Guerre en Ukraine : l'Europe vient en aide aux assureurs
latribune.fr
Techniquement, le dispositif de la Berd a été mis sur pied avec le courtier d'assurance britannique Aon et doit permettre aux assureurs ukrainiens de couvrir les risques via les sociétés de réassurance internationales.
MICHAEL BUHOLZER
La Banque européenne pour la reconstruction et le développement (Berd) lance ce jeudi un programme de garantie pour aider les assureurs ukrainiens à couvrir les risques liés à la guerre.
C'est une manière discrète, mais efficace de venir en aide à l'Ukraine. La Banque européenne pour la reconstruction et le développement met en route ce jeudi un programme de garantie qui vise à soutenir les assureurs ukrainiens dans leur couverture des risques liés à la guerre.
Cette garantie permettra« de construire un marché de l'assurance résilient en Ukraine »et de« débloquer et accélérer les investissements »dans le pays, promet la présidente de la Berd, Odile Renaud-Basso, citée dans un communiqué.
Techniquement, le dispositif de la Berd a été mis sur pied avec le courtier d'assurance britannique Aon et doit permettre aux assureurs ukrainiens de couvrir les risques via les sociétés de réassurance internationales. Déjà, une somme de 110 millions d'euros est garantie par la France, le Royaume-Uni et la Norvège. En outre, l'Union européenne et la Suisse se sont engagées sur un soutien supplémentaire. De son côté, Taïwan finance un « fonds technique de coopération ».
Dans un premier temps, le mécanisme couvrira le transport de marchandises par voie terrestre, les dommages aux véhicules automobiles et le matériel roulant ferroviaire, mais pourra être élargi. « Le risque de guerre est couramment pris en charge dans l'assurance maritime et aérienne, mais pas dans d'autres secteurs de l'assurance. C'est donc un instrument quelque peu innovant », a fait valoir Francis Malige, directeur pour les institutions financières à la BERD, lors d'un point presse.
« Nous avons identifié un besoin »en particulier pour« les gens qui expédient des marchandises en Ukraine et ont besoin que leurs wagons et leurs camions soient assurés »dans le pays, a-t-il ajouté.
Comme ces assurances sont généralement à court terme, la garantie sera réutilisée sur des contrats successifs, ce qui pourrait faciliter l'assurance de plus d'un milliard d'euros de marchandises et de véhicules en transit chaque année, espère l'institution.
Des réassureurs en retrait avec la guerre
L'invasion de l'Ukraine par la Russie en février 2022 avait vu les réassureurs internationaux (qui couvrent les assureurs) se retirer largement du marché - limitant la capacité des assureurs locaux à proposer des protections contre les risques de guerre. Certes, des assurances ukrainiennes fournissent déjà une garantie, mais pour des montants extrêmement limités.
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Par ailleurs, d'autres mécanismes d'assurance des risques de guerre existent en Ukraine, dont un sur les exportations de biens ukrainiens transitant par la mer Noire, partenariat entre l'assureur américain Marsh McLennan, le marché de l'assurance britannique Lloyd's et le gouvernement ukrainien. D'abord mis en place pour les produits agricoles, il a été étendu en mars aux biens industriels comme l'acier ou le minerai de fer.
Cette semaine, les Etats-Unis ont fait savoir qu'ils avaient transféré 20 milliards de dollars à la Banque mondiale sur le fonds dédié à l'Ukraine. Une somme importante qui fait partie d'un prêt plus large de 50 milliards de dollars qui devrait être remboursé grâce au gel d'avoirs russes par les Occidentaux.
Emmanuel Macron en visite en Pologne pour soutenir l'Ukraine
Le président de la République est attendu à 12h00 (heure de Paris) à Varsovie pour rencontrer le Premier ministre polonais Donald Tusk ainsi que le président Andrzej Duda. Ce déplacement du chef de l'Etat vise à réaffirmer le soutien de la France et de l'Europe à l'Ukraine ainsi qu'à détailler aux autorités polonaises les résultats des discussions, qui ont eu lieu samedi à l'Elysée, entre le président américain élu Donald Trump et son homologue ukrainien Volodymyr Zelensky.
L'envoi de soldats occidentaux devrait notamment être abordé par Emmanuel Macron avec les dirigeants polonais. Selon un expert à l'Institut français des relations internationales (Ifri), Elie Tenenbaum, le choix d'une telle option pourrait potentiellement mobiliser « 40.000 hommes ». Ce serait une nouvelle étape dans ce conflit qui dure depuis février 2022.