La dette des firmes américaines enfle, mais rien à voir avec la crise de 2008 (Fed)

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Jerome Powell, président de la Réserve fédérale américaine.
Jerome Powell, président de la Réserve fédérale américaine. (Crédits : Reuters)
L'endettement des entreprises - en hausse et plus risqué - pose "un risque modéré" à l'économie américaine, a estimé lundi 20 mai le président de la banque centrale des États-Unis, Jerome Powell.

Assimiler le gonflement actuel de la dette des entreprises à des niveaux sans précédent aux conditions du marché immobilier américain juste avant que ne se déclenche la crise économique de 2007-2009 n'est pas forcément pertinent, a estimé Jerome Powell, président de la Réserve fédérale, lors d'une conférence lundi 20 mai sur les marchés financiers à la Réserve d'Atlanta. Pour autant, c'est un phénomène qu'il faut suivre de près.

« Les discussions publiques sur le sujet vont de "c'est une réédition de la crise des subprimes" à "circulez il n'y a rien à voir". Pour le moment la vérité est probablement quelque part entre les deux. »

Le système financier est mieux à même d'absorber les pertes

« Les parallèles avec le boum des prêts hypothécaires qui ont mené à la crise financière mondiale ne sont pas totalement convaincants », juge M. Powell, qui estime que « le système financier apparaît assez solide aujourd'hui pour être en mesure d'encaisser les pertes du secteur privé, ce qui manifestement n'était pas le cas il y a 10 ans avec les prêts hypothécaires à risque ».

Il souligne d'autres différences avec la crise d'il y a maintenant près de 11 ans qui a mis à genoux une bonne partie de l'économie mondiale.

Selon M. Powell, la hausse des emprunts n'est pas démesurée face à une expansion économique aussi longue, le crédit aux entreprises ne se nourrit pas d'une "bulle" d'une classe d'actifs, la structure du principal outil de crédit (CLO ou collaterized loan obligations) "est plus saine" que ne l'étaient les CDO par qui la crise était arrivée.

Il reconnaît toutefois que la dette des entreprises est à un niveau record par rapport à la taille de l'économie, que l'endettement est élevé par rapport à la valeur des actifs et que la qualité de la dette se rapproche de la limite de l'investissement à risque.

Un ton qui tranche avec la mise en garde du FMI

Pour autant, le ton de M. Powell contraste avec celui du FMI qui, il y a quelques semaines, lors de ses réunions de printemps, s'était montré véritablement inquiet de la situation. « L'encours des obligations spéculatives a pratiquement doublé aux Etats-Unis et dans la zone euro depuis la crise » financière de 2008, constatait ainsi l'institution financière internationale.

La vulnérabilité des entreprises « semble forte dans environ 70% des pays d'importance systémique », soulignait pour sa part Tobias Adrian, directeur du département des marchés monétaires et de capitaux. Un ralentissement économique plus prononcé ou des conditions financières nettement moins souples pourraient « peser sur la capacité des entreprises endettées à rembourser leur dette » d'autant que la solvabilité des emprunteurs s'est nettement dégradée, avait ajouté de son côté Fabio Natalucci, directeur adjoint du département des marchés monétaires.

Jerome Powell souligne d'ailleurs dans son discours que loin d'ignorer la question, la Fed en collaboration avec d'autres institutions nationales et internationales surveille les choses de près et tente de mieux comprendre les aspects moins connus dans ce domaine.

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Commentaires
a écrit le 21/05/2019 à 20:35 :
Les firmes américaines auraient tort de se priver des taux bas.
Mais la crise viendra quand même si l’on en croit les économistes. Quand... ça reste un mystère. Le système mondial est assis sur une dette énorme que personne ne remboursera. Le reset devra arriver un jour ou l’autre.
a écrit le 21/05/2019 à 11:29 :
Oui mais c'est ce qui permet aux banques de tenir l'industrie mondiale et vu que ce sont elles qui font les dettes elles ne vont certainement pas se tirer une balle dans le pied d'autant que la politique américaine tient parfaitement l'ensemble.

Les entreprises américaines ne risquent donc rien par contre cela les rend totalement soumises au secteur financier, en théorie du moins étant donné que l'on voit bien que sous TRump que tout est bien plus nuancé, aux états unis ce n'est donc pas un problème puisque finance et industrie marchent ensemble main dans la main pour les états unis mais en UE par exemple dans laquelle il n'y a aucune puissance politique pour lier l'ensemble c'est un véritable désastre.

ET de ce fait nos multinationales sans berger à suivre suivent le berger américain.

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