Honk Kong n'exclut pas d'appeler Pékin à l'aide et limiter l'accès à internet
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JORGE SILVA
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Cela pourrait être une escalade dans les violences qui agitent actuellement Hong-Kong. Carrie Lam, cheffe de l'exécutif hongkongais, a précisé qu'elle ne fermait pas la porte à une intervention de Pékin pour parvenir à résoudre la crise politique qui sévit sur son territoire. Hong-Kong, région semi-autonome du sud de la Chine, est depuis quatre mois le théâtre de manifestations et d'actions quasi quotidiennes qui ont encore dégénéré ces derniers jours en des affrontements entre policiers et radicaux, lesquels se sont en outre livrés à des actes généralisés de vandalisme. La récente flambée de violences a suivi la décision annoncée vendredi par Mme Lam d'invoquer une vieille loi d'urgence remontant à l'époque coloniale pour interdire le port du masque lors des manifestations.
Des groupes radicaux s'en sont pris à des dizaines de stations du métro, dont l'opérateur est accusé de faire le jeu de Pékin, au point de perturber sérieusement le fonctionnement du réseau, et à nombre de commerces et entreprises liées à la Chine continentale. Alors que les Hongkongais ont repris mardi le travail après un week-end prolongé, Mme Lam, qui est une des cibles de la colère des manifestants, a estimé que son gouvernement était capable de régler cette crise. Mais elle a ajouté qu'elle pourrait appeler Pékin à la rescousse si la situation dérapait encore.
Mme Lam, qui est nommée par un comité acquis à Pékin, a été fortement critiquée par les manifestants pour sa décision d'interdire les masques faciaux, qui sont par ailleurs très répandus dans une agglomération toujours traumatisé par les ravages de l'épidémie de SRAS (Syndrome Respiratoire Aigu Sévère) en 2003. Et des dizaines de milliers de manifestants ont manifesté ces trois derniers jours le visage masqué pour réaffirmer qu'ils ne respecteraient pas la mesure.
A ce stade, un étudiant et une femme de 38 ans ont été inculpés lundi pour port de masque prohibé, et libérés sous caution. Mme Lam a jugé qu'il était "trop tôt" pour dire si l'interdiction était efficace ou non. "Vous serez d'accord sur le fait qu'il faut du temps pour mettre en oeuvre une nouvelle politique ou une nouvelle loi", a-t-elle argué. Elle s'est refusée à réagir sur la suggestion du député pro-Pékin Ip Kwok-him, membre du conseil exécutif, qui a avancé que le gouvernement pourrait limiter l'accès à internet pour mieux lutter contre la capacité d'organisation des manifestants. POpur cause, "Le gouvernement n'exclura pas la possibilité d'interdire internet", a déclaré à l'AFP Ip Kwok-him, un membre du conseil exécutif et député fidèle à Pékin.
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Le mouvement pro-démocratie utilise les forums en ligne et les messagerie cryptées afin d'organiser les actions de la contestation. M. Ip a cependant souligné que restreindre l'accès à internet pourrait avoir des conséquences néfastes pour Hong Kong. "Je pense que l'une des conditions de mise en œuvre de l'interdiction d'internet serait de ne pas affecter les entreprises de Hong Kong", a tempéré ce membre du conseil exécutif, l'organe consultatif de la cheffe de l'exécutif Carrie Lam. Cette nouvelle menace intervient après trois jours de flashmobs et d'actions non autorisées, qui ont rassemblé des dizaines de milliers de personnes, dans tout ce territoire semi-autonome.
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