LA TRIBUNE- Le Fonds monétaire international (FMI) a relevé ses prévisions de croissance de 2,7% à 2,9% pour 2023, réduisant la probabilité d'une récession aux Etats-Unis et en Europe. Pourtant, les indicateurs avancés donnent des signes inquiétants : hausse des faillites, ralentissement des embauches, inflation élevée, poursuite de la hausse des taux, stagnation des salaires et, surtout, poursuite de la guerre en Ukraine. N'êtes-vous pas trop optimiste ?
PIERRE-OLIVIER GOURINCHAS- Les prévisions pour cette année ont été relevées modestement. En octobre, le FMI tablait sur une croissance du PIB mondial de 2,7%. 2,9% correspond à un taux de croissance assez faible. La croissance moyenne entre 2000 et 2019 est entre 3,6% et 3,8%, même en prenant en compte la crise financière de 2008. 2023 va rester une année difficile. On risque d'assister à une crise du pouvoir d'achat avec l'inflation. La remontée des taux des banques centrales continue. La guerre en Ukraine se poursuit et va avoir un impact sur les marchés de l'énergie.
Cependant, certains points nous ont amenés à réviser à la hausse nos prévisions. Les économies se sont montrées beaucoup plus résistantes aux chocs qu'on ne l'anticipait dans le courant de l'année dernière. Les taux de chômage sont à des niveaux historiquement bas en zone euro, aux Etats-Unis ou au Royaume-Uni. Les marchés du travail se portent assez bien dans l'ensemble. La réouverture de la Chine est beaucoup plus rapide que prévu. En octobre 2022, on était dans un scénario de zéro Covid avec des confinements répétés ayant un impact sur les chaînes de production et la demande des ménages. C'est cela qui est derrière la hausse de nos prévisions de croissance.