforts, notamment aériens. Mais face à la mobilité des unités ukrainiennes, les avions peinent à être efficaces.