La pression fiscale s'est accrue pour la septième année consécutive (OCDE)

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Le Danemark est le pays où le taux de pression fiscale est le plus élevé (45,9%), juste devant la France (45,3%).
Le Danemark est le pays où le taux de pression fiscale est le plus élevé (45,9%), juste devant la France (45,3%). (Crédits : Reuters)
Le poids de la fiscalité par rapport au PIB a augmenté dans 20 des 33 pays de l'OCDE entre 2015 et 2016. Il apparaît que l’impôt sur le revenu occupe une place de plus en plus importante dans la fiscalité alors que les cotisations de sécurité sociale et les taxes sur la consommation voient leur rendement diminuer.

Les recettes fiscales ont encore augmenté l'an passé dans les pays de l'OCDE, sous l'effet principalement de l'impôt sur le revenu, les niveaux d'imposition poursuivant la hausse amorcée depuis le point bas touché en 2009 en pleine crise financière.

L'organisation internationale souligne dans son rapport de 2017 sur les statistiques des recettes publiques que le ratio impôts/PIB a de nouveau augmenté en 2016, passant à 34.3 %, contre 34 % en 2015. Il s'agit de la septième hausse consécutive, "avec pour conséquence que le ratio moyen dans les pays de l'OCDE n'a jamais été aussi élevé au cours des cinquante dernières années".  La hausse a concerné 20 des 33 pays de l'OCDE qui ont fourni des données préliminaires en 2016, tandis que dans les 13 autres, les recettes fiscales ont diminué par rapport au PIB.

Le Danemark toujours champion, France et Belgique sur le podium

En 2016, les pays ayant les taux de pression fiscale les plus élevés étaient le Danemark (45,9%), la France (45.3 %) et la Belgique (44.2 %). A l'inverse, les taux les plus bas étaient constatés au Mexique (17,2%), au Chili (20,4%) et en Irlande (23%). Sur l'ensemble des pays de l'OCDE, 18 pays affichent actuellement un ratio impôts/PIB plus élevé qu'avant la crise, et "tous sauf cinq (Canada, Estonie, Irlande, Luxembourg et Norvège) ont vu ce ratio augmenter depuis 2009."

En 2016, les hausses les plus fortes de la pression fiscale ont été observées en Grèce (2,2 points à cause d'un relèvement des impôt sur les revenus et sur les bénéfices ainsi que des taxes sur les biens et services) et aux Pays-Bas (1,5 point). Les baisses les plus importantes survenues entre 2015 et 2016 concernent l'Autriche et la Nouvelle-Zélande.

Le poids croissant de l'impôt sur le revenu

Dans les pays de l'OCDE, l'impôt sur le revenu des personnes physiques est une source de recettes publiques qui prend de plus en plus de poids dans le budget des Etats par rapport aux cotisations de sécurité sociale et aux taxes sur les biens et les services. La part de l'impôt sur le revenu dans le total des recettes fiscales est passée de 24,1% en 2014 à 24,4% en 2015. La part de l'impôt sur les bénéfices de sociétés est restée quasi stable (+0,1 point à 8,9%) alors que celle des cotisations sociales a reculé de 0,2 point, à 25,8% et celle de la TVA a légèrement reculé (-0,1 point à 20,0%).

La France dans la moyenne de l'OCDE

La France se situe très près de la moyenne de l'OCDE pour les taxes sur les biens et services (11,0% du PIB) et l'impôt sur le revenu (8,5%). Mais elle est sensiblement en dessous de la moyenne s'agissant de l'impôt sur les sociétés (2,1% du PIB contre une moyenne OCDE à 2,8%) et conserve de très loin la première place pour les cotisations sociales (16,8% du PIB, soit -0,1 point, contre une moyenne de 9,0%).

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a écrit le 26/11/2017 à 12:30 :
la part de l'IS en France est plus faible que dans les autres pays, alors que nos entreprise n'arrêtent pas de dire qu'elles sont matraquées.
on a multiplié les dispositifs dérogatoires en faveur des entreprises depuis au moins 2002, comme le disait le Conseil des Prélèvements Obligatoires en octobre 2010 (plus de 175 milliards d'Euros de cadeaux). on ne voit pas trop les résultats en termes d'emploi et d'export.
a écrit le 26/11/2017 à 11:55 :
Pas pour les riches par contre, ce serait honnête de le signaler, merci.
a écrit le 26/11/2017 à 9:16 :
tva csg et taxe ecologiques vont devenir la norme; pour plus de justice social il faut surtout pensez aux revenues les plus faibles et leurs redonne du pouvoir d achat, ? CELA ET VALABLE POUR TOUS LES PAYS ? TOUS ONT S ILS ONT TRAVAILLE ONT LE DROIT DE CONSOMME COMME LES AUTRES PLUS PRIVILEGIER PAR LA VIE???
a écrit le 26/11/2017 à 9:10 :
Et hélas, en France, cela continuera, puisque l'état et les collectivités locales sont incapables de faire la moindre économie, et que l'on distribue l'argent à tout va (cela ne coûte rien, c'est l'état qui paie). Macron = Hollande. Et quand le taux de prélèvements sera à 80%, on fera quoi ?
a écrit le 25/11/2017 à 18:09 :
le constat était facile a prevoir en France... bon on va continuer a matraquer les retraités normaux (les riches sont au Portugal) les très riches n'étaient déjà plus la depuis longtemps...il serait bon de s'attaquer sur le principe a cette CSG le conseil d'etat a confirmé que c'était une taxe donc sans parler des 1.7 pour les retraités il faudrait s'attaquer a la constutionnalité de la CSG non déductible sur le 0.3 Ayraud non déductible 56 % du pib repris par l'état surtout a la classe moyenne bravo...
a écrit le 25/11/2017 à 9:59 :
l'IRPP en France n'est pas trop élevé mais il est mal réparti car concentré sur trop peu de gens qui subissent des taux trop élevés. Quant au rendement trop faible de l'impôt sur les sociétés il n'est pas dû à des taux trop faibles et peu à l'optimisation fiscale, mais au trop faible niveau des bénéfices des entreprises sur lesquels il est assis, même si le CICE a marginalement arrangé les choses. Pour améliorer ce bénéfice faut donc aller beaucoup plus loin sur la diminution des cotisations sociales que le CICE, et financer cette baisse non par des augmentations d'impôts mais seulement par des baisses d'autres dépenses publques.
Réponse de le 25/11/2017 à 13:04 :
Bonjour,

globalement, je pense quand même que la vérité est plus dans le genre du premier point : des impôts concentrés sur une base fiscale trop partielle, donc des taux élevés.
Mais je pense que sur la partie impôt sur les sociétés, l'optimisation fiscale entraine la même conséquence. Et vous pouvez augmenter les bénéfices tant que vous voulez, s'ils sont comptabilisés aux Bahamas ça ne changera rien.

Au passage, dans ces calculs de l'OCDE, la base fiscale pour calculer le taux, elle inclue ou pas les montants transférés off-shore ? parce que si on inclue les bénéfices non imposés, j'aimerai bien savoir à combien descend le "vrai" taux de prélèvement
a écrit le 24/11/2017 à 17:44 :
Hum ! TVA plus cotisations sociales. Quel dangereux cocktail.

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