Dans un pays bouleversé et divisé après l’attaque du marché de Noël de Magdebourg le 20 décembre dernier, l’issue du scrutin législatif allemand du 23 février est imprévisible.« La démocratie a besoin de la confrontation d'idées. » Frank-Walter Steinmeier, le président de République fédérale d'Allemagne, n'avait qu'un rôle purement formel vendredi quand il a officiellement dissous le Bundestag, ouvrant la voie aux élections anticipées du 23 février. Mais il a tenu à prendre la parole pour rappeler l'esprit des institutions. Le débat politique est important, mais il doit avoir lieu « dans le respect et la décence », a-t-il souligné.
Une référence claire à « deux intrusions, l'une venue de l'intérieur, l'autre de l'extérieur, dans la réalité allemande », explique le politologue Albrecht von Lucke. Selon lui, l'attaque du marché de Noël de Magdebourg le 20 décembre et le soutien du milliardaire Elon Musk au parti d'extrême droite Alternative pour l'Allemagne (AfD) représentent une double nouveauté : « Pour la première fois, une campagne électorale allemande va dépendre d'éléments indépendants de la politique », prédit cet observateur. L'issue du scrutin semble d'autant plus imprévisible que l'électorat est très volatil. La moitié des électeurs se disent indécis.
« Un boulevard pour les populistes »
À ce stade, le camp conservateur CDU-CSU domine la course avec 31 % à 33 % des intentions de vote. Mais dans les études de popularité, le candidat chrétien-démocrate Friedrich Merz est aussi mal-aimé que le chancelier social-démocrate Olaf Scholz, dont le parti SPD est à 16 % dans les sondages. « C'est un boulevard pour les populistes », analyse Thomas Handke, éditorialiste au journal Handelsblatt. L'AfD occupe la deuxième place, parfaitement stable à 19 %.
Hélène Kohl, correspondante à Berlin