Les messages de soutine au peuple russe et de condamnation affluent du monde entier depuis l'attentat vendredi soir au Crocus City Hall, dans la banlieue moscovite, mais il aura fallu près de vingt-quatre heures à Vladimir Poutine pour s'exprimer. Dans un message enregistré et diffusé à la télévision publique hier en fin d'après-midi, le président russe est apparu l'air grave, mains serrées l'une contre l'autre, posées sur la table devant lui. « Un acte terroriste sanglant et barbare dont les victimes ont été des dizaines de personnes pacifiques et innocentes », a indiqué le maître du Kremlin. Avant d'ajouter : « Les quatre auteurs directs de l'attaque terroriste, tous ceux qui ont tiré et tué des personnes, ont été retrouvés et arrêtés. »
L'État islamique a revendiqué l'attentat vendredi soir, et pourtant, pas une fois le président russe n'a cité l'organisation djihadiste, évoquant seulement la « menace du terrorisme ».
Signe que le narratif a été longuement réfléchi, le site russe indépendant The Insider affirme que l'intervention a été repoussée à trois reprises dans la nuit de vendredi à samedi, Poutine laissant la vice-Première ministre Tatiana Golikova transmettre un message lapidaire souhaitant « à tous un prompt rétablissement » et exprimant sa « gratitude aux médecins ».