La Fed, moins optimiste pour la croissance, maintient les taux d'intérêt inchangés

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Janet Yellen, présidente de la banque centrale des Etats-Unis
Janet Yellen, présidente de la banque centrale des Etats-Unis (Crédits : ROBERT GALBRAITH)
La banque centrale américaine ne voit pas accélération notable de la croissance aux Etats-Unis, y compris en 2016. Comme prévu, elle a décidé de maintenir l'objectif des fonds fédéraux proche de zéro

La banque centrale américaine (Fed) s'est montrée mercredi plus pessimiste sur la croissance économique et le chômage aux Etats-Unis cette année.
Le produit intérieur brut du pays (PIB) ne devrait plus progresser que de 1,8% à 2,0% sur un an au dernier trimestre 2015, marquant une détérioration par rapport aux 2,3% à 2,7% prévus en mars, selon les nouvelles projections trimestrielles du Comité de politique monétaire (FOMC).

Taux d'intérêt maintenus proche de zéro

En conséquence, la Banque centrale américaine a opté pour le statu quo en décidant de maintenir ses taux directeurs proches de zéro face à une économie américaine encore en expansion "modérée".

A l'issue de deux jours de réunion, le Comité de politique monétaire (FOMC) a donc affirmé qu'il maintenait ses taux directeurs proches de zéro, leur niveau depuis la crise financière de fin 2008, conformément aux attentes des spécialistes. La Fed s'est également gardée de toute précision sur le moment où elle procéderait au premier relèvement de ses taux en près de dix ans, une échéance guettée avec fébrilité par les marchés et les grandes économies.

Dans son communiqué, l'institution a simplement répété que le resserrement de sa politique monétaire débuterait quand de "nouveaux progrès" seront relevés sur le marché du travail et quand elle sera "raisonnablement confiante" que l'inflation remontera vers son objectif de 2% annuel.

Un portrait mitigé de l'économie américaine


Pour justifier cette prudence, la banque centrale américaine brosse un portrait mitigé de l'économie américaine après le coup de froid du premier trimestre (recul de -0,7% du produit intérieur brut en rythme annualisé). Côté pile, le rythme des créations d'emplois aux Etats-Unis a "accéléré" et le secteur immobilier, encore convalescent après la crise de 2008-2009, a montré une certaine "amélioration", relève la Fed.

Mais côté face, des faiblesses subsistent: l'investissement des entreprises reste faible et surtout, fait nouveau, la Fed relève que les exportations américaines ont elles aussi fait grise mine. La Banque centrale prend ainsi formellement acte de l'impact du renchérissement du dollar par rapport aux principales devises, notamment l'euro, qui rend les produits américains mois compétitifs et grève la balance commerciale du pays.


Pas d'optimisme débordant pour 2016

Pour 2016, la Banque centrale ne fait pas montre d'un optimisme débordant et maintient quasi inchangées ses prévisions d'une accélération de l'activité qui s'échelonnerait entre +2,4% et +2,7%. Sur le front de l'emploi, la banque centrale américaine se montre là encore plus pessimiste pour cette année. En 2015, le taux de chômage devrait s'établir entre 5,2% et 5,3% alors qu'une fourchette allant de 5,0% à 5,2% était jusque-là prévue, selon ces nouvelles projections. La banque centrale maintient par ailleurs à l'identique ses prévisions pour 2016 (de 4,9% à 5,1%) qui devraient donc faire apparaître une légère embellie de l'emploi par rapport à 2015.


Ces nouvelles projections confirment par ailleurs que l'inflation devrait rester cette année très éloignée de l'objectif de 2% annuel visé par la Fed. Sur fond de décrue des cours mondiaux du pétrole, les prix à la consommation ne devraient progresser qu'entre 0,6 à 0,8% cette année, inchangés par rapport aux prévisions de mars.
 L'objectif de 2% d'inflation annuelle ne serait au mieux formellement atteint qu'en 2017, selon ces projections.

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Commentaires
a écrit le 18/06/2015 à 14:14 :
et demain...QE 4....Tout est bidonné... mais les speculateurs en profitent..
a écrit le 18/06/2015 à 13:13 :
Bien entendu c'est une bonne nouvelle, la Fed préfère la circulation rapide de l'argent pour irriguer toutes les parties à l'enrichissement sans cause des spéculateurs comme je l'ai exposé avant hier sur ce fil. Pour parer la baisse de l'activité les entreprises américaines fusionnent en masse. Reste que les résultats du S1 pour les pétrolières risque d'être extrêmement décevant entraînant toute l'économie sur cette mauvaise pente. On ne devrait pas voir de hausse des taux avant longtemps.
a écrit le 18/06/2015 à 10:29 :
Juste une petite augmentation de 0.25% juste pour faire croire au bon peuple que la CROOOASSance est de retour !
a écrit le 18/06/2015 à 10:00 :
le sentiment bienveillant de la Fed a certainement ses limites eu égard à l´entrain que met la BCE pour inonder le marché d´euros à coups de QE pour faire baisser sa devise (alors qu´elle se réevalue...) et relancer l´activité en zone euro en créant indirectement une baisse d´activité aux USA et donc une probable hausse du chômage !
a écrit le 17/06/2015 à 21:00 :
Encore une fois les banques centrales choisissent la prudence a court terme plutôt qu' un objectif à long terme. On laisse les générations suivantes assumées nos errements.... C'est payant electorallement mais quelqu'un un jour devra payer pour ces erreurs.....

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