Le Venezuela exige la restitution de 1,7 milliard de dollars au Portugal
AFP

Maduro dit autoriser la croix-rouge a fournir de l'aide
Marco Bello
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Maduro dit autoriser la croix-rouge a fournir de l'aide
Marco Bello
Le torchon brûle entre le Venezuela et le Portugal. En cause, la demande émise par le président vénézuelien Nicolas Maduro à l'endroit de Lisbonne : la restitution de la coquette somme de 1,7 milliard de dollars. Aux dire du président sud-américain, ces fonds sont bloqués illégalement par le gouvernement portugais. "Je dis au gouvernement du Portugal : libérez les 1.727 millions de dollars que vous nous avez volés, que vous nous avez pris à (la banque portugaise) Novo Banco", a déclaré M. Maduro lors d'une intervention à la radio et à la télévision. Avec cet argent, le gouvernement vénézuélien pourra acheter "tous les médicaments et les produits alimentaires" dont il a besoin, a-t-il dit alors que le pays connaît une crise politique majeure.
M. Maduro a accusé Lisbonne de n'avoir aucune raison valable pour bloquer des fonds vénézuéliens. "Vous n'avez aucun embargo contre le Venezuela, il n'y a pas de mesures d'embargo ni dans l'Union européenne ni dans les banques du Portugal qui justifieraient que nous enleviez cet argent qui est vénézuélien, qui est à nous", a-t-il argumenté. C'est la première fois que M. Maduro évoque publiquement cette affaire révélée en février dernier par l'opposition vénézuélienne, qui avait alors affirmé avoir empêché que le président chaviste ne transfère 1,2 milliard de dollars du Portugal à l'Uruguay.
L'opposant Juan Guaido s'est proclamé le 23 janvier président par intérim du Venezuela et a depuis été reconnu par plus de 50 pays sur 193, en premier lieu les Etats-Unis, qui veulent que M. Maduro quitte le pouvoir. Selon M. Guaido, M. Maduro avait l'intention de transférer les fonds vers la Banque de développement économique et social (Bandes), un établissement public vénézuélien qui a des succursales en Uruguay. M. Guaido, reconnu par la majorité des pays membres de l'UE dont le Portugal, avait exhorté le gouvernement portugais à ne pas se prêter en acceptant le transfert de ces fonds à ce qu'il qualifiait de "vol".
En raison de sanctions imposées par les Etats-Unis, le gouvernement de Caracas a d'énormes difficultés pour disposer de ses fonds dans le système financier international. Ces sanctions de Washington concernent entre autres la banque publique Bandes et doivent être complétées par l'entrée en vigueur le 28 avril d'un embargo sur le pétrole, principale source de revenus du Venezuela. L'administration Trump compte asphyxier l'économie vénézuélienne et contraindre ainsi M. Maduro à céder le pouvoir à M. Guaido, auquel Washington a d'ores et déjà confié le contrôle des comptes vénézuéliens aux Etats-Unis.
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Le gouvernement chaviste réclame par ailleurs depuis des mois la restitution par la Banque d'Angleterre des réserves d'or que le Venezuela a confiées à cet établissement. Selon un rapport de la banque d'investissement Natixis, le Venezuela dispose à la Banque d'Angleterre de 31 tonnes d'or pour une valeur de 1,3 milliard de dollars."Nous sommes soumis à un blocus économique, à une persécution financière", a déclaré M. Maduro dans son allocution.
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