Bien que favorable à une baisse de la fiscalité des entreprises, le président de la Chambre des représentants, le républicain Paul Ryan, juge ce montant peu crédible et préfère s'aligner sur la moyenne des pays industrialisés.
Les divergences continuent entre Donald Trump et sa majorité républicaine au Congrès. Le président américain, qui espère boucler rapidement sa réforme fiscale, a réaffirmé sa volonté d'abaisser "de préférence" à 15% le taux d'impôts sur les sociétés, lors d'un déplacement dans le Missouri fin août. Pour rappel, cette taxe est actuellement fixée à 35%.
Le président de la Chambre des représentants n'est pas de cet avis. Dans une interview au New York Times parue jeudi, Paul Ryan juge guère réaliste de parvenir à ce niveau comme la majorité des républicains :
"[Le président Trump] veut évidemment descendre [le taux d'impôt sur les sociétés] aussi bas que possible et je le soutiens complètement dans cette démarche", a-t-il souligné. "Mais, pour que ce soit une réussite, je pense que notre objectif est d'être au niveau ou sous la moyenne des pays industrialisés, c'est-à-dire22,5%."
Cette annonce n'a en revanche pas plu au Freedom Caucus, la frange la plus conservatrice du Parti républicain, qui plaide pour une baisse drastique de la fiscalité.
Une réforme fiscale avant la fin de l'année ?
La réforme des impôts (des entreprises et des ménages) est l'une des principales promesses de campagne de Donald Trump et de son Parti républicain. Mais le dossier a été freiné à de multiples reprises et a souffert des crises politiques à répétition depuis l'investiture du 45e président des Etats-Unis, en janvier. Depuis la fin août, Trump a engagé une série de déplacements, à travers le pays, consacrée à ses projets en matière fiscale, mais l'ouragan Harvey et la brutale remontée des tensions avec la Corée du Nord ont là encore ralenti ses initiatives.
S'ils ne s'entendent pas nécessairement sur les modalités, la Maison-Blanche et le Congrès s'accordent à dire que la réforme devrait être actée d'ici à la fin de l'année."Il y a une trajectoire pour y parvenir cette année, et nous gardons beaucoup d'espoir d'y parvenir", a déclaré jeudi le secrétaire du Trésor Steven Mnuchin. Sur le même ton, Paul Ryan a confié au New York Times que les républicains veulent que "l'Amérique s'éveille au jour de l'an 2018 avec un nouveau système fiscal".
Le président de la Chambre des représentants espère présenter une proposition de réforme du code fédéral des impôts dans le courant de l'automne. En ce qui concerne l'impôt sur le revenu, le candidat Trump a promis de réduire de sept à trois le nombre de tranches, de baisser de 39,6% à 35% le taux marginal d'imposition sur la tranche la plus élevée, et de supprimer l'impôt sur les successions. Les parlementaires seront-ils, là aussi, plus réservés que Donald Trump ?
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