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Guerre en Ukraine : l'armée russe a repris "l'offensive" à Marioupol, après le "report" de l'évacuation

latribune.fr

Publié le 05 mars 2022 à 09:07 - Mis à jour le 05 mars 2022 à 17:28

Marioupol soumise a des bombardements constants, dit son maire

Dans plusieurs villes ukrainiennes dont Kiev, les habitants doivent faire face aux ruptures d'approvisionnement en nourriture et aux pénuries.

NIKOLAY RYABCHENKO

Le Quotidien Numérique

18 juillet 2026

Photo d'illustration de l'article
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Alors que la prise de Kiev n'a pas encore été atteinte par l'armée russe, les seconds pourparlers officiels entre la Russie et l'Ukraine étaient censés déboucher sur un premier cessez-le-feu de quelques heures, notamment dans le port stratégique de Marioupol. La métropole de 450.000 habitants en temps normal est pilonnée par les bombardements depuis des jours. Après que Kiev a dénoncé une violation du cessez-le-feu à la mi-journée, reportant l'évacuation des civils, Moscou a rétorqué en l'accusant d'utiliser les populations en boucliers humains.

[ Article mis à jour samedi 5 mars à 18H12]

Cela devait être le premier signe d'une désescalade dans la guerre entamée depuis le 24 février par la Russie, ou un terrain d'entente cédé par Vladimir Poutine au gouvernement ukrainien. Alors que la quasi totalité des 603.500 km2 du territoire de l'Ukraine sont sous le coup d'une invasion militaire russe, Moscou avait annoncé ce samedi matin un cessez-le-feu de quelques heures pour permettre l'évacuation des civils de deux villes de l'est du pays, à la suite d'un deuxième round de concertations entre les deux Etats. Plus précisément, ce corridor concerne le port stratégique de Marioupol encerclé, ainsi que la ville de Volnovakha.

Mais à la mi-journée, l'évacuation de Marioupol est "reportée" pour non-respect du cessez-le-feu, annonce la mairie de la ville. Tandis que les populations civiles devaient être évacuée pendant quatre heures via des couloirs humanitaires, les forces russes "continuent de bombarder Marioupol et ses environs", a déclaré la municipalité sur Telegram.

Moscou dénonce les "boucliers humains"

En début de soirée, Moscou a livré sa version des faits, tout en confirmant la reprise de "l'offensive" de son armée :

"En raison de la réticence de la partie ukrainienne à influencer les nationalistes ou à prolonger le 'cessez-le-feu', les opérations offensives ont repris depuis 18H00, heure de Moscou", soit 16 heures à Paris, a déclaré le porte-parole du ministère russe de la Défense, Igor Konachenkov dans un message vidéo."Pas un seul civil n'a pu quitter Marioupol et Volnovakha le long des couloirs de sécurité annoncés. La population de ces villes est détenue par des formations nationalistes comme boucliers humains", a ajouté le porte-parole du ministère de la Défense.

Il a également déclaré que des "bataillons nationalistes" avaient utilisé le cessez-le-feu pour "se regrouper et renforcer leurs positions".

Ces deux villes se trouvent à des emplacements stratégiques pour Vladimir Poutine, dont les objectifs de déstabiliser le gouvernement ukrainien et de réunir les communautés russophones se dessinent. Marioupol, ville portuaire de 450.000 habitants est située non loin du tracé des indépendantistes russophones de la province de Donetsk, dans la région du Donbass. Ce grand port ukrainien de la mer d'Azov, site clé pour la progression des forces russes, "résiste" pour l'instant, selon l'armée ukrainienne.

Volnovakha, ville secondaire de 23.000 habitants située à une soixantaine de kilomètres nord de Marioupol, fait, elle partie, de la province de Donetsk. Pour la Russie, ces deux villes sont dans la zone permettant de faire une jonction, entre la Crimée à l'ouest, annexée en 2014 et les régions indépendantistes proches de Moscou, à l'est.

Marioupol pilonnée

A partir de 07H00 GMT (8H à Paris), "la partie russe déclare un régime de silence (des armes) et l'ouverture de couloirs humanitaires pour l'évacuation des civils de Marioupol et Volnovakha", a déclaré le ministère russe de la Défense, cité par les agences de presse russes.

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Le ministère russe avait précisé que l'emplacement des couloirs humanitaires et des points de sortie avaient été déterminés en accord avec les autorités ukrainiennes, selon les agences.

Dans la nuit de vendredi à samedi, le maire de Marioupol, Vadim Boïtchenko, avait annoncé que ce port stratégique situé sur la mer d'Azov et comptant en temps normal 450.000 habitants était soumis à un "blocus". Sous le feu des troupes russes, il demandait vendredi un appui militaire. Les forces séparatistes pro-russes et l'armée ont pour leur part indiqué que la ville était encerclée.

"Ils ont détruit les ponts, détruit les trains pour nous empêcher de sortir nos femmes, enfants et vieillards (...) Ils cherchent à imposer un blocus, comme à Léningrad", l'actuelle Saint-Péterbourg, victime d'un siège dramatique de l'armée allemande durant la Seconde Guerre mondiale, a déclaré Vadym Boïtchenko sur Telegram.

Avant l'annonce du ministère russe samedi, M. Boïtchenko avait appelé à un cessez-le-feu "pour que nous puissions rétablir les infrastructures vitales et mettre en place un couloir humanitaire pour faire venir des aliments et des médicaments dans la ville".

Les Etats-Unis "soutiendront les efforts diplomatiques" pour obtenir un cessez-le-feu avec Moscou, même si "c'est beaucoup plus difficile d'y parvenir quand les tirs résonnent et les chars avancent", avait déclaré avant le nouveau round de négociations le chef de la diplomatie américaine Antony Blinken.

1,2 million de réfugiés

Dans plusieurs villes ukrainiennes dont Kiev, les habitants doivent faire face aux ruptures d'approvisionnement en nourriture et aux pénuries. L'ONU a fait état de 1,2 million de réfugiés ukrainiens ayant quitté le pays.

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Après dix jours de guerre, le bilan est impossible à vérifier de manière indépendante. Kiev fait état d'au moins 350 civils et plus de 9.000 soldats russes tués, sans mentionner ses pertes militaires, et Moscou évoque 2.870 morts côté ukrainien et 498 côté russe.

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(Avec AFP)

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