Présidentielle au Venezuela : l'opposition demande à Maduro de respecter « la volonté du peuple »
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Edmundo Gonzalez Urrutia, le candidat de l'opposition vénézuélienne à la présidence, revendique la victoire.
Leonardo Fernandez Viloria
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Edmundo Gonzalez Urrutia, le candidat de l'opposition vénézuélienne à la présidence, revendique la victoire.
Leonardo Fernandez Viloria
La situation se tend au Venezuela après que les experts de l'ONU ont mis en doute publiquement la crédibilité de la victoire du président sortant. « Je lance un appel à Nicolas Maduro : respectez la volonté du peuple vénézuélien, vous jouez avec la vie de millions de compatriotes ! », a posté jeudi sur les réseaux sociaux Edmundo Gonzalez Urrutia, le candidat de l'opposition vénézuélienne qui revendique la victoire.
« Le Venezuela mérite un avenir de stabilité, de prospérité et de paix, mais pour y parvenir, il est impératif de respecter la volonté du peuple et de permettre une transition vers un gouvernement capable de restaurer la confiance et d'ouvrir les portes du développement économique », a-t-il ajouté.
Début août, le Conseil national électoral (CNE) a ratifié la victoire du président sortant avec 52% des voix, sans fournir le décompte exact ni les procès-verbaux des bureaux de vote, assurant avoir été victime d'un piratage informatique. Selon l'opposition, qui a rendu publics les procès-verbaux obtenus grâce à ses scrutateurs, son candidat Edmundo Gonzalez Urrutia a remporté la présidentielle avec 67% des voix.
L'opposition et de nombreux observateurs ne croient pas à la thèse du piratage informatique, estimant qu'il s'agit d'une affabulation pour ne pas avoir à divulguer le décompte exact des voix. Une grande partie de la communauté internationale s'est également montrée sceptique après l'annonce des résultats officiels par le CNE.
Ainsi, aux Etats-Unis, la Maison Blanche a essayé de rectifier le tir après un apparent appel de Joe Biden à de nouvelles élections au Venezuela. Jeudi, lors d'un bref échange avec la presse avant un départ en hélicoptère, une journaliste a demandé au président américain : « Quel est votre message pour Maduro ? », puis « Etes-vous favorable à de nouvelles élections au Venezuela? » et Joe Biden a alors dit : « Je le suis. »
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Un porte-parole du Conseil de sécurité de la Maison Blanche a assuré qu'en réalité, Joe Biden avait voulu évoquer avec sa déclaration la position absurde du (président sortant Nicolas) Maduro qui n'est, selon Washington, « pas honnête » sur le résultat de la présidentielle.
« Il est très clair pour la majorité du peuple vénézuélien, les Etats-Unis et un nombre croissant de pays que c'est Edmundo Gonzalez Urrutia qui a remporté le plus de voix le 28 juillet », a-t-il ajouté. « Les Etats-Unis demandent à nouveau que la volonté du peuple vénézuélien soit respectée et que des discussions démarrent sur une transition pour un retour à des normes démocratiques », a encore indiqué le porte-parole.
Cette déclaration de Joe Biden a fait du bruit, après que le Brésil et la Colombie, deux pays très impliqués dans la résolution de la crise actuelle, ont avancé l'idée d'un nouveau scrutin.
Par ailleurs, la Commission interaméricaine des droits de l'homme (CIDH) a dit, mercredi, craindre pour la vie de l'ex-député vénézuélien Williams Davila, arrêté la semaine dernière lors d'un rassemblement anti-Maduro et hospitalisé dans un « état grave » selon sa famille. La CIDH a demandé à Caracas « d'adopter les mesures nécessaires pour garantir la vie, l'intégrité personnelle et la santé » du dirigeant d'opposition, dans un communiqué publié sur son site internet. L'annonce de la réélection de Nicolas Maduro pour un troisième mandat a provoqué des manifestations spontanées de protestation, avec un bilan officiel de 25 morts, 192 blessés et 2.400 arrestations.
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« Un coup définitif porté à la société civile et à l'espace civique au Venezuela » : les militants des droits humains s'inquiètent de l'adoption par le parlement ce jeudi de la loi de contrôle des ONG. La nouvelle réglementation prévoit que les ONG et les associations doivent désormais s'inscrire dans un registre géré par le ministère de l'Intérieur et justifier de manière précise leur financement, notamment si les dons viennent de l'étranger. Dans un communiqué, l'organisation de défense des droits humains Provea estime qu'avec ces lois le pouvoir « cherche à contrôler la moindre sphère de la vie du peuple et du pays (...) menaçant de dissolution et d'amendes les ONG consolidées et qui respectent des dizaines de lois et d'impôts ».
La série de lois demandée par Nicolas Maduro prévoit également de « punir » le « fascisme », terme par lequel le pouvoir désigne régulièrement tout détracteur, ainsi qu'une autre sur les réseaux sociaux qui, selon le président, sont utilisés pour générer de la violence et lancer des « campagnes de haine ». Nicolas Maduro a fait suspendre X pendant 10 jours et encourage le boycott de WhatsApp. Le haut-commissaire des Nations unies aux droits de l'homme, Volker Türk, a exhorté quant à lui les autorités à cesser d'adopter des « lois qui sapent l'espace civique et démocratique ».
(Avec AFP)
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