Le malaise de Hillary Clinton, l'erreur (de com') de trop ?

En marge des commémorations des attentats du 11 septembre 2001, la candidate démocrate à la Maison Blanche a été victime d'un malaise. Déjà critiquée pour sa tendance aux "arrangements avec la vérité", Hillary Clinton a-t-elle encore ses chances dans la course à la présidentielle ?
Sarah Belhadi

4 mn

Souffrant d'une pneumonie, la candidate démocrate à la Maison-Blanche quitte précipitamment un hommage au 11 septembre 2001.
Souffrant d'une pneumonie, la candidate démocrate à la Maison-Blanche quitte précipitamment un hommage au 11 septembre 2001. (Crédits : Reuters)

Vacillante, la candidate démocrate peine à tenir debout. Et quitte précipitamment les commémorations des attentats du 11 septembre 2001 à New-York. Dans un premier temps, l'équipe de communication se contente d'une déclaration laconique dans la matinée, qui évoque "un coup de chaud" de la candidate. Elle attendra ensuite sept heures pour révéler les raisons du malaise de Clinton alors que la vidéo tourne en boucle sur les réseaux sociaux et sur les chaînes de télévision.

"En réalité, pendant ce laps de temps, son équipe ne savait pas ce qu'elle allait dire. Il y avait déjà une rumeur sur la santé de Clinton. Les communicants se sont retrouvés face à un dilemme : comment ne pas alimenter la rumeur tout en disant qu'elle est malade ?", explique Christian Delporte, historien et spécialiste de la communication politique.

Mais ce silence vient alors nourrir -une nouvelle fois- les  fantasmes, et alimente les théories complotistes sur la santé de la candidate démocrate. Au lendemain de "l'incident", une tribune publiée dans le New York Times intitulée ironiquement "avez-vous entendu la dernière sur Clinton ? " résume bien l'hystérie sur les réseaux sociaux.

"Avez-vous également entendu que Mme Clinton souffre de la maladie de Parkinson ? Sa quinte de toux le prouve, comme le dernier fait de sa maladie. Elle a de l'épilepsie, et une démence avancée. Elle a réussi à cacher toutes ces maladies pendant une campagne épuisante d'un an et demi parce que l'homme que le monde pense être son chef des services secrets et en réalité son hypnotiseur. Il est aussi médecin ».

 Une aubaine pour Trump

Le candidat républicain Donald Trump, d'ordinaire si prompt à dézinguer son adversaire, et à s'attaquer à la question de sa santé- se fait bien discret. En réalité, il n'a pas besoin d'apporter le coup final. Les médias et les réseaux sociaux ont fait le travail.

Un article de Politico intitulé "pourquoi ne pas avoir simplement dit qu'elle avait une pneumonie" cite un journaliste de CNN qui s'interroge sur l'intérêt de ne pas avoir divulgué cette information. Le diagnostic a pourtant été réalisé dès le vendredi, rappelle plusieurs journaux outre-atlantique.

Après ce manque de transparence, il faut toutefois tenter de rattraper le coup. Quitte à jouer la surenchère. "Une fois que son équipe de communication a dit qu'elle était malade, Clinton va surjouer la santé", détaille Christian Delporte. Deux jours après son malaise, elle accorde une interview par téléphone à CNN, et dit se sentir "beaucoup mieux ».

Clinton, vraiment sincère ?

Mais le mal est fait. Désormais, les médias vont scruter chaque fait et geste de la candidate. Alors qu'un débat télévisé doit opposer les deux candidats à la Maison Blanche le 26 septembre, le temps est compté.

« Elle doit réapparaître très vite. L'opinion va se concentrer sur le blanc des yeux de Clinton. Ses faits et gestes vont être scrutés. Elle doit trouver une parade pour détourner l'attention », détaille Christian Delporte. « Mais cet incident va être un boulet pour le reste de la campagne. Et un deuxième malaise désespérerait son camp », ajoute le chercheur.

A ce stade de la course à la présidentielle, le malaise de la candidate démocrate vient s'ajouter au manque d'engouement pour une candidate qui peine à rassembler.

« Elle est jugée trop technocrate, trop froide et l'affaire des mails personnels a alimenté la campagne. On se demande si elle est sincère », résume Christian Delporte.

Une rumeur pas complètement infondée

Si cet incident suscite de nouvelles interrogations sur la candidate démocrate, le sujet de la santé des candidats est pourtant au cœur des débats. Le 9 septembre, David Scheiner, médecin personnel de Barack Obama pendant 22 ans estimait, dans le Washington Postque les informations publiées par les deux candidats à la Maison Blanche étaient insuffisantes ...en raison de leur âge déjà bien avancé.

D'autant plus que les doutes sur l'état de santé et la résistance de Clinton ne sont pas complètement infondés. En 2012, alors secrétaire d'Etat à la Maison Blanche, Clinton a été hospitalisée pour une thrombose suite à une commotion cérébrale. Pendant plusieurs jours, peu d'informations sont divulguées. Quelques mois plus tôt, la chef de la diplomatie américaine avait confié "être épuisée" par son rythme de travail depuis 2008...

Sarah Belhadi

4 mn

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Commentaires 4
à écrit le 15/09/2016 à 14:42
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A trop vouloir transformer les élections en foire commerciale, le marketing va finir par faire fuir les clients. Nous avons deux marques. Deux produits dont au moins 50% des clients ne veulent pas. Mais les médias en préfère un à 100%. Nous avons deu...

à écrit le 15/09/2016 à 11:55
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Franchement je n aime pas cette femme avec ses aires hautins ,mais je lui souhaite de bien se rétablir !!!bien que tous les médias français tirent à boulet rouge sur Mr Trump je souhaite que celui ci gagne !!!mais après tout c est le problème des Am...

à écrit le 14/09/2016 à 21:08
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Sont voyeurs les ricains. Je me souviens que Mr Sarkozy nous a fait un superbe malaise vagal (après avoir fait le kéké en plein soleil, ce qui est du même ordre que le bretzel de G Bush Junior), que Mr Mitterand nous a menti sur un cancer en phase t...

à écrit le 14/09/2016 à 19:45
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A partir de maintenant Monsieur Donald TRUMP doit assurrt sa course, comme dans le sport. Il ne faut plus qu'il fasse d'impair. Doit écouter ses entraîneurs et jouer la longue. C'est un boulevard qu'il a devant lui!

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