Une prière, un défilé militaire et puis c'est tout. Hier, le président indonésien Joko Widodo, quelques ministres et haut gradés de l'armée ont assisté à la cérémonie d'indépendance du pays. Seuls 2 000 spectateurs sur les 8 000 prévus ont pu prendre part à ce 79e anniversaire. Il avait pourtant une saveur particulière puisque, pour la première fois, il se déroulait dans la nouvelle capitale du pays : Nusantara. L'inauguration de cette cité complètement sortie de terre est la première étape d'un gigantesque projet de 32 milliards de dollars (29 milliards d'euros).
Face à la submersion progressive et aux inondations incessantes de Jakarta, l'exécutif a décidé en 2019 de déserter les lieux. Aujourd'hui, plus de 40 % de sa population habite en dessous du niveau de la mer, et certains quartiers s'enfoncent chaque année de 30 centimètres. D'ici à 2050, 95 % de la ville pourrait être sous les eaux, selon le chercheur et lanceur d'alerte Heri Andreas. Jakarta est aussi l'une des cités les plus polluées et son trafic routier, l'un des plus engorgés du monde.
Le choix de construire Nusantara s'inscrit également dans une démarche d'uniformisation économique de l'Indonésie, un archipel éclaté en plusieurs milliers d'îles, mais où Jakarta tient un rôle trop central. Aujourd'hui, elle concentre 57 % du PIB indonésien. En déplaçant son administration, l'Indonésie cherche à se défaire de cette domination.