Le Panama rompt avec Taïwan et se tourne vers la Chine

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En Amérique centrale, il n'y a pas si longtemps, tous les pays -à l'exception de Cuba- reconnaissaient Taïwan, ce qui déplaisait au plus haut point à Pékin, pour qui l'île (qui a fait sécession en 1949) est une province rebelle qui doit être réunifiée au continent.
Mais l'alliance anticommuniste sud-américaine s'est progressivement distendue, par "réalisme économique", au fur et à mesure de la normalisation de la Chine sur la scène internationale et bien entendu avec la montée en puissance de son économie qui l'a portée à la deuxième place du podium mondial. Ainsi en 2007, le Costa Rica avait décidé de reconnaître la République populaire de Chine et avait rompu ses relations diplomatiques avec l'île.
Depuis ce mardi, à son tour, le gouvernement de Panama "reconnaît qu'il n'existe qu'une seule Chine" et que "Taïwan forme une partie inaliénable du territoire chinois", souligne le document commun qui témoigne d'un virage diplomatique brutal.
Signé à Pékin (photo) par le ministre chinois des Affaires étrangères Wang Yi et son homologue panaméenne Isabel Saint Malo de Alvarado, le communiqué formalise ainsi l'établissement des relations diplomatiques entre les deux pays :
La Chine est le second plus important utilisateur du canal de Panama après les Etats-Unis. L'an passé, la Chine a fait transiter par ce passage inter-océanique quelque 38 millions de tonnes de marchandises, soit 18,9% du trafic.
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Des multinationales et des entreprises chinoises actives dans de nombreux domaines (banque, énergie, logistique, télécommunications et technologies) se sont établies ces dernières années au Panama.
"La République populaire de Chine a toujours joué un rôle important dans l'économie du Panama", a relevé le président Varela.
Il a annoncé que des projets d'accords avec la Chine allaient être étudiés notamment dans le tourisme, le commerce, l'agriculture, les migrations, la culture et l'éducation.
L'annonce survient une semaine après le début de la construction par Pékin d'un port de conteneurs, avec des installations de gaz naturel, dans la province de Colon, dans le nord du Panama. La Chine est par ailleurs le premier fournisseur de marchandises de la zone franche de Colon, l'une des plus grandes d'Amérique latine, mais qui traverse de grandes difficultés tout comme le commerce extérieur panaméen.
Ainsi, dans une note signée du 17 avril 2017, le service économique régional (SER) de l'ambassade de France au Panama signale notamment que l'activité de la zone libre de Colon (ZLC), en "recul de 35% depuis 2012", "n'a pas encore touché le fond"...
Au plan diplomatique, Taïwan a réagi avec colère à ce développement qui pourrait accroître la tension entre Taipei et Pékin.
L'île entretient des relations diplomatiques désormais avec seulement vingt pays. Ce nombre avoisinait la trentaine au milieu des années 1990.
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(Un vaisseau géant du numéro un des armateurs chinois, China Cosco Holdings, salué par la foule, traverse en premier le nouveau canal de Panama - après ses travaux d'agrandissement- lors de son inauguration le 26 juin 2016. Photo: Carlos Jasso / Reuters)
(Avec AFP et Reuters)
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