Le London Stock Exchange convoité par la Bourse de Hong Kong

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(Crédits : Toby Melville)
La Bourse de Hong Kong est prête à débourser 35 milliards pour s'offrir le London Stock Exchange. Cette proposition de rachat est conditionnée à l'abandon du projet d'acquisition de Refinitiv par la Bourse de Londres, qui cherchait à diversifier son activité dans les données et l'analyse financière.

L'opérateur de la Bourse de Hong Kong, Hong Kong Exchanges and Clearing, propose de racheter London Stock Exchange pour 31,6 milliards de livres (35,4 milliards d'euros), à condition que l'opérateur de la Bourse de Londres ne mène pas à bien son projet d'acquisition de Refinitiv. Un tel mariage renforcerait la position des deux opérateurs aux yeux des investisseurs internationaux face aux géants américains ICE et CME.

LSE cherche depuis longtemps à renforcer sa présence en Asie et il a récemment noué des liens avec la Bourse de Shanghai, rivale de celle de Hong Kong.

"Le conseil d'administration de HKEX pense que ce projet d'association avec LSEG représente une opportunité stratégique fortement attractive afin de créer un leader mondial des infrastructures de marché", déclare l'opérateur asiatique dans un communiqué publié mercredi.

Le London Stock Exchange en quête de diversification

LSE a confirmé avoir reçu une offre de rachat préliminaire et non sollicitée de la part de HKEX tout en soulignant qu'elle était soumise à d'importantes conditions. L'opérateur de la Bourse de Londres se dit ainsi attaché à son projet d'acquisition de Refinitiv, fournisseur d'informations, de données et d'analyses au secteur financier, pour 27 milliards de dollars (24,5 milliards d'euros), annoncé début août.

Cette acquisition doit permettre à LSE de concurrencer le groupe américain Bloomberg sur le marché très compétitif des données et de l'expertise financière, en complément de ses activités historiques de plate-forme d'échanges de titres et de compensation. HKEX a cependant souligné que la proposition faite à LSE était conditionnée au fait que ce rachat de Refinitiv n'aboutisse pas.

Refinitiv a refusé de commenter le projet de HKEX, de même que son actionnaire minoritaire Thomson Reuters, propriétaire de l'agence Reuters. Blackstone, son actionnaire majoritaire, n'avait pas de commentaire à formuler dans l'immédiat.

L'un des dix principaux actionnaires de LSE, qui a refusé d'être identifié, s'est montré prudent sur les chances de succès de l'offre de HKEX.

Une acquisition incertaine

"Les actionnaires ne vont pas se précipiter pour prendre une décision, car nous apprécions l'opération avec Refinitiv", a-t-il dit. "La réaction du titre en Bourse une heure après l'annonce de l'approche montre que le marché ne pense pas qu'elle sera couronnée de succès."

L'action LSE a certes bondi immédiatement après l'annonce de HKEX, prenant jusqu'à plus de 17% pour inscrire un record à 7.922 pence mais elle ne prenait plus que 4,55% à 7.106 pence vers 10h50 GMT. Et elle reste inférieure au prix évoqué par HKEX puisque ce dernier propose aux actionnaires de LSE de leur racheter leurs titres en numéraire et en nouvelles actions HKEX pour une valeur unitaire de 8.361 pence.

L'opérateur de la Bourse de Hong Kong est déjà implanté à Londres en tant que propriétaire de London Metal Exchange et son initiative pourrait rassurer les responsables politiques britanniques qui s'inquiètent d'une perte d'influence de la City londonienne sur le marché mondial de la finance après le Brexit.

Son projet est en outre annoncé alors que Hong Kong est plongé dans une crise politique avec des manifestations régulières d'habitants réclamant le respect de principes démocratiques.

"HKEX est pleinement déterminé à soutenir et à développer les rôles à long terme à la fois de Londres et de Hong Kong en tant que centres financiers de dimension mondiale", dit-il.

De nombreuses tentatives échouées

LSE a déjà fait l'objet de nombreuses tentatives de rachat ou de fusion, notamment trois de la part de Deutsche Börse ces dernières années, qui ont toutes échoué en raison de résistances politiques et réglementaires. David Schwimmer, le directeur général de LSE, juge ainsi que les fusions entre grands opérateurs sont difficiles à faire accepter, ce qui a amené l'opérateur à se diversifier dans les données et l'analyse.

HKEX paraît cependant confiant dans sa capacité à convaincre les diverses autorités de la concurrence en raison du faible chevauchement de ses activités avec celles de LSE. L'opérateur dit avoir déjà pris contact avec certaines autorités réglementaires en Grande-Bretagne et à Hong Kong.

"Le conseil d'administration de HKEX pense que les deux activités sont grandement complémentaires et, de ce fait, est impatient de travailler avec les autorités compétentes afin de tracer une voie claire permettant d'arriver au but" de l'opération, dit HKEX.

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Commentaires
a écrit le 12/09/2019 à 8:54 :
Une bonne voie pour discréditer et se débarrasser définitivement de la nauséabonde influence de la City permettant de transformer ce puissant lobby en ennemi potentiel.
a écrit le 11/09/2019 à 15:16 :
Un cheval de Troie chinois pour pénétrer le marché européen ?
La City, prochain paradis fiscal chinois?
Avec l'Irlande à la frontière, hub entre les Etats-Unis et l'EU, un très bon plan !
Le LSE n'avait succombé aux sirènes du Nasdaq.
Réponse de le 12/09/2019 à 8:50 :
La part des monnaies dans les échanges mondiaux :
2001 : 71,5 % pour le $ (Année du démarrage de l’Euro)
2019, 1er semestre :
61,8% pour le $
20,2% pour l’€
5,2 % pour le Yen
4,5% pour la Livre Sterling
1,95% pour le Yuan

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