IA : Poutine dénonce un « monopole dangereux » des Occidentaux

Alors que la vague de l'intelligence artificielle générative déferle à peine, ouvrant potentiellement de nouveaux usages et de nouvelles portes à l'information, le chef du Kremlin reste fidèle à sa vision d'un Internet russe. Un plan gouvernemental pour « une stratégie nationale pour le développement de l'IA » sera d'ailleurs bientôt présenté, a-t-il également annoncé.
Le président Vladimir Poutine s'inquiète de voir ces technologies aux mains quasi exclusives des firmes américaines et alliés. (Photo du président russe Vladimir Poutine.)
Le président Vladimir Poutine s'inquiète de voir ces technologies aux mains quasi exclusives des firmes américaines et alliés. (Photo du président russe Vladimir Poutine.) (Crédits : SPUTNIK)

Alors que la course à l'intelligence artificielle générative est lancée entre les géants du numérique (Meta, Microsoft, Google, OpenAI...), le président Vladimir Poutine s'inquiète de voir ces technologies aux mains quasi exclusives des firmes américaines et ses alliés.

Bien que la Russie ait lancé en septembre, sa version du ChatGPT américain, le robot conversationnel YandexGPT 2, via le groupe Internet Yandex, le leader russe a dénoncé vendredi « la domination monopolistique » des Occidentaux sur ces nouvelles technologies, des outils qui, selon lui, « effacent la culture russe ».

En réalité, depuis l'avènement du Web 2 qui a vu naître les réseaux sociaux et les nouvelles autoroutes de l'information, Vladimir Poutine a concentré les efforts du gouvernement sur la construction d'un Internet russe capable de ne pas dépendre des géants américains, mais aussi de contrôler les données des citoyens. Un contrôle qui risque de se complexifier pour les autorités russes, tandis que n'importe quel internaute peut questionner ChatGPT et aller chercher des données directement sur internet et recueillir des informations actualisées en temps réel.

Depuis l'invasion de l'Ukraine, la Russie s'est d'ailleurs rapprochée de son voisin chinois, où le contrôle numérique est déjà à l'oeuvre sur la population.

Mais Vladimir Poutine a fondé sa critique sur l'argument culturel :

« Certains moteurs de recherche occidentaux, pour ainsi dire, ainsi que certains modèles génératifs, fonctionnent souvent de manière très sélective et partiale, et ne prennent pas en compte, voire parfois ignorent et effacent tout simplement la culture russe », a-t-il déclaré lors d'un forum sur l'IA à Moscou.

« La domination monopolistique de ces développements étrangers en Russie est inacceptable, dangereuse et inadmissible », a-t-il appuyé dans une vive critique.

Pour rappel, l'élection présidentielle se tiendra en Russie en mars 2024. Une échéance pour laquelle Vladimir Poutine a déjà restreint l'accès à l'information pour certains médias non validés au préalable par le Kremlin.

Le retard pris avec la guerre en Ukraine

Ces derniers mois, le président russe a appelé son gouvernement, les grandes entreprises nationales et la communauté scientifique russe à unir leurs efforts pour développer des programmes nationaux pouvant concurrencer les outils d'intelligence artificielle occidentaux tels que le robot conversationnel américain ChatGPT.

Face aux changements « radicaux » entraînés par l'arrivée de l'IA dans l'économie, le chef de l'Etat russe a ainsi exhorté vendredi les entreprises russes à « rester à l'avant-garde » des avancées technologiques, malgré le retard déjà accumulé.

Mais le lancement de l'offensive de son armée en Ukraine en février 2022 puis la mobilisation de centaines de milliers de réservistes à l'automne suivant a poussé des milliers d'employés très qualifiés des secteurs des hautes technologies et de l'informatique à partir à l'étranger, délaissant le marché national.

Un plan gouvernemental pour « une stratégie nationale pour le développement de l'IA » sera bientôt présenté, a-t-il également annoncé.

En avril dernier, Sber, un des leaders russes des nouvelles technologies, avait lancé son propre robot conversationnel, rejoignant la course mondiale à ces outils créés à partir de l'IA.

Lire aussiLa Russie renforce ses liens avec la Corée du Nord « sur tous les plans »

 (Avec AFP)

Sujets les + lus

|

Sujets les + commentés

Commentaires 7
à écrit le 25/11/2023 à 14:03
Signaler
Tu m'étonnes ! Sur Codingame ou Leetcode tu vois énormément de russes très forts en code. Mais quand tu leur demandes de choisir entre perdre la vie dans une guerre inutile ou bien de fuir en Occident où ils seront très bien payés ben ils vont vite c...

à écrit le 25/11/2023 à 8:55
Signaler
C'est clair qu'ils y sont partis à fond la caisse !

à écrit le 24/11/2023 à 21:08
Signaler
Faire la guerre ou faire de la recherche, il faut choisir. C'est un peu comme boire ou conduire. Poutine il ne boit même pas! Un comble pour un Russe. Tu m'étonnes qu'il ait des problèmes psychologiques.🫢

à écrit le 24/11/2023 à 19:12
Signaler
A croire que certain pensent être plus intelligent que d'autre en faisant appel a une "intelligence artificielle" ce qui permet d'en voir leur niveau ! ;-)

à écrit le 24/11/2023 à 18:39
Signaler
"la Russie s'est d'ailleurs rapprochée de son voisin chinois, où le contrôle numérique est déjà à l'oeuvre sur la population." La reconnaissance faciale utilisée illégalement depuis 2015 par la police et la gendarmerie selon un média d'investigati...

à écrit le 24/11/2023 à 18:14
Signaler
Je me sert de temps en temps de yandex, cela fonctionne bien et permet de trouver de l'information autre que sur Google, il y baidu le chinois moins simple à utiliser ou DuckDuckGo qui est aussi une bonne alternative et il y a bien sur le moteur euro...

à écrit le 24/11/2023 à 17:56
Signaler
oui oui, 1 million e personne est parti, dont de nombreux scientifiques, informaticiens et autres....maintenant il fait face a la realite, il va devoir reinventer la roue dans plein de domaines, mais avec pas un rond pour financer!!! bon, il pourra f...

Votre email ne sera pas affiché publiquement.
Tous les champs sont obligatoires.

-

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.