La croissance allemande toujours à la peine
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L'industrie allemande pourrait patir des droits de douane sur l'Europe que Donald Trump menace d'appliquer. (Photo d'illustration)
Wolfgang Rattay
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L'industrie allemande pourrait patir des droits de douane sur l'Europe que Donald Trump menace d'appliquer. (Photo d'illustration)
Wolfgang Rattay
L'Allemagne a révisé à la baisse sa prévision de croissance pour 2024, tablant désormais sur une progression de seulement 0,3 % du PIB, contre 1,1 % initialement anticipé. Cette correction, qui arrive après deux années de récession, témoigne des difficultés persistantes de la première économie européenne, confrontée à un affaiblissement de son industrie, à des incertitudes budgétaires et à un climat conjoncturel dégradé.
Le ministre allemand de l'Économie, Robert Habeck, a justifié cet ajustement par « des défis structurels majeurs qui pèsent sur l'activité », notamment la flambée des coûts de l'énergie, le ralentissement de la demande mondiale et un climat des affaires morose. L'industrie allemande, pilier traditionnel de la croissance du pays, subit de plein fouet la hausse des taux d'intérêt et la perte de compétitivité face à des concurrents asiatiques et américains.
Ce coup de frein allemand intervient alors que la zone euro peine à retrouver un dynamisme économique. Le Fonds monétaire international (FMI) a déjà abaissé ses propres prévisions de croissance à 0,9 % pour l'ensemble de la zone en 2025, illustrant un ralentissement généralisé. « L'économie américaine se porte très bien, avec un marché de l'emploi solide et une demande privée qui reste robuste. Par contraste, la croissance dans la zone euro repart, mais nous avons tout de même révisé nos prévisions à la baisse », a déclaré le 17 janvier à l'AFP le chef économiste du FMI, Pierre-Olivier Gourinchas.
En Allemagne, en raison du contexte morose, le débat sur le « frein à l'endettement » refait surface. Certains responsables politiques plaident pour un assouplissement des règles budgétaires afin de stimuler les investissements et relancer la croissance. Toutefois, les marges de manœuvre restent restreintes, alors que Berlin fait face à des contraintes budgétaires renforcées.
La situation allemande est d'autant plus fragilisée par l'éventualité de nouveaux droits de douane américains, notamment sur le secteur automobile. L'administration Trump envisage d'imposer des taxes supplémentaires sur certaines importations européennes, une perspective qui inquiète les industriels allemands déjà affaiblis, et laisse penser, selon la Fédération allemande de l'industrie (BDI), que l'Allemagne traversera une troisième année de récession.
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Face à ces incertitudes, l'Allemagne cherche à diversifier son économie et à accélérer sa transition vers une industrie plus verte et numérique. Mais les effets de ces transformations mettront du temps à se faire sentir.
(Avec AFP)
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