Le président américain part en campagne pour défendre sa réforme fiscale. Alors que sa cote de popularité ne cesse de dégringoler selon l'agrégateur de sondages RealClearpolitics, Donald Trump veut relancer le débat sur la réforme fiscale des entreprises et des particuliers pour convaincre les Américains et les élus du Congrès, y compris ceux de son propre camp, des bienfaits de son projet.
Dès ce mercredi, le chef d'État a prévu de prononcer un discours dans le Missouri sur ce sujet avant de poursuivre dans les prochaines semaines une série d'interventions dans plusieurs États américains. La secrétaire en charge des relations presse à la Maison Blanche Sarah Huckabee Sanders a précisé que tous ces discours seront une opportunité pour lui "de parler directement au peuple américain". Pour celui qui a promis que cette réforme allait être "la plus grande baisse d'impôts de l'Histoire", la tâche pourrait être bien complexe.
Plusieurs membres de l'entourage de Donald Trump ont insisté sur le caractère prioritaire de cette réforme à commencer par son conseiller économique le plus proche Gary Cohn. Dans une récente interview accordée au Financial Times, Gary Cohn a rappelé que "la réforme fiscale est la première priorité de la Maison-Blanche dès à présent. Nous allons tous travailler sur ce sujet". "Le président veut impliquer directement les Américains dans cette discussion", a-t-il souligné, insistant sur la volonté du locataire de la Maison-Blanche de "réparer un code fiscal qui ne fonctionne plus". Le gouvernement cherche désormais à faire adopter cette réforme très complexe techniquement et risquée politiquement d'ici la fin de l'année a rappelé le secrétaire au Trésor Steven Mnuchin.
Pendant sa campagne, Donald Trump a annoncé une réforme fiscale de grande ampleur, présentée par ses partisans comme la plus ambitieuse depuis la présidence Reagan entre 1980 et 1988. Au mois d'avril dernier, Steven Muchin a présenté les grandes lignes de la réforme promise par le milliardaire à travers le "Trump Tax Plan". En ce qui concerne les entreprises, l'administration américaine s'est concentrée sur trois points :
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D'après des propos de Steven Mnuchin rapportés par l'AFP, "cela ne va pas être une nouvelle niche qui laissera les gens riches payer 15% d'impôts alors qu'ils devraient en payer plus. Cela va être pour les petites entreprises qui font marcher l'économie et elles en auront tous les bénéfices".
Steven Mnuchin a également laissé entendre que cette réforme ne comporterait pas de taxes sur les importations. Cette idée pourtant réclamée par le président républicain de la Chambre des représentants Paul Ryan et d'autres élus devait servir en partie à compenser le manque à gagner des recettes fiscales liées à toutes ces réductions d'impôts. Mais elle avait été contestée par des entreprises américaines qui indiquaient notamment qu'elle pourrait faire monter les prix dans les magasins au détriment des consommateurs.
Steven Mnuchin n'a pas apporté beaucoup de précisions sur la réforme concernant la fiscalité des ménages. L'ancien banquier de Goldman Sachs a surtout répété que son but était de simplifier l'impôt sur le revenu. "Pour la plupart des Américains, nous pensons qu'ils devront être en mesure de remplir leur déclaration d'impôts sur une grande carte postale", a-t-il dit. Cette simplification pourrait également passer par une diminution du nombre de tranches fiscales passant de sept à trois. Pour l'instant, le seuil du taux maximal et du taux minimal font encore l'objet de débats à la Maison Blanche.
Selon des analystes interrogés par Reuters, le projet de Trump pourrait plafonner le taux d'impôt sur le revenu à 35%, supprimer les droits de succession ou encore réduire les impôts des classes moyennes.
Pour les foyers américains, le plan prévoit également une exemption d'impôts pour 73 millions d'Américains qui gagnent moins de 50.000 dollars chaque année. Enfin, près de 30 millions de contribuables pourraient bénéficier d'une réduction d'impôt d'environ 1.000 dollars tous les ans.
De nombreux points restent à préciser par l'exécutif. Concernant la fiscalité des sociétés, Gary Cohn a expliqué que "les entreprises peuvent avoir le droit d'avoir le taux le plus bas possible," sans préciser la valeur de ce taux. "En ce moment, nous démarrons avec un taux d'imposition très élevé aux Etats-Unis mais les sociétés utilisent des déductions : ce que nous allons essayer de faire est que chacune des entreprises paient au taux le plus bas".
Concernant la fiscalité des ménages, le manque de clarté persiste. Mais selon des simulations menées par le groupe de réflexion Tax Policy Center, les ménages les plus aisés seraient largement bénéficiaires du programme fiscal de Trump. Dans une étude, les experts ont ainsi noté dans leur conclusion que "les effets directs des propositions et contours de réforme proposés par l'administration Trump seraient régressifs. Ils devraient bénéficier en moyenne à tous les groupes de revenus dans le pays, mais surtout fournir les plus grands allègements fiscaux [...] aux ménages les plus riches".
A quelques jours de la rentrée parlementaire américaine prévue le 5 septembre prochain, la pression monte dans le camp républicain. Si Donald Trump possède une majorité à la Chambre des représentants comme au Sénat, les républicains sont loin d'être à l'unisson sur tous ces dossiers. Les échecs récents concernant l'abrogation de l'Obamacare et la fermeture des frontières réservée à certaines communautés ont montré la fragilité du milliardaire a mené ses réformes jusqu'au bout.
Pour tenter de sortir de cette série d'échecs, l'ancien général et directeur de cabinet de Trump John Kelly "est chargé de mener des efforts pour rétablir de l'ordre à la Maison Blanche et rassurer les responsables républicains" selon plusieurs officiels interrogés par le Financial Times. Sans un soutien clair de sa majorité au Congrès pour faire passer ces textes décisifs, le chef de l'exécutif pourrait se retrouver en difficulté politiquement avant la fin de l'année.
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