Coup de frein à la croissance mondiale

Agathe Perrier

Dans ses dernières prévisions de janvier, le Fonds monétaire international (FMI) a fixé une croissance mondiale à +3,3 % pour 2025.
Yuri Gripas

Agathe Perrier

Dans ses dernières prévisions de janvier, le Fonds monétaire international (FMI) a fixé une croissance mondiale à +3,3 % pour 2025.
Yuri Gripas
[Article publié le 22 avril 2025 à 11 h 37, mis à jour à 16 h 08]
Le Fonds monétaire international (FMI) a abaissé sa prévision de croissance pour la France à 0,6 % cette année, en recul de 0,2 point par rapport aux dernières prévisions de janvier. L'institution s'attend à une croissance de 1% en 2026, en recul de 0,1 point par rapport à ses précédentes estimations.
Pour la zone euro, sa prévision est révisée à 0,8 % cette année, soit un recul de 0,2 point. Les principales économies de la zone euro voient leurs perspectives diminuées : le FMI anticipe une croissance nulle en Allemagne et de 0,4 % en Italie, en baisse de 0,2 à 0,3 point par rapport aux estimations de janvier.
L'économie des États-Unis devrait progresser de 1,8 % cette année, soit une baisse de 0,9 point par rapport à sa précédente estimation de janvier. Le Canada pourrait s'attendre à une croissance de 1,4 % (-0,6 point). Le Mexique, dont l'économie dépend fortement des importations vers son voisin américain, pourrait même se retrouver en récession, avec une contraction de 0,3 % (-1,7 point). Le FMI a également abaissé à 4 % sa prévision de croissance pour la Chine en 2025, s'éloignant de l'objectif officiel de 5 % fixé par Pékin et de la projection initiale du FMI de 4,6%.
Cette dégradation tient à la guerre commerciale lancée par les États-Unis. Le président américain a augmenté les droits de douane de 10 % sur l'ensemble des produits entrant sur son sol, et même jusqu'à 145 % sur les produits chinois. Pékin a riposté en imposant 125 % de taxes douanières supplémentaires aux produits américains.
« Cela aura des conséquences, avait prévenu en fin de semaine dernière la directrice générale du FMI, Kristalina Georgieva. Car pendant que les grands s'affrontent, les plus petits pays sont pris entre deux feux. La Chine, l'Union européenne et les États-Unis sont les plus gros importateurs. La conséquence ? La taille importe et ils sont capables de provoquer d'énormes retombées sur le reste du monde », a-t-elle alerté.
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La situation n'est pas figée. Donald Trump envisageait de mettre en place des droits de douane pays par pays, avant de finalement suspendre la mesure pour 90 jours. Il menace depuis régulièrement d'imposer de nouvelles taxes douanières sur certains secteurs. S'il n'est pas encore passé à l'offensive pour le moment, on sait à quel point le dirigeant américain est imprévisible.
Ce tableau sombre peut néanmoins s'éclaircir aux yeux de Kristalina Georgieva. « Les perspectives de l'économie mondiale montreront aussi que si les pouvoirs publics prennent des mesures pour régler les divergences et rétablir l'équilibre, l'issue sera meilleure », a-t-elle avancé.
Cela passe par la nécessité, pour l'ensemble des pays, de « remettre de l'ordre dans leurs affaires » car « il n'y a pas de place pour reporter les réformes nécessaires », selon elle. « Une action budgétaire résolue afin de reconstruire l'espace financier nécessaire et un chemin d'ajustement graduel respectant les cadres budgétaires » s'impose notamment, a insisté la responsable. Mais il faut également compenser le retard pris par les autres pays vis-à-vis des États-Unis en termes de productivité.
Parmi les solutions préconisées par la directrice générale du FMI : « Des réformes ambitieuses du secteur bancaire, des marchés de capitaux, des règles de concurrence, du droit de la propriété intellectuelle et une adaptation aux usages de l'intelligence artificielle », capable de générer selon elle d'importants gains de croissance. Les pays doivent également corriger leurs principaux déséquilibres, budgétaires pour les États-Unis ou la France, ou de balance commerciale dans le cas de la Chine ou de l'Allemagne.
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Enfin, dans un monde désormais « multipolaire », « la plus importante des priorités est de nous assurer que nous pouvons coopérer », et le FMI doit jouer un rôle en tant que « lieu essentiel pour le dialogue dans une période cruciale », a conclu Kristalina Georgieva.
(Avec AFP)
Agathe Perrier