Le Sénat américain adopte la réforme fiscale de Trump

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Le texte doit maintenant faire l'objet d'une harmonisation avec celui voté par la Chambre des représentants, où les républicains sont aussi majoritaires.
Le texte doit maintenant faire l'objet d'une harmonisation avec celui voté par la Chambre des représentants, où les républicains sont aussi majoritaires. (Crédits : Carlo Allegri)
L'objectif est de réduire le taux d'imposition des entreprises et des particuliers. Donald Trump peut désormais espérer voir la réforme aboutir avant la fin de l'année.

C'est une importante victoire pour Donald Trump. Le Sénat des Etats-Unis a adopté dans la nuit de vendredi à samedi son projet de réforme des impôts préparé par la majorité républicaine. Il a ainsi ouvert la voie à la mise en oeuvre d'une des promesses de campagne du président.

Avec ce vote au Sénat, Trump et les républicains, majoritaires dans les deux chambres du Congrès, peuvent désormais espérer voir la réforme aboutir d'ici la fin de l'année, et s'offrir ainsi un premier succès législatif majeur depuis l'investiture du 45e président des Etats-Unis, le 20 janvier dernier. Après leurs échecs répétés à abroger la réforme de l'assurance maladie mise en oeuvre par Barack Obama, ils signeraient ainsi un succès important dans l'optique des élections de mi-mandat, dans un an.

Une réforme préparée en secret pendant des mois

Avant qu'une version définitive puisse être présentée pour promulgation au président américain, le texte, voté par 51 voix contre 49, doit faire l'objet d'une harmonisation avec la réforme votée le 16 novembre dernier par la Chambre des représentants. Donald Trump, fragilisé par l'inculpation de son ex-conseiller national à la sécurité Michael Flynn dans le dossier sur l'ingérence russe dans l'élection présidentielle américaine, projette de mettre en oeuvre d'ici la fin de l'année cette réforme fiscale, la plus ambitieuse depuis celle portée par Ronald Reagan en 1986.

Le cadre général de la réforme, sur lequel se sont appuyés les projets à la Chambre des représentants et au Sénat, a été préparé en secret pendant des mois par une demi-douzaine de représentants de la Maison blanche et du Congrès - les "Big Six" (1) -, sans aucune participation de l'opposition démocrate.

"Nous avons désormais l'occasion de rendre l'Amérique plus compétitive"

L'objectif est de réduire le taux d'imposition des entreprises et des particuliers. Ces baisses d'impôts représenteraient pour les finances publiques un manque à gagner estimé à 1.400 milliards de dollars sur dix ans. Mais l'administration républicaine estime qu'elles accéléreront la reprise de l'économie américaine et favoriseront les créations d'emplois aux Etats-Unis.

Lire: Le véritable impact du big bang fiscal de Trump

"Nous avons désormais l'occasion de rendre l'Amérique plus compétitive, d'éviter que des emplois ne soient délocalisés et d'apporter une aide substantielle aux classes moyennes", s'est réjoui Mitch McConnell, le chef de file de la majorité républicaine au Sénat, qui s'est impliqué dans cette réforme.

Introduction d'amendements in extremis

L'opposition démocrate estime pour sa part que cette réforme des impôts est déséquilibrée et qu'elle favorise les classes privilégiées. "Les républicains ont réussi à prendre un mauvais projet de loi et à le rendre encore pire", a réagi le chef de file de la minorité démocrate au Sénat, Chuck Schumer. Les élus démocrates ont en outre fustigé les conditions dans lesquelles le débat s'est achevé, dans la nuit, avec l'introduction in extremis d'amendements qu'ils jugent mal rédigés et susceptibles d'être manipulés plus tard par les juristes et les conseillers fiscaux spécialistes de l'optimisation.

"A la faveur de l'obscurité et dans la précipitation, un déluge de changements de dernière minute va remplir encore plus les poches des riches et des grandes entreprises", a ajouté Schumer.

Mais leurs critiques n'ont pas empêché l'adoption du texte, samedi peu avant 02h00 du matin heure locale (07h00 GMT). La perspective d'une refonte des impôts a alimenté ces derniers mois la bonne tenue des marchés financiers américains.

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a écrit le 04/12/2017 à 10:42 :
Les Etats-Unis étant déjà fortement endettés, qui va donc régler l'addition? Parce qu'il y a aussi une considérable augmentation du budget de la défense en cours ! Ce n'est pas les économies des exits ONU + UNESCO, ou les reniements des accords COP-21 et du projet international de gestion des migrants qui vont remplir les caisses.
J'espère que l'UE, notamment l'Allemagne et la France vont être soudées et ne vont pas faire de cadeau !
Trump est opposé au G5 Sahel donne une indication sur ses motivations en Afrique. Il fait passer les intérêts régionaux (affaires) avant la sécurité. L'UE doit arrêter de cirer les pompes des US. Parce que le fait que le peuple américain ait été assez nul pour élire cet énergumène est très grave !
Il va laisser les Etats-Unis dans un état lamentable. Mais ses propres affaires vont bien profiter de cette loi. En comparaison, en France, le mélange des genres, fonction publique et affaires privées, parait être une plaisanterie !
a écrit le 02/12/2017 à 18:36 :
Que certains trouvent encore moyen de féliciter Trump alors que fin 2016 la dette américaine totale par ménage (endettement de ceux-ci inclus) est de 330 000 dollars laisse songeur.
Est-ce réellement une idée intelligente d'augmenter encore la dette alors que la seule dette de l'Etat Fédéral dépasse largement les 100% du PIB ?
Réponse de le 02/12/2017 à 20:06 :
Leur dette est déjà trop élevée, mais ils pensent qu'ils sont too big to fail, et que ça les protège.

