Joe Biden s'en prend aux compagnies pétrolières qui "s'assoient sur leurs bénéfices record" au lieu d'augmenter la production

Joe Biden a promis jeudi de "soulager les ménages" confrontés à la hausse du prix de l'essence, en annonçant notamment une mise à contribution sans précédent des réserves stratégiques du pays. Le président américain les appelle à ne pas se complaire dans leurs "bénéfices record"

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(Crédits : EVELYN HOCKSTEIN)

Le président américain Joe Biden a promis jeudi de "soulager les ménages" confrontés à la hausse du prix de l'essence, en annonçant notamment une mise à contribution sans précédent des réserves stratégiques du pays. Il a en effet ordonné ce jeudi de puiser 1 million de barils par jour dans les réserves stratégiques de pétrole pendant six mois, une initiative "sans précédent" dans l'histoire américaine, selon la Maison Blanche. Soit plus de 180 millions de barils dans les réserves stratégiques américaines pour soulager le marché. L'annonce a fait plongé les cours du pétrole.  Le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en mai, dont c'était le dernier jour d'utilisation, a lâché 4,88% pour terminer à 107,91 dollars. À New York, le baril de West Texas Intermediate (WTI), avec échéance le même mois, a lui chuté de 6,99%, à 100,28 dollars.

Cette initiative doit selon un communiqué de l'exécutif américain servir à "faire la transition jusqu'à ce que la production (américaine) augmente en fin d'année". L'administration américaine utilisera les revenus tirés de la vente de ces réserves pour reconstituer les stocks "dans les années à venir".

Joe Biden s'en est aussi pris aux compagnies pétrolières qui "s'assoient sur leurs bénéfices record" au lieu d'augmenter la production sur le territoire américain, lors d'un discours à la Maison Blanche. Le président américain les a appelées à ne pas se complaire dans leurs "bénéfices record"

Attaques contre les sociétés pétrolières l'an dernier

Ce n'est pas la première fois que Joe Biden s'attaque aux pétroliers. En décembre dernier déjà, bien avant la guerre en Ukraine, la Maison-Blanche via sa porte-parole Jen Psaki fait état de son agacement devant le décalage était "extrêmement contrariant", entre la baisse du prix du baril et la cherté des prix à la pompe.

"Nous sommes contrariés parce qu'il y a une baisse du prix du pétrole. Il n'y a pas de baisse du prix de l'essence. (...) Il n'y a pas besoin d'être un économiste, il n'y a pas besoin d'être un expert du marché pétrolier pour s'en rendre compte", déclarait-elle, notant qu'au même moment "nous voyons les patrons des compagnies pétrolières qui se vantent de leurs bénéfices".

A ce sujet, le président américain Joe Biden avait saisi l'autorité de la concurrence, la FTC (Federal Trade Commission). Le 18 novembre dernier, il avait écrit à Lina Khan, présidente de la FTC, pour lui demander de porter son attention sur "l'accumulation de preuves d'un comportement anti-consommateur de la part des sociétés pétrolières et gazières", rapporte CBS News dans un article titré "Le président Biden appelle la FTC à déterminer si des « actions illégales » ont fait monter les prix de l'essence".

Green New Deal, dépendance à l'OPEP, prix abusifs...

Pour rappel, lors de la conférence de presse du 12 novembre 2021 à la Maison-Blanche, Jen Psaki abordait clairement la question dans sa réponse à une journaliste qui l'interrogeait sur la hausse des prix de l'énergie:

« Écoutez, notre point de vue est que la hausse des prix du carburant sur le long terme plaide encore plus en faveur du doublement de nos investissements et de notre concentration sur le choix des énergies propres, afin que nous ne comptions pas sur les fluctuations du marché ou de l'OPEP... »

Faisant référence à la saisine de la FTC, elle ajoutait notamment:

"Nous pensons également qu'il y a un certain nombre d'acteurs dans notre pays, qui nous inquiètent et que nous avons repérés, y compris sur la question des prix abusifs."

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Commentaires 9
à écrit le 03/04/2022 à 9:58
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Surtout pour remplir sans cesse leurs paradis fiscaux qui ressemblent à des puits sons fond.

à écrit le 01/04/2022 à 10:27
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La maison blanche serait-elle devenu l'HEPAD des éminents politicien américains ?

à écrit le 01/04/2022 à 10:25
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C'est captivant de voir comment l'occident renie ses principes du libre marché, de la concurrence, de l'écologie et autres quand ça l'arrange. Les USA critiquent aujourd'hui la spéculation qui met à genoux nos économies, mais n'ont pas hésité à provo...

à écrit le 01/04/2022 à 8:46
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La com. à deux balles est bien une maladie mondiale du monde politique...

le 01/04/2022 à 9:42
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Une réaction de BIDEN pour calmer les européens, alors qu'ils ont tout fait pour qu'on en arrive à ce baril à plus de 100 dollars en faisant croire aux ukrainiens qu'ils rentreraient dans l'Otan pour provoquer Poutine.

à écrit le 01/04/2022 à 1:48
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La vieillesse est un naufrage.

le 02/04/2022 à 3:36
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Et la vie est une lente agonie. ;-)

à écrit le 31/03/2022 à 22:10
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Après l'hélicoptère monétaire, les États-Unis inventent le robinet à pétrole gratuit ? Contrairement à l'illimitation fantasmée de la planche à billets, leurs réserves de brut, elles, vont se vider ! En 6 mois ? Tiens, les élections de mi-mandat sont...

le 01/04/2022 à 11:19
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"un moratoire sur les nouveaux forages" chez nous on s'étonne si Total fait des profits élevés, en forant moins, vu que le pétrole c'est devenu 'sale', et aussi combien ça coûte en milliards (100 millions le puits d'exploration ?), ça reste en trésor...

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