La Russie attaque encore massivement l'Ukraine, l'espace aérien polonais violé
latribune.fr

Kiev a été attaqué par des missiles de croisière tirés depuis des bombardiers stratégiques Tu-95MS.
Reuters
latribune.fr

Kiev a été attaqué par des missiles de croisière tirés depuis des bombardiers stratégiques Tu-95MS.
Reuters
Dimanche à l'aube, les forces russes ont lancé de nouvelles attaques aériennes massives sur Kiev et d'autres régions d'Ukraine. Pour la troisième fois en une semaine, l'ensemble du territoire ukrainien a ainsi été placé en état d'alerte durant la nuit. L'alerte a duré deux heures dans la capitale, a précisé Serguiï Popko, chef de l'administration militaire de Kiev, cité par l'AFP.
Selon le militaire, l'attaque a été lancée depuis la région de Saratov, dans le sud-ouest de la Russie. La capitale a été attaquée par des missiles de croisière tirés depuis des bombardiers stratégiques Tu-95MS. La défense ukrainienne « a abattu environ une dizaine de missiles ennemis au-dessus de Kiev et dans les environs de la capitale », a-t-il écrit sur le réseau social Telegram, précisant que selon des informations préliminaires, il n'y avait ni victime ni dégâts.
Selon le gouverneur de la région Maksym Kozytskiï, aussi cité par l'AFP, des missiles russes et des drones explosifs Shahed de fabrication iranienne se sont également abattus sur le district de Striï, au sud de la ville de Lviv (ouest), .
Dans la nuit de jeudi à vendredi, des attaques massives de missiles et de drones russes avaient déjà visé les infrastructures énergétiques ukrainiennes, causant des coupures d'électricité.
La Pologne, membre de l'Otan, dont la frontière avec l'Ukraine se trouve à une cinquantaine de kilomètres de Striï, a relevé son niveau d'alerte face à ces bombardements proches de son territoire. Dans la matinée, l'armée du pays a même déclaré qu'un missile de croisière russe a violé l'espace aérien polonais avant de le quitter.
Le ministre polonais de la Défense a précisé à la presse que l'armée surveillait au total les trajectoires d'une douzaine de missiles russes.
Le ministère polonais des Affaires étrangères a indiqué que la Pologne exigera des explications de la part de Moscou.
Un incident de ce type a déjà eu lieu en décembre, lorsque un missile russe a pénétré dans l'espace aérien polonais avant de le quitter quelques minutes après, en direction de l'Ukraine. En novembre 2022, un missile était tombé sur le village polonais de Przewodow, près de la frontière avec l'Ukraine, tuant deux civils. Il était ukrainien. Mais avant l'identification de son origine, cela avait fait craindre que l'Otan soit entraînée dans le conflit, la Pologne étant protégée par un engagement de défense collective de l'Alliance atlantique.
Alertes en temps réel sur les informations économiques majeures.

Pour sa part, la Russie a affirmé samedi soir avoir repoussé une attaque de dix missiles ukrainiens visant la ville de Sébastopol en Crimée, péninsule annexée en 2014 par Moscou.
Il a ensuite précisé que l'attaque avait fait un mort, un civil de 65 ans touché par un débris de missile, et quatre blessés parmi lesquels un adolescent.
L'armée ukrainienne a annoncé dimanche, dans un communiqué, avoir touché deux navires russes lors de cet attaques, « ainsi qu'un centre de communications et d'autres infrastructures de la Flotte russe de la Mer Noire ». La Crimée est régulièrement visée par l'armée ukrainienne à l'aide de missiles et de drones en raison de son importance pour la logistique des forces russes occupant le sud de l'Ukraine.
Samedi, une attaque de drones ukrainiens a aussi fait un mort et deux blessés dans la région russe de Belgorod, proche de la frontière et régulièrement attaquée.
Entretemps, la Russie, touchée vendredi par un attentat revendiqué par le groupe jihadiste Etat islamique (EI) dans une salle de concert à Moscou, observe dimanche une journée de deuil national. Au moins 133 personnes ont été tuées, et 152 blessées. Mais ce bilan n'est que provisoire.
Le Kremlin a annoncé samedi « l'arrestation de 11 personnes, dont quatre terroristes impliqués dans l'attentat ». Ces quatre « citoyens étrangers » ont été capturés dans la région de Briansk, frontalière de l'Ukraine et du Bélarus, selon les autorités. Selon Vladimir Poutine qui, dans une allocution télévisée samedi, a dénoncé un acte « terroriste barbare », « ils se dirigeaient vers l'Ukraine ».
À lire également
Selon l'EI, que la Russie combat en Syrie et qui est actif aussi dans le Caucase russe, l'attaque s'inscrit « dans le contexte (...) de la guerre faisant rage » entre le groupe et « les pays combattant l'Islam ». Cependant, ni Vladimir Poutine, ni les services de sécurité (FSB) n'ont accusé le groupe jihadiste. Le FSB a au contraire affirmé que les suspects avaient des « contacts appropriés du côté ukrainien » et comptaient fuir dans ce pays, sans fournir d'autres détails sur la nature de ces liens ni de preuve de leur existence.
latribune.fr