Dans une certaine mesure, ce n'est pas faux. Les principaux créanciers des USA sont la Chine et le Japon, qui ne peuvent pas couper le robinet du crédit trop brusquement sous peine de voir leurs exportations en pâtir. Jusqu'ici les USA n'ont pas été démentis par les faits en dépit des chutes de la notation de leur dettes.

C'est la théorie de Trump qui avait déclaré pendant la campagne, que si le dette devenait trop forte, alors il la "renégocierait"... ce qui veut dire des défauts partiels portant sur les créanciers les moins dangereux.

Maintenant, on n'est pas à l'abri d'un autre crédit-crunch interne aux USA (il y a quantité de dettes pourries sur les étudiants) qui se transporterait en Angleterre et ensuite en Europe.
a écrit le 02/12/2017 à 18:07 :
Lui, au moins fait des choses utiles pour la classe moyenne.
Réponse de le 02/12/2017 à 18:40 :
Utile pour la classe moyenne ? Un jour ou l'autre c'est bien elle qui devra payer pour un endettement pharaonique. Les chinois commencent à renâcler à financer ce trou sans fond. Electoraliste oui, utile non.
Réponse de le 02/12/2017 à 18:40 :
il y a une classe moyenne aux US ? :-)
a écrit le 02/12/2017 à 18:02 :
Si les USA veulent faire la guerre à presque la moitié de la planète il leur faudra des financements.....au demeurant 18% de la population des USA vit sous le seuil de pauvreté et 80% sont en précarité avec pour la plupart une impossibilité d'acceder aux soins élémentaires....la baisse de la fiscalité va rejouir qui exactement? Eh bien toujours les mêmes....dans les pays du Nord de l'Europe les prélèvements obligatoires atteignent un niveau de 50% avec une population vivant sous le seuil de pauvreté de 12%.....comme quoi les vieilles lunes ont encore de beaux jours...😁
a écrit le 02/12/2017 à 15:16 :
Donc en un vote au Senat , l'Amérique sous la gouvernance de Donald Trump est devenue un paradis fiscal...! vu que le pourcentage d'imposition est maintenant ,je laisse aux français prisonnier et sous le joug fiscale , de calculer la différence...!
a écrit le 02/12/2017 à 11:06 :
Heureux américains, ce n'est pas en France que les contribuables bénéficieront d'une baisse des impôts. Notre pays est le champion du monde des prélèvements obligatoires. L'état endetté ponctionne 58 % de la richesse nationale .
Réponse de le 02/12/2017 à 12:14 :
Non l'état n'est pas endetté le citoyen oui car l'état n'existe pas il est le reflet d'une élection donc du citoyen. "Heureux américains" moi qui paie des impôts en milliers d'euros je n'envie pas les US car sur le carreau beaucoup de personnes et les US aussi gaspille car le mot gaspillage est un mot très politique. Le problème de notre pays la gabegie politique des copains en commençant par ce que nous avons copié sur les US les agences d'état pardon les agences très très politiques entre 60 et 80 milliards par an. Le grand scandale dont M. Macron grand donneurs de leçons comme tous les politiques se garde bien de faire le grand ménage dans ces agences qui regorgent d'énarques de copains d'IEP, le malheur de notre pays.
Réponse de le 02/12/2017 à 18:50 :
L'Etatt ponctionne 58% de la richesse mais en redistribue une grande partie, il faut aussi en tenir compte. La santé financée par l'Etat ou financée par le privé a un coût sauf qu'aux USA, le coût est au final bien plus élevé . Par ailleurs, à propos d'Etat endetté, comparez l'endettement de la France et des USA et on en reparle !
Réponse de le 04/12/2017 à 12:02 :
Je ne sais pas ce que vous incluez pour arriver à 58% du PIB, la plupart des estimations arrivent à +/- 48%.

Ensuite, un gros tiers des prélèvements obligatoires sont en fait des dépenses sociales.

En supprimant votre retraite (et/ou celle de vos parents), votre assurance chômage, votre couverture santé, vos allocations familiales ou handicapé, on pourrait descendre à 25% sans trop de difficulté, mais vous devrez payer tout le reste de votre poche et si vous ne pouvez pas, et bien comme aux USA vous crevez.
Réponse de le 04/12/2017 à 13:28 :
J'ajouterai qu'au moins la moitié des entreprises couleraient faute de clientele. L'état est le premier acheteur en France...
a écrit le 02/12/2017 à 10:19 :
Donald a atteint son objectif principal, il peut démissionner et retourner taper sa balle de golf. Bravo.

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