Plus discrète que l'affrontement armé entre la Russie et l'Ukraine en Europe, la lutte d'influence actuellement à l'œuvre dans le Pacifique n'en est pas moins décisive dans la définition des futurs équilibres mondiaux. Si les Etats-Unis et la Chine sont les principaux protagonistes, l'Australie entend bien avoir sa carte à jouer face aux ambitions de Pékin dans la région. Le nouveau gouvernement australien veut renouer un contact étroit avec les Etats océaniques, activement courtisés par le pouvoir chinois. Et il affirme que la réponse de ces derniers est largement positive.
Premier ministre depuis une semaine, le travailliste Anthony Albanese s'est exprimé sur Sky News ce dimanche pour déclarer que les nations du Pacifique avaient accueilli "très positivement" le "ré-engagement" de Canberra dans la région. Il a également reproché au précédent gouvernement australien d'avoir échoué dans la région, notamment pour son manque d'engagement et pour avoir réduit ses aides.
Pour contrer les ambitions chinoises, Anthony Albanese joue la carte environnementale. "Pour nos voisins du Pacifique, la question du changement climatique est un problème de sécurité nationale", a-t-il ainsi déclaré. Il a souligné que son gouvernement entend s'engager davantage en matière de lutte contre le changement climatique, mais également accroître son aide.
Derrière l'aide sur le plan environnemental, Canberra souhaite aussi créer une école de formation à la défense dans le Pacifique afin de renforcer les liens entre les différentes armées et donc la coopération entre les Etats. Durant la récente campagne électorale pour les législatives, le parti travailliste d'Anthony Albanese avait précisé que cette école comprendrait des forces de Papouasie-Nouvelle-Guinée, des Fidji, des Tonga, du Timor Oriental, du Vanuatu et des Îles Salomon. Un projet accueilli "très positivement", selon le Premier ministre.