Israël : une nouvelle impasse politique pour Netanyahu
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Ronen Zvulun
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Benjamin Netanyahu, au pouvoir sans interruption depuis dix ans, avait joué son va-tout sur ce scrutin et pourrait, pour une rare fois dans sa carrière politique, perdre la mise. Après plus de 90 % des bulletins dépouillés selon les médias israéliens, son parti Likoud et la formation centriste Kahol Lavan ("bleu-blanc") de M. Gantz obtiennent respectivement 31 et 32 sièges sur les 120 de la Knesset, le Parlement, et ne parviennent pas, même avec leurs alliés respectifs, à franchir le seuil des 61 députés pour obtenir une majorité.
"Nous allons attendre les résultats finaux (...) nous allons attendre un jour ou deux, et souhaiter à Israël un gouvernement d'union", a déclaré mercredi matin M. Gantz.
Ce dernier avait plaidé dans la nuit pour "un large gouvernement d'union exprimant la volonté du peuple". "Nous avons entamé les négociations et je parlerai avec tout le monde", avait-il déclaré.
Face à lui, M. Netanyahu avait appelé à la formation d'un "gouvernement sioniste fort", sans la participation de "partis arabes antisionistes".
En Israël, le président consulte les députés élus qui doivent lui recommander un chef de gouvernement. Or les partis arabes, hostiles au Premier ministre en poste et qui sont en passe de s'imposer comme la troisième force politique à la Knesset, avec 12 sièges, ont déjà suggéré qu'ils allaient s'opposer à la désignation de M. Netanyahu, sans confirmer s'ils allaient soutenir celle de Benny Gantz.
Le Likoud et le parti "bleu-blanc" doivent négocier entre eux, et/ou avec d'autres formations, afin de pouvoir prétendre former un nouveau gouvernement et éviter le scénario du printemps quand M. Netanyahu avait été incapable de former une coalition à l'issue d'élections déjà âprement disputées.
Résultat, il avait dissous le Parlement et convoqué un nouveau scrutin, celui de mardi, espérant faire bouger les plaques tectoniques de la politique israélienne pour s'imposer à la tête d'un nouveau gouvernement de droite.
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L'issue de ce nouveau scrutin était d'autant plus cruciale pour M. Netanyahu qu'il intervient avant sa comparution devant la justice le 3 octobre pour des affaires de "corruption", "d'abus de confiance" et de "malversations", et qu'il cherche à obtenir une immunité du Parlement.
Mais les résultats des élections de mardi sont à peu près les mêmes que ceux d'avril, hormis l'ascension des partis arabes et de la formation Israël Beitenou dirigée par Avigdor Lieberman.
Pour l'instant "non-aligné" sur MM. Netanyahu ou Gantz, M. Lieberman est crédité de neuf sièges qui pourraient faire pencher la balance et a appelé à la formation d'un "gouvernement d'union nationale".
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M. Lieberman a mené sa campagne contre les partis juifs ultra-orthodoxes, alliés du Likoud, qu'il accuse de vouloir faire d'Israël un Etat religieux. Outre les partis ultra-orthodoxes, M. Lieberman a aussi tiré à boulets rouges ces dernières années sur les formations arabes.
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