Le rand sud-africain à son plus bas niveau historique

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En 2015, le rand a perdu un quart de sa valeur par rapport au dollar, notamment tiré vers le bas par la chute du cours des matières premières.
En 2015, le rand a perdu un quart de sa valeur par rapport au dollar, notamment tiré vers le bas par la chute du cours des matières premières. (Crédits : European Pressphoto Agency)
La devise nationale a plongé ce matin de 9,9 %, sa chute la plus brutale depuis octobre 2008. Le rand est victime, selon les experts, des répercussions qu’entraîne le ralentissement de l’économie chinoise, ainsi que des mauvaises perspectives de l'Afrique du Sud.

Le rand, la monnaie nationale sud-africaine, a atteint son niveau historiquement le plus bas ce lundi 11 janvier. Il a plongé ce matin de 9,9 %, sa chute la plus importante depuis octobre 2008, sans pareille parmi les principales devises de la planète, pour atteindre le taux de change d'1 dollar contre 17,92 rand, avant de se ressaisir légèrement. Ce recul brutal de la monnaie sud-africaine serait dû, d'après l'AFP, aux perspectives économiques peu encourageantes du « Lion africain », première économie industrialisée du continent, ainsi qu'aux inquiétudes globales quant aux mutations qui affectent l'économie chinoise, autre membre des « BRICS », le nom souvent retenu pour désigner les principales économies émergentes du globe.

La confiance des patrons au plus bas

En 2015, le rand a perdu 25 % de sa valeur par rapport au dollar, notamment tiré vers le bas par la chute du cours des matières premières. La Banque centrale doit se réunir dans le courant du mois de janvier et pourrait, d'après l'AFP, décider d'augmenter ses taux d'intérêt, de manière à redresser le cours du rand. En outre, le renvoi en 2014 du ministre des Finances Nhlanhla Nene, jugé inexpérimenté, a pu jouer sur cette baisse historique en perturbant les marchés. D'après une enquête récente de la Chambre sud-africaine du commerce et de l'industrie, la confiance des patrons est plus dégradée qu'elle ne l'a jamais été depuis l'arrivée au pouvoir, en 1994, de Nelson Mandela, premier président du pays à avoir été élu démocratiquement.

Récession à l'horizon

« Avec de larges pans de l'économie déjà en récession, [la contraction prochaine de l'économie] paraît une certitude, a confié à l'agence de presse américaine Bloomberg George Herman, responsable des investissements sud-africains au sein de la société de services financiers Citadel Investment Services. Il ne fait aucun doute pour moi que nous serons dévalués au rang du sous-investissement. La réalité, c'est que nos fondamentaux, qui étaient déjà sous pression l'an dernier, ont désormais atteint un point critique avec l'affaiblissement dramatique du taux de change ». La croissance sud-africain est pénalisée, selon Bloomberg, par les pénuries d'électricité, une faiblesse demande globale, la chute des prix des métaux ainsi que les sécheresses. Estimé par la Banque centrale à 1,4 % pour l'année 2015, ce qui serait son niveau le plus bas depuis la récession de 2009, le taux de croissance du pays pourrait être de seulement de 0,4 % cette année, d'après la banque américaine Merrill Lynch qui a revu à la baisse, ce lundi, sa dernière prévision de 0,6 point.

Les BRICS suscitent des inquiétudes mondiales

La semaine dernière, les Bourses chinoises ont interrompu à deux reprises leur séance, une secousse boursière qui inquiète les investisseurs et les analystes, s'interrogeant sur les répercussions du ralentissement de l'économie chinoise, un des principaux moteurs de la croissance mondiale. Plus généralement, la situation des BRICS inquiète. L'Afrique du Sud n'échappe pas à cette morosité générale des émergents : face à une croissance molle et à plus d'un quart de la population active au chômage, l'agence de notation Fitch a décidé en décembre d'abaisser d'un cran la note du pays à BBB-, un cran seulement au-dessus des catégories spéculatives. La dette publique du pays a bondi à presque 50 % du PIB, contre 26 % en 2009, au moment de l'arrivée au pouvoir de Jacob Zuma.

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