Enquête : la Russie accro à Telegram
Estelle Levresse
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Pavel Dourov, le fondateur de la messagerie cryptée Telegram.
ALAMY/ABACA
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Pavel Dourov, le fondateur de la messagerie cryptée Telegram.
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Commentaires affolés sur les réseaux sociaux, rassemblements de soutien à Pavel Dourov dans plusieurs villes du pays, avions en papier - une référence au logo de la messagerie Telegram - déposés devant l'ambassade de France à Moscou, tee-shirts et bracelets portant le hashtag #FreeDurov vendus sur Internet... L'arrestation en France, il y a huit jours, du dirigeant de Telegram a provoqué un vent d'indignation mais surtout de panique en Russie. Le milliardaire russe de 39 ans, détenteur d'un passeport français mais aussi émirati et de l'archipel des Caraïbes de Saint-Kitts-et-Nevis, est poursuivi dans le cadre d'une enquête lancée par la section de lutte contre la cybercriminalité du parquet de Paris. Celle-ci porte sur douze chefs d'accusation parmi lesquels la complicité de diffusion de matériel pédopornographique et de trafic de stupéfiants, le blanchiment d'argent et le refus de collaborer avec les autorités dans le cadre d'enquêtes. L'homme d'affaires, libertarien revendiqué, rejette toute modération de contenu sur sa plateforme. Celle-ci compte environ 950 millions d'utilisateurs mensuels dans le monde et pèserait, selon son créateur, plus de 30 milliards de dollars. À l'issue d'une garde à vue de quatre-vingt-seize heures, Pavel Dourov a été libéré contre une caution de 5 millions d'euros. Mais il est désormais soumis à un contrôle judiciaire strict avec interdiction de quitter le territoire français et obligation de pointer deux fois par semaine au commissariat.
Estelle Levresse
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