Guerre en Ukraine : l'Allemagne dégaine une aide de 650 millions
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[Article publié le 2 décembre à 9h45, mis à jour à 14h05] En pleine campagne pour sa réélection, Olaf Scholz annonce une nouvelle aide de 650 millions d'euros à destination de Kiev lors d'une visite surprise en Ukraine ce lundi. « L'Allemagne restera le principal soutien de l'Ukraine en Europe », a assuré le chancelier allemand. Il est arrivé ce matin pour montrer son soutien au pays qui combat à l'invasion russe, a indiqué un porte-parole du gouvernement à l'AFP.
« Depuis plus de 1.000 jours, l'Ukraine se défend de manière héroïque contre l'impitoyable guerre d'agression russe », a-t-il souligné dans une déclaration transmise par un porte-parole à l'AFP. Sa visite vise à « exprimer » sa « solidarité » avec Kiev, qui peut « compter » sur Berlin, a-t-il encore dit. Sa dernière visite remontait à juin 2022, en compagnie notamment du président français Emmanuel Macron, quelques mois après le début de l'invasion russe en février 2022.
Le Kremlin a lui dit n'avoir aucune « attente » particulière concernant la visite de Scholz à Kiev, mais a, à l'inverse, salué une fois encore la reprise du dialogue entre le chancelier et Vladimir Poutine mi-novembre, à l'initiative de Berlin.
« Je ne dirais pas que nous ayons des attentes s'agissant de cette visite », a déclaré à la presse le porte-parole de la présidence russe, Dmitri Peskov, « mais nous tenons à rappeler notre satisfaction du fait que récemment il y a eu un premier contact depuis longtemps entre le président et le chancelier ».
Le président Zelensky avait alors accusé Olaf Scholz d'ouvrir une « boîte de Pandore » en parlant avec Vladimir Poutine, Kiev craignant que les alliés, fatigués du conflit et intimidés par Moscou, poussent finalement l'Ukraine à des concessions territoriales, accordant une victoire militaire et géopolitique à Moscou.
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Pour rappel, l'Allemagne a réduit de moitié son aide militaire bilatérale à l'Ukraine dans son projet de budget 2025. Le gouvernement d'Olaf Scholz, qui cherche à faire des économies, ne prévoit « pas d'aides supplémentaires » aux 4 milliards d'euros prévus dans le budget de l'an prochain pour aider militairement l'Ukraine, avait indiqué une source parlementaire à l'AFP en août. Cette année, l'aide de Berlin, deuxième contributeur après les Etats-Unis, s'élève à 8 milliards d'euros.
Pour compenser, l'Allemagne table sur « la création, dans le cadre du G7 et de l'Union Européenne, d'un instrument financier utilisant les avoirs russes gelés », avait ajouté une source au sein du ministère des Finances.
Par ailleurs, malgré des demandes répétées de Kiev, le chancelier a inlassablement refusé de fournir à Kiev des missiles à plus longue portée Taurus afin d'éviter, dit-il, une escalade avec Moscou. Une position qui ne devrait pas changer, maintenant que Vladimir Poutine menace de frapper les pays occidentaux autorisant l'usage de tels missiles, soit les Etats-Unis et le Royaume-Uni.
En vue des législatives du 23 février, Olaf Scholz se positionne comme le chancelier de la paix et partisan de la retenue. Objectif, éviter une escalade entre les Occidentaux et la Russie. Samedi, lors d'un discours marquant son entrée en campagne, le candidat social-démocrate avait promis de garder « la tête froide » au sujet de la guerre entre la Russie et l'Ukraine, dénonçant les accents bellicistes de son adversaire conservateur Friedrich Merz, partisan d'une aide accrue à l'Ukraine.
Friedrich Merz est favorable sous certaines conditions à une livraison de missiles allemands Taurus à Kiev, permettant de frapper en profondeur le territoire russe. Une ligne rouge pour Olaf Scholz, qui s'oppose sur ce point à ses alliés américains, français et britanniques, dans un pays pacifiste et traversé par un courant d'opinion pro-russe.
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Dimanche, Volodymyr Zelensky a assuré que son pays avait besoin de plus d'armes et des garanties de sécurité de l'Otan avant d'éventuelles négociations avec la Russie. Les tensions sont au plus haut entre Moscou et les Occidentaux après des frappes par l'Ukraine de missiles américains et britanniques sur le sol russe et le tir par la Russie d'un missile hypersonique expérimental et des menaces nucléaires. Et les appels à entamer des négociations avec Moscou se font plus pressants.
(Avec AFP)
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