L'affaire Epstein pousse la "firme" royale à une cure d'austérité
Véronique Dupont, AFP

Arretee aux portes du palais de la reine a buckingham a londres
Hannah Mckay
Véronique Dupont, AFP

Arretee aux portes du palais de la reine a buckingham a londres
Hannah Mckay
Le prince Charles, qui se prépare à prendre la suite de sa mère, âgée de 93 ans, "veut ramener (la famille royale) à un noyau de membres haut placés qui travaillent à plein temps", souligne Penny Junor, auteure de nombreux livres sur la monarchie, dont "La Firme", d'après le surnom parfois donné à la monarchie britannique.
Le prince Andrew est accusé d'avoir eu des relations sexuelles avec une jeune femme alors mineure sous la contrainte d'Epstein. Ses arguments de défense jugés douteux, comme son manque d'empathie envers les victimes présumées, ont abouti à son retrait précipité de toute fonction publique le mois dernier.
2019 a tourné à l'"annus horribilis" pour la famille royale, qui a également vu s'étaler dans les médias la colère du prince Harry et de sa femme Meghan face à la presse tabloïde, tandis que le prince Philip, hospitalisé ces derniers jours, avait été à l'origine d'un accident de voiture en janvier.
Face à ces incidents, le quotidien The Guardian estimait que "la firme a perdu la main".
Beaucoup d'experts royaux s'attendent désormais à une baisse du train de vie pour la famille, dont de nombreux membres disposent d'un rang valant rémunération.
Mardi, la presse britannique, dont le très sérieux Times, voyait dans les photos de la famille entourant la reine pour son allocution de Noël un indice qui ne trompe pas sur les intentions de la souveraine: Harry et Meghan avaient disparu.
Le quotidien The Telegraph a quant à lui récemment appelé à "rationaliser la Windsor S.A.":
"L'argent de la monarchie est un point douloureux depuis longtemps. C'est celui par lequel attaquent les républicains", qui l'estiment d'un autre temps, remarque Jonny Dymond, qui couvre la famille royale pour la BBC, interrogé par l'AFP.
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Outre l'attachement des Britanniques à cette dynastie qui transcende la vie de ses sujets, son image glamour est considérée comme un atout marketing pour le Royaume-Uni. Pour Jonny Dymond, le "génie" des Windsor, qui font un peu office de "ministère du divertissement", est d'avoir toujours su se réinventer au fil des générations, "comme on relance un produit".
La reine reçoit du gouvernement britannique une allocation ("Sovereign Grant") qui atteignait quelque 82 millions de livres pour l'exercice 2018-2019, pour payer ses fonctions de représentation ou celles des membres de sa famille, ses employés et l'entretien du palais de Buckingham, entre autres.
La souveraine bénéficie aussi d'une "bourse privée" ("privy purse") qui provient des revenus d'un demi-milliard de livres d'actifs du Duché de Lancaster, propriété de la royauté depuis le Moyen Age: près de 20 millions de livres l'an dernier, que la reine distribue en partie à ses proches.
Buckingham ne donne pas de détail sur l'utilisation de ces fonds, ou sur la fortune de membres de la famille comme Andrew. La presse britannique attribue à ce dernier une allocation royale annuelle de 250.000 livres que lui donnerait sa mère chaque année, en plus d'une pension militaire de 25.000 livres.
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Le duc d'York, au style de vie réputé "jet set", est logé gratuitement, tout comme son ex-femme Sarah Ferguson, dans une résidence royale. Il aurait vendu pour environ 18 millions de livres il y a quelques années une propriété à Sunninghill, au sud-ouest de Londres, dont la reine lui avait fait don, et on lui attribue un chalet luxueux en Suisse.
Véronique Dupont, AFP
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