Inflation : la Fed pourrait augmenter ses taux d'un point

Christopher Waller, l'un des gouverneurs de la banque centrale américaine (Fed) se dit ouvert à l'idée d'une hausse d'un point de pourcentage de son taux directeur, ce qui constituerait une première depuis plus de 30 ans, avec comme objectif de contenir l'inflation qui a encore bondi en juin aux Etats-Unis. Le scénario d'une hausse de taux d'un point gagne du terrain.
(Crédits : Jonathan Ernst)

L'inflation aux Etats-Unis, calculée sur la base des prix à la consommation, a bondi en juin à 9,1% sur un an, un niveau sans précédent depuis 1981, tandis que les prix à la production ont affiché jeudi une hausse plus forte que prévu en juin, à 11,3% en rythme annuel. C'est dans ce contexte que Christopher Waller, l'un des gouverneurs de la Banque centrale (Fed), n'exclut pas une hausse de 1% du taux directeur. Début juillet, il soulignait être favorable à une nouvelle hausse des taux directeurs de trois quarts de points de pourcentage. Il n'avait pas anticipé une inflation qui a continué de s'envoler sur un an pour atteindre 9,1%.

Pour le responsable de la Fed, « c'est une déception de premier ordre ». Il explique : « Relever les taux de 0,75 point de pourcentage dans ce contexte serait un niveau presque neutre dans le sens où cela ne stimulerait ni ne restreindrait la demande ».

Dès lors, à l'occasion de la prochaine rencontre du FOMC, des indicateurs sur les ventes au détail ou l'immobilier sont plus élevés qu'anticipé, il souligne que cela lui « ferait pencher vers une hausse plus importante dans la mesure où cela montrerait que la demande ne ralentit pas assez vite pour faire baisser l'inflation ».

La crédibilité de la Fed est en jeu

La Fed a commencé en mars à relever les taux directeurs de manière agressive pour freiner la demande et calmer cette hausse des prix, une de ses missions étant de s'assurer que l'inflation ne s'emballe pas. Elle les a même rehaussés de trois quarts de point de pourcentage en juin, sa plus forte augmentation depuis 1994.

Ces taux, qui donnent le ton pour les crédits accordés aux particuliers et entreprises, se situent désormais dans une fourchette comprise entre 1,50% et 1,75%.

La Fed se démène d'autant plus pour juguler l'inflation que sa crédibilité est en jeu, ses responsables ayant affirmé pendant des mois que la hausse des prix -alimentée par la forte reprise de l'activité, les problèmes sur les chaînes d'approvisionnement et plus récemment la flambée des cours de l'énergie- ne serait que temporaire.

Mais, dans le même temps, elle doit aussi veiller à ne pas pousser l'économie en récession avec des taux à un niveau tel qu'ils décourageraient particuliers et entreprises de tout emprunt.

Joe Biden sommé par les Républicains d'agir pour le pouvoir d'achat des ménages

Les prix ont encore flambé en juin aux Etats-Unis, l'inflation atteignant 9,1% en raison notamment de l'explosion des tarifs de l'essence. Cette hausse la plus forte sur un an depuis novembre 1981, met Joe Biden sous pression, sommé d'agir pour le pouvoir d'achat des ménages.

Des républicains n'ont en effet pas manqué de réagir rapidement sur Twitter, le sénateur Marco Rubio accusant par exemple les démocrates de « ne pas se soucier des choses qui comptent pour l'Américain moyen ».

 Joe Biden a reconnu, dans un communiqué, que ces chiffres étaient « trop élevés » et rappelé que la lutte contre l'inflation était sa « priorité ». Mais, a-t-il aussitôt ajouté comme pour se dédouaner, ils sont « obsolètes » car les prix de l'essence ont reculé ces dernières semaines.

Le prix moyen du gallon (environ 3,8 litres) aux Etats-Unis est de fait redescendu à environ 4,63 dollars actuellement, après avoir grimpé pour la première fois en juin au-dessus du seuil symbolique de 5 dollars.  Cela « devrait apporter un peu de répit aux familles américaines ». Les locations de vacances et les billets d'avion font partie des rares biens et services à avoir reculé en juin.

(avec AFP)

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Commentaire 1
à écrit le 15/07/2022 à 10:11
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Un pilotage "en douceur" n'est possible que si l'on réagit suffisamment tôt, c'est à dire lors du premier semestre 2021, dans le cas de la FED. Là, ça n'a pas été le cas, donc fatalement la correction est violente. La FED a été manipulée par Joe Bide...

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