L'Australie pourrait payer jusqu'à 5,5 milliards de dollars australiens à Naval Group, Lockheed Martin et aux industriels australiens pour avoir résilié le contrat d'achat de 12 sous-marins de classe Attack. Un montant qui comprend aussi bien le coût des travaux déjà engagés avant la rupture du contrat (entre 2016 et le 16 septembre 2021), le solde du programme jusqu'à fin juin et enfin les coûts de démobilisation (dédommagement des sous-traitants et licenciements).
La décision du Premier ministre Scott Morrison d'abandonner le programme franco-américain de sous-marins pourrait coûter jusqu'à 5,5 milliards de dollars australiens, soit 3,7 milliards d'euros. C'est le montant maximal de cette facture très salée que l'Australie va devoir payer pour des sous-marins qui n'existeront jamais ou pour du vent... Interrogés par un sénateur de l'opposition ce vendredi 1er avril, les responsables australiens de la défense ont en effet révélé que l'abandon du contrat était assorti de ce prix élevé.
« Les contribuables devront donc débourser 5,5 milliards de dollars pour des sous-marins qui n'existent pas ? »a demandé la sénatrice de l'opposition Penny Wong lors d'une audition à Canberra et qui est en pleine campagne électorale.« Le règlement final négocié sera dans les limites de ce prix »,a répondu le secrétaire adjoint du ministère de la Défense, Tony Dalton, précisant que le montant exact n'était pas encore clair car les négociations avec Naval Group étaient en cours.
De source proche du dossier, "on est sur des montants très largement inférieur pour la part de Naval Group". Il est encore trop tôt pour donner la répartition entre Lockheed Martin, le management du programme australien et le chantier naval où devaient se construire les douze sous-marins par rapport au montant avancé, toujours en train d'être négocié. "Si les Australiens négocient bien, le montant pourrait approcher 5,1 ou 5,2 milliards de dollars australiens", précise-t-on à La Tribune. Le ministre des Finances, Simon Birmingham, a défendu la décision d'abandonner l'accord comme « nécessaire pour les décennies à venir ». Et d'ajouter : « Il convient d'admettre que nous savions que les conséquences seraient importantes ».
De quoi parle-t-on exactement ? La résiliation du contrat par les Australiens a déclenché automatiquement un chapitre du Strategic Partnership Agreement (SPA) signé entre la France et l'Australie lors du lancement du programme de classe Attack. Il en découle un certain nombre d'obligations. Dans ce cadre, Naval Group est en train de négocier avec l'Australie le coût des travaux qui restent à réaliser jusqu'à l'arrêt définitif du programme. Le groupe naval doit encore livrer contractuellement des centaines de travaux comme par exemple des maquettes ou des échantillons d'acier pour clôturer proprement le programme fin juin, explique-t-on de source proche du dossier. Depuis le lancement du programme en 2016, l'Australie a déjà payé 840 millions d'euros, dont 300 millions en 2021, à Naval Group.
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Comment arrive-t-on à un tel montant ?